jeudi 28 novembre 2019

Séries et langues étrangères: apprendre en regardant des vidéos

J'ai parlé il y a quelques temps de "langues étrangères et séries" pour mentionner la représentation des langues étrangères, en tant que matière à apprendre, ou ressort comique dans quelques séries TV. On va aborder cette fois l'angle " apprendre une langue VIA un film/ une série"

Il y a quelques semaines Lauriane nous proposait une astuce "apprendre une langue avec Netflix" que je vous relaye ici. L'idée est sympa et permet de ne pas rester passif à seulement écouter la langue.

Attention,  ça ne fonctionne qu'avec Netflix et Chrome.

Je ne suis pas abonnée à Netflix, jusqu'à présent, leur catalogue ne m'a pas tentée, j'ai vaguement suivi la première saison et demi de The Walking Dead avant de décrocher d'ennui.J'ai lâché TBBT  au milieu de la 3° saison, ça tournait trop en rond,et pourtant j'aimais bien l'humour geek de cette parodie de Friends. j'ai regardé l'épisode 1 de la saison 1 de Games of Throne, constaté que la réalisation était magnifique, à faire pâlir pas mal de films, et que...c'est tout ce que j'en retiens. Autant dire que les séries et moi, ça fait 2, surtout quand ça traîne en longueur ( soit dans ma définition deux ou 3 saisons). Je préfère regarder un film.


Et les séries que j'ai vues jusqu'au bout se comptent sur les doigts d'une main, je crois que la dernière est Jordskott, et avant ça Akta Manniskor. J'ai vu enfin l'an dernier Pushing Daisies qui a plus de 10 ans. Quelques séries d'animation japonaise sur Crunchyroll aussi. Point commun:elles sont courtes. Une, deux saisons maximum.Ou, s'il y en a plus, des épisodes de moins de 20 minutes.

Mais voilà,il commence à y avoir des séries russes visibles en ligne. Je vais donc m'y intéresser.
Je viens de finir de voir les 16 épisodes ( oui, j'ai tenu jusqu'au bout,bien que la série ne m'ait pas convaincue à 100%) de Лучше,чем люди. Officiellement diffusée sur Netflix, mais que j'ai vu par des voies détournées en VOSTFR.quand on fouille un peu le net russophone, on trouve des choses.

Donc je mettrais à jour au fil de mes découvertes ici.

Série 1 - Лучше,чем люди. Russe. Anticipation. 2018


Pour un avis très très complet sur la série, ses qualités et ses défauts, c'est là. Je ne vais pas le refaire ici, juste faire un rapide résumé et une approche plus linguistique.

- Les plus
  • SF. Russe. Qui évite les clichés touristiques et n'assène pas son identité à grand coup d'églises à bulbes et de sites incontournables. La série est russe, pour un public russe à l'origine et n'en rajoute donc pas pour flatter visuellement le spectateur étranger qui voudrait voir Moscou. Ca se passe dans une banlieue qui pourrait aussi bien être du côté d'Arkhangelsk, de Krasnoyark ou de Vladivostok. Ou ailleurs, dans un monde... mondialisé. allez trouver une série français sans plans très appuyés de la tour Eiffel pour prouver qu'on est en France.
  • Existe en VOSTF, et probablement d'autres sous-titrages. Sous-titres français bien faits sans fautes, quoique trop polis.
  • Vocabulaire contemporain et argot, il y a des mafieux, des bandits, donc plusieurs niveaux de langues sont représentés (même si, point juste au dessus, ces bandits se vouvoient en sous-titres, sont sacrément urbains, les punks et les mafieux slaves)
  • Une actrice, Paulina Andreeva et un acteur, Aleksandr Kouznetsov qui m'ont bien plu. A suivre.
  • J'ai trouvé pour prolonger mon visionnage une interview de ce dernier, qu'on va je pense revoir assez vite dans d'autres productions, ça me fera quelque chose à lire ( et c'est toujours sympa quand on s'intéresse au cinéma, de lire le point de vue de ceux qui bossent là dedans)
- Les moins
  • Elle est longue. 16 épisodes d'une heure.
  • Le rapport longueur /densité est mal dosé: elle a tendance à trop vouloir aller dans tous les sens et multiplie les ramifications, les sous-intrigues, les personnages pas tous intéressants, à la limite de l'anecdotique pour certains, carrément inutiles pour d'autres et donc on s'y perd vite.
  • conséquence: les bonnes idées sont parfois perdues de vue en cours de route, l'intrigue principale stagne alors que les sous-intrigues vont trop vite. Donc à la fois trop et pas assez.elle aurait gagné à développer MOINS de thèmes parallèles et pèche par la volonté d'en faire trop.
  • Pas follement originale, c'est vrai.
  • Une fin ( toute fin, les 10 dernières minutes) totalement bâclée. Genre la flemme, les pantoufles, oups, faut conclure. Donc conclusion culcul-la-praline pleine de bon sentiments qui fait tache après 16 épisodes à parler de corruption, de collusion entre monde cynique des requins de la finance et de l'industrie et celui non moins cynique des politiciens.
- Le bonus "représentation des langues": un des personnages parle anglais car il va aller travailler en Australie. Le robot principal vient de Chine est est codé en chinois, on voit des hanzi et entend donc à plusieurs reprises parler chinois, et la traduction se fait par oreillettes. Un personnage peut donc parler russe et son interlocuteur répondre en chinois.

- Je conseille?  Evidemment, mais pour les gens qui apprennent le russe. C'est toujours sympa de voir une production récente. Pour les autres, c'est  selon votre tolérance à la SF légère ( on est loin de la  SF pure et dure), aux intrigues à tiroir et aux personnages très nombreux et pas tous indispensables.
Je l'avoue je n'aurais pas tenu jusqu'au bout si ça n'avait pas été une des rares sources grand public dans une langue que j'apprends. Je vais d'ailleurs prochainement en profiter, tout en sachant ses défauts, pour profiter du mois gratuit Netflix et tester l'astuce de Lauriane, donc je vais l'exploiter de fond en comble.

mercredi 23 octobre 2019

re-mini victoire

Car oui, il y a à peu près 2 semaines, j'ai appris, ENFIN! que mon année en Belgique était validée, et que mes crédits me permettaient donc d'entrer directement en seconde année...
avec 3 semaines de retard. Après avoir acheté les livres pour la 1°année.

Je vais donc essayer de les revendre, n'est-ce pas?

Mais mieux que ça, au final, j'ai tellement de crédits d'avance, que mes options sont aussi validées pour la seconde année.
Concrètement, pas .. de grec ancien à préparer..
Ce qui n'est pas un mal, pour une question de temps. Non que ça ne m'intéresse pas, je pense même garder le livre pour m'y pencher d'ici quelques années. Mais, une seule chose à la fois!

Et... plus de cours d'allemand cette année non plus, j'avais le choix entre garder une orientation double allemand et russe, ou opter pour la littérature russe.
Ce qui était bien plus pertinent dans ma situation..

YOUPI!
(oui je ne pouvais pas rater ça, par rapport à mon incompétence notoire pour être opérationnelle avant 10h30 - mais je bosse bien la nuit! - et à la littérature russe " Guerre et Paix" de Tols-toi, édité chez Plomb)

Je mets donc l'allemand en pause, après avoir marné pendant un an pour retrouver mon niveau B2. Pour l'instant, je mets les bouchées doubles pour combler mon retard, d'autant que l'option " littérature russe"est très dense : 10 livres imposés à lire et c'est un "minimum", une dissertation de 6 à 8 pages à envoyer avant le 7 décembre sur le sujet du fantastique dans "le manteau de Gogol"

Je dois avouer que je ne me suis pas autant félicitée depuis 10 ans d'avoir tenu un blog littéraire et fait des chroniques de mes lectures, y compris donc russes. Ce qui fait que non seulement j'ai déjà lu et chroniqué certaines oeuvres imposées (la fille du capitaine, la salle n° 6, le manteau), ce qui me fera gagner tu temps, mais j'ai plus qu'il n'en faut d'avance sur d'autres lectures.
La thématique de l'année ( ou du semestre) est "la littérature du XIX°siècle"autant dire qu'avoir lu en avance 4 titres de Dostoïevski( dont il est vrai 2 bien antérieurement au concept même de blogs), 2 de Tourgueniev, un peu de Tchékhov, de Lermontov et de Pouchkine..sans compter mes dossiers " poésie enregistrée".. ça va me gagner du temps et me faire des connaissances exploitables par la suite.

Même si mon goût me pousse plutôt vers les poètes du siècle d'Argent que vers ceux de l'Âge d'or. et vers la littérature du XX°siècle.
Car évidemment, qu'on m'impose Dostoievski, et je vais avoir envie de découvrir Daniil Kharms, plutôt! ( un auteur de littérature de l'absurde, doté d'une tronche de tueur à gages vexé.. forcément j'ai envie de connaître)

Mais voilà, l'allemand est en sommeil, le temps que je rattache les wagons, ce qui devrait être fait d'ici la semaine prochaine. ensuite je pourrai envisager enfin de re-toucher à mon basson et de réintégrer un peu d'allemand à petite dose dans ma routine. Pourquoi pas, étaler sur l'année ce qui était supposé être le programme du semestre. Juste pour ne pas trop perdre, car l'an prochain,il me faudra à nouveau avoir une option, et j'envisage déjà la préparation du CLES B2 d'allemand dans ce cadre.
Donc voilà, dans les semaines qui viennent ce blog risque de beaucoup tourner autour de ressources russes et russophones, mais je vais essayer de garder une approche sur les langues en général.

vendredi 27 septembre 2019

langues anciennes ou langues mortes?

A cette question, je laisse Pierre du monde des langues répondre:


Donc je confirme ce qu'il dit: une langue ancienne n'est pas forcément morte:

il y a des traductions d'oeuvres récentes en latin, même si dans le cas d'Asterix, c'est surtout un clin d'oeil.
Alienati hi romani sunt!
D'ailleurs j'ai appris que "ils sont fous ces romains" est traduite en version italienne
"Sono Pazzi Questi Romani",
oui SPQR.
Exemple magistral d'adaptation pleine d'humour!

et une langue morte n'est pas forcément ancienne ( il en "meurt" encore probablement tous les jours).

On peut même parfois dater la disparition au jour près: la langue oubykh est morte le 7 octobre 1992 avec son dernier locuteur natif connu. Mais a été préservée pour la postérité grâce au travail ( de romains) des linguistes Georges Dumézil et Georges Charachidzé.


Les deux linguistes ayant appris cette langue sont morts aussi, et de fait c'est le 20 février 2010que le tout dernier locuteur non natif ,Georges Charachidzé ( vidéo ci-dessus) a emporté avec lui une langue.. qu'il était donc le dernier à connaître à défaut de pouvoir encore la parler réellement faute d'interlocuteur.
Cette langue est fascinante. Voici la liste des enregistrements réalisés, je suis très fière de pouvoir entendre la différence entre certains sons très proches ( et je dis bien, seulement l'entendre, même pas la reproduire)

Voilà le sujet que lui a consacré la chaine Linguisticae.



Entre la publication de la vidéo de Pierre et cette semaine, je suis devenue concernée, puisque pour les besoins de mon option "les langues anciennes et leur influence européenne", j'ai dû choisir entre latin, grec ancien et sanskrit.

J'ai fait du latin à l'université, du grec ancien au collège et jamais de sanskrit.

J'avoue que cette dernière option m'aurait bien tentée mais, j'ai choisi le grec pour 2 raisons.

-la pertinence: puisque je fais de l'allemand et du russe, le grec ancien était plus logique. Il y a des passerelles évidentes entre le grec et le russe, l'emploi de l'accusatif pour un lieu de déplacement par exemple ( Grec, russe et allemand), l'emploi du datif pour un lieu sans déplacement (grec et allemand, le russe possède un cas supplémentaire, le locatif, entre autres pour cette situation).
Et franchement après 2 session à plancher dessus, je dirais qu'entre la moi de 14 ans, au collège qui ramait à mort pour comprendre en se raccrochant à l'allemand, et la moi de 42 ans qui est passée par le russe, ben.. la différence, c'est que le système qui me semblait compliqué à l'époque me parait maintenant très clair.
Bon je n'en suis pas encore revenue à l'aoriste 2, et au duel : le grec ancien avait 3 nombres, et non deux:singulier, duel, pluriel.
Encore que là aussi, je pense que ça peut être en lien avec ce qu'il y a allemand et en anglais (beide, both, pour les choses qui vont par 2) peut être pas directement tiré du grec, mais un fossile d'un état de langue indo-européen où le duel existait sur un vaste territoire.
D'ailleurs en russe et en simplifiant: 1 entraine le nominatif singulier, 2,3 et 4 entrainent le génitif singulier, et 5 ou plus le génitif pluriel.

Je me souviens d'un prof de maths qui m'a un jour dit " les maths, ça commence à 5", pour lui les groupes d'objets entre 1et 4 éléments sont immédiatement reconnaissables sans devoir les compter, à 5, le cerveau groupe " 3 et 2 ". Donc le pluriel commence à 5 pour certaines langues, ça me parait finalement assez intuitif.
(pour d'autres, vers l'Amazonie plutôt, il y a un, deux et " beaucoup", une autre vision du monde)

-la raison: je vous avoue que le sanskrit me tentait beaucoup. Mais les profs ont eu la bonne idée de mettre leurs cours en ligne , donc j'ai pu comparer, et autant le cours de grec est clair et précis, autant ceux de latin et sanskrit sont assez fouillis: le prof de sanskrit propose des mots directement dès la page 2 sans avoir présenté l'alphabet ( ou le syllabaire? j'avoue que je ne connais pas -encore- le système) Donc comme je suis en enseignement à distance, livrée à moi même pour mon apprentissage, le plus clair est le meilleur choix, d'autant que j'ai déjà des bases.
Mais si j'avais appris non pas le russe, mais l'arabe, l'hébreu ou le persan, là, j'aurais probablement malgré tout opté pour le sanskrit.

Enfin, je télécharge quand même les documents de latin et de sanskrit pour ma culture personnelle future , on ne se refait pas.

qui vient ici?

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et encore un an après :D

 Décidément, je suis peu productive depuis 2 ans. Est-ce que ça veut dire que je ne fais plus rien en lien avec les langues? Pas le moins du...