Affichage des articles dont le libellé est divers. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est divers. Afficher tous les articles

dimanche 23 août 2026

et encore un an après :D

 Décidément, je suis peu productive depuis 2 ans. Est-ce que ça veut dire que je ne fais plus rien en lien avec les langues?
Pas le moins du monde!

Simplement avec a reprise du travail mes journées sont organisées comme un plan quinquennal soviétique.

🇷🇺 J'ai toujours une heure de cours de russe par semaine, que je complète par la préparation de ce cours, et par l'écoute de podcasts, aléatoirement.
Je continue ma formation en traduction j'ai d'ailleurs le dernier texte du premier niveau à finir de traduire et a envoyer. J'espère pouvoir le faire avant la fin du mois, il faut que je regarde quels créneaux lui allouer.

🇬🇧: Sans réviser activement l'anglais, il est toujours là, sinon au quotidien, du moins plusieurs fois par semaine.

🇩🇪: la vraie nouveauté, c'est que l'allemand est revenu dans ma vie depuis quelques mois. En effet avec un ami, nous avions prévu d'aller passer quelques jours de vacances en Allemagne. Lui devait rentrer assez vite en France mais j'ai décidé de prolonger et de passer 15 jours entre l'Allemagne et l'Alsace. J'avais envie de retourner tester mon niveau d'allemand en condition réelles, et j'avais des copains à voir.

C'est donc fait et je reviens donc d'un périple Avignon - Brême - Lübeck - Osnabrück - Münster Recklinghausen - Düsseldorf - Heidelberg - Mulhouse - Colmar - Avignon.
J'avais donc commencé à réviser, ou plutôt à reconditionenr me cerveai sur l'allemand à petite dose via des jeux de lettres et de sémantique.
Et bien m'en a pris. Mon pote lit bien l'allemand, mais a du mal à le parler. J'ai souvent la flemme d'attaquer un texte plein de longs mots, mais l'oral c'est mon rayon! Et j'ai réussi à nous sortir de la sauce à cause des difficultés causées par les retards et suppressions de train, la Deutsche Bahn est une catastrophe, pire que ce que me disaient mes potes allemands!
Ma prof d'allemand du collège aurait été fière de moi, tiens!

Et je suis ravie de mes vacances dans l'ensemble. Je retournerai volontiers à Münster que j'ai survolé, car Osnabrück un week-end d'août offrait peu de choses à voir. C'est probablement une ville sympa le reste de l'année, car assez étudiante, mais en période de vacances, c'est assez mort. Münster était donc l'étape surprise et très agréable, avec son incroyable musée de geologie entièrement gratuit. On m'a dit que beaucoup d'autres choses , notamment le jardin botanique , étaient gratuites, mais d'une part je n'avais pas assez de temps, d'autre part, avec la canicule qui a aussi sévi en Allemagne, les jardins étaient tous desséchés.
Düsseldorf était aussi une étape surprise, mon pote de Recklingausen avait envie d'aller y passer la soirée pour se changer les idées d'une formation en ligne assez prise de tête.
Et Heidelberg est un vrai coup de coeur qui mérite bien sa réputation pour son intérêt culturel, historique et géographique. 
Ma mère a vu les photos, aimerait y aller. donc je vais garder l'allemand sur le feu, il y a des chances qu'on fasse un voyage en Alsace , sur la piste de nos ancêtres, début décembre, Mannheim et Heidelberg ne sont pas loin, y'a possibilité de les prévoir.

Et j'ai aussi un projet incluant Nürnberg en 2027. Parce que ce sera les 500 ans de la mort d'Albrecht Dürer, que je suis méga fan de ce peintre et que toute la ville va organiser des festivités Renaissance en son honneur. Et j'ai un pote d'internet qui y habite.
J'ai aussi une copine à Leipzig, donc pourquoi pas une virée Stuttgart - Nürnberg - Bayreuth - Weimar Leipzig...


en parlant d'ancêtres, ça m'amène aux projets 'annexes", que je développerai dans un autre billet, mais la généalogie m'a fait découvrir fortuitement des ancêtres néerlandais, or pour pouvoir fouiller les registres, il faut savoir lire le néerlandais.

🇳🇱: j'avais essayé de l'apprendre pour aller en Belgique, mais j'avais trouvé des ressource avec l'accent et la variante des Pays-Bas, qui m'a été peu utile en Flandres. Je ne pensais pas recommencer un jour, mais là, ma motivation est différente. Et j'ai kiffé mon voyage à Amsterdam l'an dernier, c'est donc une autre bonne raison de réessayer à moyen- terme.

🇮🇹: j'vais vaguement essayé d'apprendre l'italien, là aussi parce que j'ai des ancêtres et des recherches à faire en Italie. Mais je n'ai pas envie d'y passer beaucoup de temps ou de faire un effort colossal. Ca me parait donc un candidat parfait pour retenter la méthode Goldlist, qui m'avait peu convaincue pour le russe, vu que j'avais déjà un niveau B1. Ca me paraît plus casse gueule pour le néerlandais.
 A voir d'ici peu! L'idée est d'arriver à trouver des créneaux pour tout ça et m'y tenir.

Je n'aurai plus qu'un orchestre au lieu de deux cette année, l'un ayant cessé d'exister en janvier dernier. Ca fera un peu plus de marge. Et je reconduis mon 80% au travail un an de plus, ça a été accepté, youpi!

samedi 26 juillet 2025

Et un an après?

 Oulà, oui, même un peu plus puisque nous sommes fin juin et que ma dernière MAJ date d'avant la reprise du travail

Alors, c'est officiel, je ne suis vraiment pas faire pour travailler, et la tournure que prend le travail en bibliothèque est loin d'être passionnante ( en gros: beaucoup d'animations sans grand rapport avec la littérature, en fait).


Mais , je n'ai pas non plus rien fait en matière de langues: L'été dernier et à l'automne aussi, j'ai fait une remise à niveau personnelle en espagnol, pendant 3 mois à peu près, en utilisant surtout des ressources gratuites mises à dispositions sur " tout apprendre", via la médiathèque ( en clair, du moment qu'on est adhérent de la médiathèque - pour 0 euros! - un grand nombre de tutos cours et autres issus de la plateforme tout apprendre sont gratuits. Dont des cours de langues. J'ai donc regardé un peu tout ça et rafraîchi l'espagnol. Initialement pour un voyage prévu à l'automne, qui est tombé à l'eau ,car mon employeur m'a confirmé mes vacances 3 jours avant la date officielle, je n'avais donc rien réservé. C'est juste reporté, peut être à cet automne. D'autres plans sont aussi possibles.


L'anglais: à l'occasion du mois anglais sur la blogosphère, j'ai aussi refait un petit stage intensif. Voir ici
Je développerai un sujet à part pour lister les sources, car j'en rajoute encore.
Mais j'ai donc profité  de mes 20/25 minutes de trajets pour le travail, et de mes sorties marches - avant l'été absolument torride que nous subissons- pour écouter beaucoup de podcasts. A l'origine je voulais plutôt améliorer ma prononciation, mais il s'est avéré que ça a été plutôt du bûchage intensif de l'écoute. Et de la production orale puisque j'ai eu l'occasion de papoter tout un WE avec ma copine américaine.
Mais il s'avère que l'autre plan " voyage" pourrait bien être un séjour en Ecosse *avec une copine à l'automne, donc... ben je vais donc remettre une couche, cette fois plus ciblée sur la prononciation brittannique ( et avec si je trouve de quoi faire, de l'écoute ciblée accent écossais.. Et pourquoi pas deux ou trois phrases de gaélique?

* hautement compromis sous cette forme, elle a un gros souci d'argent qui vient de lui tomber dessus. Mais je garde l'idée sous la main pour moi même, à réfléchir dans les quelques jours qui viennent. Budget et tout le tremblement. Je vais aussi chercher des gens à Edimbourgh qui souhaiteraient faire connaissance et pratiquer le français par exemple, c'est toujours plus sympa d'avoir des contacts en amont.
deux langues pour le prix d'une!

Pour le russe, pas de changement vraiment, je pratique régulièrement. Ha si, j'ai une collègue d'origine russe depuis mai, elle parle parfaitement français, mais nous échangeons quelques mots en russe parfois, on ne se croise pas souvent car nous n'avons pas les mêmes jours et horaires.

Je suis parfois tentée de reprendre un peu le japonais, puis je me souviens que ce n'est pas la priorité prioritaire. Et l'allemand aussi... il va falloir que je lui accorde un mini stage dans les mois qui viennent, je n'ai pas réussi à le faire pendant le premier semestre.

J'ai demandé un temps partiel de droit à 80% ( en lien avec la santé de ma mère) mais force est de constater que le directeur qui m'avait promis une réponse rapide fin avril fait le mort. Je l'ai relancé il y a quelques jours avant ma semaine de vacances, mais il n'a pas répondu, soit qu'il soit en vacances, ce qui est possible, soit qu'il continue à s'enterrer en espérant trouver une solution pour me le refuser malgré le dossier blindé en attestations médicales. Et c'est donc encore en attente.
Et tant que je navigue à vue, c'est pénible et ça n'aide pas.
Heureusement je trouve l'énergie d'apprendre de nouveaux trucs, hein... mais je ne peux aps reprendre certaines activités avec un ù$^=$ù planning coupé sur deux lieux de travail. Dont un qui me sort par les yeux et les oreilles tant il est bruyant ( oui on parle d'une bibliothèque)

J'ai fait marrer mes collègues, très sympas au demeurant, en leur disant
- Je suis bibliothécaire. A lunettes. Le cliché du bibliothécaire un peu nerd.
- Je n'ai pas vraiment de soutient de la direction.
- Je dois tenter d'inculquer  un peu de bon sens et de respect des lieux publics à une bande d'ados pas méchants mais un peu neuneus. Et ce n'est pas une sinécure.
- Les seules choses qui me maintiennent en vie son mon goût pour la musique et mon sens du sarcasme.
- Malgré ça, mon travail consiste pour une très grosse part à expulser des démons de la bibliothèque.

=> c'est officiel, en moins d'un an, je suis devenue Mr Giles dans Buffy contre les vampires. LA seule différence c'est que je n'ai pas le droit, au vu du réglement, de leur planter un pieu dans le coeur.
C'est décevant, ce job!
Ceci dit, je ne pensais pas un jour estimer que cette série avait une représentation à peu près réaliste du métier de bibliothécaire. Quand la série a été diffusée en France, j'avais la 20aine, et je kiffais déjà ce personnage en décalage d'âge, de culture, de style, de .. tout avec tous les autres. Mais alors là, c'est devenu mon héros :D
(et comme j'aime beaucoup les frères Head, c'est-à-dire Anthony, l'acteur qui tenait le rôle dans la série, et Murray, le chanteur qui parle aussi bien français que moi, je sens qu'ils vont en plus m'être d'un grand secours pour la pratique de l'anglais les prochaines semaines. Je les ai redécouverts cet été et il y a de quoi progresser en les écoutant parler.)

mercredi 1 février 2023

Février c'est reparti

 Sans même avoir vraiment eu le temps de souffler, enfin, si une dizaine de jours entre les examens - 4 et 5 janvier, et le 17, jour officiel de la reprise.
Qui a passé son 25 décembre et son premier janvier à réviser en se rongeant les sangs à l'approche des examens? Moins à cause des partiels, peu intéressants, je l'avais dit, qu'à la perspective de ne pas pouvoir y aller pour cause de grève SNCF , qui tombe toujours au moment des examens. Mais bon c'est fait: j'ai pu en présenter 4 sur 7, à l'heure ou j'écris, j'en ai réussi 3 sur 4, le résultat du 4° n'est pas encore en ligne.
Et ça va être coton pour le 2° semestre, une des profs est absente depuis octobre et je ne sais toujours pas qui va la remplacer ( je ne l'avais pas au premier semestre, mais apparemment pour tous les niveaux, ce sont ses collègues qui ont fait l'intérim). Ici, aucune nouvelle, donc sur 3 matières au second semestre, j'en ai une aux abonnés absents. Ca commence bien.

Mais reprise sans vraiment souffler parce qu'il a fallu être sur tous les fronts: aider un jeune russo-ukrainien arrivé en décembre à trouver du travail et faire les papiers pour obtenir un numéro de sécu, afin de pouvoir prendre ce travail. C'est fait pour le numéro de sécu, mais il lui faut maintenant un permis de séjour et on nous balade d'administration en administration pour prendre des rendez-vous préalables à d'autres rendez-vous .
Après la préfecture du Vaucluse mi janvier, à la fin de la semaine, on va à Marseille, au rendez-vous pris par la préfecture, qui servira donc à obtenir un autre rendez-vous.. peut être dans le Vaucluse!
Parce que c'est un service ( la SPADA) qui normalement existe dans chaque département, sauf que celui du Vaucluse a été regroupé avec celui des Bouches-du-Rhône. Mais ils nous donneront probablement un rendez-vous en retour pour la préfecture du Vaucluse, ou un service quelconque, ici.

ADMINISTRATION FRANCAISE ™ allez, je vais vous expliquer en 3 image comment faire une démarche administrative en France.

Etape 1

Et c'est pas peu de dire qu'il faut taper à toutes les portes. Je me demande comment font les étrangers qui n'ont pas d'aide et ne parlent pas bien français, c'est impossible de s'en sortir, même pour moi, c'est galère de trouver justement à quelles portes taper. Et évidemment le fait qu'en France tout soit fractionné sur différents bureaux parfois dans des villes à presque 100 kms l'une de l'autre, rend les choses extrêmement compliquées.

Je me casse aussi la tête par mail pour un copain aussi russophone, qui parle approximativement français mais le lit assez mal, et ne parvient pas à avoir de rendez-vous à la préfecture de son département, parce que son cas est particulier et demande à être traité par un humain, or tout se fait par boite vocale et réponse automatiques et .. il ne rentre évidemment dans aucune case. Et ça traîne depuis début décembre. Dernière en date, le lien pour télécharger la demande à remplir  sur le site de la préfecture ne fonctionne pas, et impossible de le demander par mail, aucune demande ne sera satisfaite comme ça. Et pour faire remonter le problème, il faut le signaler par un clic sur un lien qui ne fonctionne pas non plus.

Etape 2.

Etape 3.

Pour les choses sympas,  j'ai relancé le café des langues, qui avait été mis en sommeil depuis 2020, à cause des confinements et ensuite de mon départ à l'étranger. Il y a au 3 présents lors de la première rencontre, car trois autres qui devaient venir ont eu des impossibilités, 2 autres n'ont trouvé le prospectus que le lendemain et viendront donc à la fin du mois. De plus il faisait beaucoup, mais alors beaucoup de vent pour cette première réunion, et les gens ici ne sortent pas quand il y a du vent violent (soit 1/3 de l'année en gros). Les choses devraient se mettre en place peu à peu.

J'ai aussi profité des 10 jours pour faire de nombreuses grasses mat' bien nécessaires, regarder des vidéos en attente depuis longtemps, reprendre le piano après presque un mois de pause, faire des projets de traduction pour moi-même, me faire un mini stage d'espagnol comme l'été dernier, rédiger des articles en russe sur mon autre blog, à destination d'amis qui veulent en savoir plus sur la France, le français et la vie en France.
J'entretiens l'allemand presque tous les jours en fin de matinée, et tant qu'il n'y a pas trop de charge, je cale un peu d'espagnol dans l'après midi). Le russe a été abondamment pratiqué ce mois ci , donc, en aidant le monsieur qui cherche du travail et fait ses démarches. Et le géorgien toujours un peu à la traîne en fin de journée... enfin, tard le soir.

Et à partir de fin février s'annonce un mooc pour me remettre à flot en ce qui concerne le FLE, y'a aussi des projets de ce côté là. J'ai aussi trouvé des renseignements sur des universités qui proposent le master de FLE entièrement à distance, à creuser aussi car je n'ai que la maîtrise. A l'époque, le dernier diplôme se faisait au bout de 4 ans, c'est passé entretemps à 5, je n'ai donc que la moitié du diplôme.

Et j'ai enfin préparé mon budget formation et, puisque le semestre s'annonce assez n'imp' à l'université, je vais prochainement commencer la formation en traduction, sans attendre la fin de l'année scolaire. J'ai reçu les documents qui la concernent et donc je vais regarder tout ça ces jours-ci!

C'est reparti pour un tour!

lundi 28 mars 2022

Des nouvelles générales

Comme vous l'avez compris la dernière fois, mon immersion en Russie a pris fin brutalement.
Et j'ai passé l'intégralité du mois de mars à glandouiller.

Enfin, disons qu'il me fallait ce temps pour me remettre de mes émotions et de ma déception. Et de la grosse fatigue qu'elles ont causée. Voir en moins d'une semaine tomber à l'eau quelque chose auquel je m'étais dévouée depuis une semaine, devoir partir presque sans dire au revoir à personne, ça a été nerveusement très éprouvant.

et c'est une réaction totalement normale de l'organisme au stress.
aller à l'encontre est le meilleur moyen de se stresser encore plus.
Sans aller jusqu'à être la réincarnation d'Oblomov, flemmard pathologique auprès duquel Gaston Lagaffe est un modèle d'énergie


Et là encore, j'ai souvent le blues, Saint Petersbourg me manque, les gens avec qui j'avais fait connaissance me manquent, ceux avec qui je n'avais pas encore fait connaissance aussi.
Et d'autant plus que j'ai dû revenir dans ma région natale que je déteste profondément, et dont je rêve de me casser définitivement.

Heureusement que j'ai encore les cours à distance, ça m'a permis de de pas me laisser aller par la routine et les horaires à respecter mais il m'a bien fallut presque tout le mois de mars pour me remettre vraiment à flot.
Y compris pour le reste ( sauf la musique et le sport).
Donc j'ai adopté la technique qui marche pour moi " freiner sur les choses habituelles et insérer un peu de nouveauté dans mon train-train": de nouvelles partitions à déchiffrer, de nouvelles lectures qui n'ont rien à voir avec la fac.
Même le géorgien est passé un petit peu au minimal, je n'avais pas l'energie mentale pour ça.

Je ne suis pas un cas à part, et rassurez-vous si ça vous est arrivé, que vous ayez été directement concerné par les effets de la guerre ou non: beaucoup des étudiants étranger de l'université Herzen ont arrêté, ou beaucoup ralenti: soit parce qu'ils payent les cours de leur poche pour avoir le droit d'être en Russie, et être logés sur place, et donc ben.. obligation de rentrer = plus d'intérêt pour eux. soit parce qu'ils habitent à l'autre bout de la terre et ne peuvent pas se connecter aux cours ( on a une américaine. 10h00 du matin en Russie, c'est maintenant 9h00 pour moi, mais 2h00 du mat' pour elle. Donc pas faisable à long terme)

Pour l'instant, il n'y a pas de souci de limitation d'internet, là ce serait vraiment la fin. Cependant j'ai appris que pire: mon camarade qui devait partir enfin, début mars à tioumen a vu une fois de plus son départ annulé. Il a joué de malchance: départ refusé en septembre 2020 pour cause de covid. Il a choisi de redoubler: départ refusé en septembre 2021 pour cause de covid, vous ne partirez au mieux que pour le second semestre ( alors que ceux envoyés à Saint Pétersbourg et Moscou ont pu y aller à partir de mi - novembre). Il devait partir le samedi où je suis rentrée et à donc redoublé pour rien.
Pire, il ne peut pas retenter l'an prochain. Je ne pourrai pas non plus: les partenariats entre mon université et les universités russes en général sont gelés jusqu'à nouvel ordre, les échanges de l'an prochain sont simplement annulés. Impossibled e savoir quand ça reprendra.. si ça reprend un jour.
Et ce même si les universités qui ont vu une fois de plus leurs étudiants étrangers repartir précipitemment proposent des solutions à distance: partenariat annulé quelle que soit la forme, ça fait partie des sanctions contre la Russie (sanctions disproportionnées puisque l'immense majorité des gens que j'ai rencontrés ne sont pas pour la guerre... mais ne peuvent pas s'y opposer directement. La Russie n'est pas son chef d'état, pas plus que l'actuel président français ne représente la totalité des français, et sûrement pas moi)

Mais grosso-modo oui c'est normal d'avoir un passage à vide dans cette actualité déprimante, qui fait en plus suite à deux ans de restrictions covid, restrictions dont on sait pertinemment qu'elles peuvent revenir d'un jour à l'autre. Le fait est qu'il est impossible de prévoir des choses ne fut-ce qu'à moyen terme - mon anniversaire est dans 7 jours, ça fait 2 ans que je le fête seule chez moi, ayant eu à chaque fois le seul droit de manger en tête à tête avec ma mère, comme tous les autres jours de l'année. Vais-je enfin pouvoir aller au restaurant cette année: rien n'est sûr.
J'avais invité plusieurs de mes nouveaux amis à venir ici en vacances quand ils veulent. C'est loin d'être gagné: même si les frontières étaient ouvertes, les visas sont toujours délivrés sur critères particuliers à cause du Covid, et les russes sont maintenant mal vus dans leur ensemble en Europe. Et même s'ils y arrivaient, les visas sont ultra chers pour eux, pas sûr que ça leur soit possible suite à la crise économique.
Et donc oui, on est tous à plat, il faut l'accepter, et prendre le temps de se remettre. Se forcer serait improductif. Mais tout en trouvant des stratégies pour contourner la flemme. C'est précisément ce que je fais en changeant mes habitudes, ça redynamise.
enfin, le 25 mars, c'était la journée de la procrastination. J'ai décidé de la reporter un peu tous les jours..
Pourquoi ne pas faire un seul jour ce qu'on peut ne pas faire tous els jours. On est plus efficace quand on fait les choses par petit bout, donc on est plus efficace quand on glande par petits bouts aussi.

Donc j'ai réinséré à petites doses des choses que j'avais laissées en attente: regarder une série animée japonaise ( et constater que malgré 4 ans d'arrêt, j'ai encore des restes de vocabulaire) et faire un mini stage personnel de réveil de l'espagnol fin mars et maintenant encore, un réveil purement audio et oral, ce qui manquait à l'époque du collège/lycée. Donc je suis allée voir du côté de mon camarade Michel Thomas, puisque en l'occurence, ce qui m'intéresse pour le moment avec l'espagnol n'est pas tant de le lire que de discuter un peu avec ma voisine équatorienne.

Et mon petit travail pourrait bien prendre une nouvelle ampleur dans les mois qui viennent, donc là aussi, je ne vais pas rester les bras ballants. Mais, s'il me faut encore quelques jours de glandouille, je me les accorderai, pour ma santé mentale.

mercredi 3 novembre 2021

problèmes de polyglottes (3) - les sources et les envies

 AH, les sources!

Bon pour les sources, il est vrai, les choses se sont beaucoup améliorées depuis l'invention du net. La vieille étudiante que je suis peut faire la comparaison entre il y a 25 ans : attendre en croisant les doigts que le cinéma d'art et d'essai programme UN film russe ou allemand en VOST pour pouvoir en voir un dans l'année. Avec un peu de chance. Film que tu allais voir même si le sujet ne t'intéressais pas du tout, parce qu'il ne fallait pas louper l'occasion. et maintenant: audio et vidéo à volonté, sur des thèmes variés, de longueurs variées, en deux clics.


Quand tu apprends une langue qui a trop peu de locuteurs pour que tu puisse pratiquer régulièrement.
et que ces locuteurs habitent dans un pays à des milliers de kilomètres de toi.

Variante: quand tu veux apprendre une langue qui n'est enseignée qu'à Paris, sans option d'étude à distance...

Bon pour le géorgien je me débrouille en collectant des sources dans d'autres langues que le français, et je trouverais bien des gens à qui parler sur 4 millions de locuteurs.
Mais il va falloir beaucoup de patience et de motivation pour apprendre l'aïnou: 300 locuteurs sur le chapelet d'îles des Kouriles, au Japon, à l'autre bout de la planète, très âgés et isolés, parlant un isolat linguistique linguistique en voie de disparition, impossible à apprendre sans passer par le japonais - un autre isolat, pas des plus simples lui-même à apprendre.
comme j'ai des contacts tatar et bashkir, j'avais regardé un peu leurs langues: très peu de sources, et presque toutes via le russe.

Corrollaire:
Wikipédia a un seul bon article sur le sujet qui t'intéresse, dans une langue que tu ne comprends pas.
Et tu passes une ou deux heures à rechercher dans une dictionnaire chaque mot de l'article

Une ou deux heures, tu es modeste ...Parce que selon la langue, un traducteur en ligne peut donner une idée approximative suffisante pour voir si ça vaut le coup de creuser... ou quelque chose  de totalement chelou, parce qu'il ne fait pas par exemple coréen -> français, mais coréen > anglais> français. Et qu'il ne gère pas l'homographie ou les champs sémantiques et lexicaux convenablement.
Jusqu'à la vue, bébé!
Et encore même anglais -> français, c'est parfois moisi
Traduction canadienne, ce n'est pas comme si le Québec disposait de pas mal de gens qui parlent français et anglais.

oui, celui-ci est hors concours, il n'y a pas une phrase correcrte!

Ecouter une emission radio en pleine nuit parce que tu as besoin de pratiquer et que les locuteurs habitent sur un autre fuseau horaire.

solution: les podcasts!
Par contre pour les tandems, ça reste un problème . J'avais trouvé un correspondant très intéressant en Russie. Il habitait Vladivostok, donc au bout du bout de l'orient. On avait 7h00 d'écart et il n'était libre qu'entre 9h00 et 11h00 du matin, chez lui ( donc entre 2 et 4 chez moi). Impossible de faire autrement que de l'échange de mail, donc impossible de trouver une solution, vu que ce qu'il voulait, c'était de la pratique orale.

les dialectes

Que ce soit les langues régionales ( parler en allemand , mais être incapable de comprendre le kölsch de Cologne, être snobée à Bâle parce qu'on parle allemand et non Suisse-allemand, ne rien comprendre à la lecture de Berlin Qlexanderplatz qui a des pages entières en Dialecte berlinois ou à Buddenbroks qui a des pages entières en dialecte de Hambourg et d'autres en bavarois). Ou les niveaux de langues quand les gens se disent que tu as un bon niveau et te parlent en argot.

D'ailleurs c'est assez rigolo de voir une série sous-titrée parfois de manière trop polie ( les bandits russes de Лучше,чем люди sont les plus polis au monde. Quand ils s'énervent le sous-titrage donne des " zut " et des "oh non".. quand tu as clairement entendu " espèce de biiip, fils de biiip, ta mère la biiip" et autres du même genre)


Tu parles les deux langues de ton pays. Tu lis tout deux fois

ou être dans un pays bilingue...
Persil - Peterselie.. oui pendant un an en Belgique, je l'ai fait.
Et c'était assez comique quand j'ai parlé de fromage en chèvre à un germanophone. Sauf qu'au lieu de "Ziegenkäse", j'ai mélangé avec le néerlandais à force de le voir et je lui ai dont parlé de "Geitenkäse" ( Geitenkaas en néerlandais). A force de le voir écrit, j'ai confondu et mon correspondant ne comprenait absolument pas, vu que là, les mots sont très éloignés.

Et Les Envies?

Les échanges à l'étranger coûtent beaucoup plus que tu ne peux te permettre, même avec une bourse

Je vais donc voir ça bientôt. Et me saigner aux 4 veines en espérant trouver un petit job en plus de celui que j'ai déjà ( 200/250 euros le mois, c'est déjà ça, vu que ça va être galère pour la bourse). Mais oui, j'ai mis un an de salaire de côté rien que pour ça. Par contre le visa m'a coûté un bras (44,20€ de train pour aller deux fois à Marseille déposer la demande et récupérer le visa, + 210€ de visa express pour l'avoir à temps). Je peux encore rajouter d'autres frais: le train et la navette pour aller à l'aéroport, les inscriptions variées à l'université, le taxi pour aller de l'aéroport à l'université une fois là bas, le logement.. ça va encore me coûter l'autre!

Et ça c'est quand on peut voyager.

Tu étudies 10 000 langues.
Tu n'as pas les moyens de voyager.
Tes camarades monolingues traversent la galaxie tous les ans.

Mon sens de l'humour :D
Mais oui, je me souviens d'une lycéenne, dans le même job d'été que moi il y a .. ha oui 21 ans.
Elle 16 ans: "moi je suis entrée là par mon parrain qui travaille à l'accueil, mais c'est juste pour me faire un peu de sous parce que mes parents m'offrent un voyage à Ibiza le mois prochain. Mais avec ce qu'ils me donnent comme argent de poche je n'aurais pas de quoi faire la fête plus de deux jours... Et toi tu vas faire quoi avec cet argent?"
"Moi? ( rappelle- toi que ce n'est pas légal de défenestrer une collègue, même une insupportable gosse de riche): ho moi? Je vais me réinscrire à l'université, payer mon assurance, mes fournitures, les livres, l'inscription au conservatoire, l'assurance de l'instrument et s'il en reste un peu après ça, je m'offrirai un café sur la place du marché". Elle n'a pas compris le sarcasme ni l'ironie.

Et ensuite... une fois que tu as ton diplôme?

Maintenant que tu as ton diplôme tu vas utiliser ton temps libre pour apprendre les langues

Deux possibilités, soit tu as passé un diplôme totalement dans un autre domaine qui ne te laissait pas le temps d'apprendre les langues. Soit tu as passé un diplôme de langue tellement prenant qu'il ne t'a pas laissé le temps d'apprendre d'autres langues. Ou tellement théorique que tu sais analyser l'emploi du point-virgule chez Dostoïevksi, mais pas comprendre, au pif, les jurons d'un bandit de film.

Tu découvre que quelqu'un que tu connais a étudié le sanskrit.
Tu en as le souffle coupé


Ou quand tu découvres après 2 ans de discussion que ton corrspondant, qui parle allemand et russe apprend aussi un peu l'hébreu: vas-y je te soutiens à fond, tu m'épates, foooonce!
Ou que ton oncle te dis " hoo c'est dommage que tu partes lundi, mardi il y a le beau-fils des voisins qui arrive, c'est un allemand, il parle français, apprend le russe, il parle arménien ou géorgien, chais plus trop, peut être les deux, en fait il connait beaucoup de langues."... "Tonton, je prolonge mes vacances chez toi jusqu'à jeudi, je DOIS faire sa connaissance"

Un prof mentionne le basque comme étant un isolat total
"je vais apprendre cette langue!"


Haaa, ça c'est le piège auquel il est dur de résister. Mais je tiens à signaler qu'il faut quand même en général une motivation plus forte que la simple curiosité pour s'y tenir. Sinon on risque de commencer et de se démotiver vite. Apprendre une langue demande du temps, de l'argent, de la motivation et de la régularité.
Si la motivation n'est pas plus que "ça a l'air cool, en plus je ne connais personne qui la parle, c'est stylé"... ça n'est pas assez. Après, la découverte peut devenir un coup de coeur. Mais c'est rare.
J'ai connu des étudiants en traduction qui ont voulu apprendre le russe, l'arabe ou le chinois parce que " ça paye plus que les autres langues". La plupart ont changé pour l'anglais, l'italien ou l'espagnol au bout d'un trimestre. La difficulté était trop élevée pour se motiver à poursuivre dans le seul but de gagner plus de sous 5 ou 6 ans plus tard.

J'interroge toujours mes motivations. Sans un réel intérêt pour le pays, sa culture, sa cuisine, ou pourquoi pas, un de ses habitants ou une de ses habitantes... c'est mal parti.
Et il n'y a pas de honte à laisser de côté ou abandonner une langue qu'on a commencé à un moment pour une raison qui était légitime à un moment, mais qui ne l'est plus (dans mon cas le néerlandais pour passer un an en Belgique, ou le japonais pour des voyages au Japon).

Par contre une très très mauvaise raison pour commencer une langues est, pour moi,  "pour impressionner les gens" ou " pour en épingler une de plus à son tableau de chasse". Apprendre le Toki pona, même si ça peut se faire rapidement, puisque la langue a été construite dans ce but, parce qu'on s'intéresse au processus de construction d'une langue artificielle, par curiosité scientifique, ou qu'on se dit qu'il y a un potentiel pour communiquer avec des gens handicapés ok.
L'apprendre juste pour pouvoir cocher l'objectif " je parle 10 langues" et qu'il en manquait une, qu'elle est facile, c'est léger quand même.
Mais je crois avoir dit déjà par ailleurs ce que je pense des polyglottes vantards, ceux qui font des concours " cékikipisseleplusloin".
Il ne faut pas oublier que parler X langues, c'est avant tout oublier et mélanger X langues. A part quelques mutants (je ne vois que ça comme explication) dotés d'une mémoire hors du commun, et qui ont de naissance déjà un bilinguisme ou trilinguisme, c'est déjà les 12 travaux d'Hercule pour entretenir régulièrement 3 langues étrangères sans que l'une ne soit délaissée.


mercredi 1 septembre 2021

Problèmes de polyglottes (2) les études

Cette fois ce sera moins revendicatif vis à vis des gens qui ne comprennent pas ma passion pour les langues et se permettent de critiquer.

Mais il y a aussi des choses à dire sur les études, dans un cadre très officiel. Encore que bon, il y a toujours l'incompréhension de certains...

Tout ce qui est linguistique

Les gens qui ne connaissent pas la différence entre un linguiste et un polyglotte
" je passe un diplôme en linguistique"
"Vraiment, tu parles combien de langues?
" heu, ce n'est pas ça.. pfff bon, 5 à différents niveaux""

Et ça c'est quand ils ne partent pas du principe que " ok, les langues encore je comprends, mais la linguistique, ça ça sert vraiment à rien".. euh, par exemple à tracer des ponts entre divers groupes de langue, à comprendre comment elles évoluent. Tu vois, c'est une science.
Un peu comme la biologie, l'évolution... ben voilà, c'est la théorie de l'évolution adaptée aux langues...mais si c'est passionnant, reviens, je ne t'ai pas encore parlé de l'étymologie, c'est cool, c'est de l'archéologie des mots!

Donc pour les distraits une explication s'impose:

- un linguiste a en général des bases en plusieurs langues, il peut les décrire, comparer la grammaire, la syntaxe, le vocabulaire ou même la ponctuation, selon son domaine de prédilection. Il doit en avoir une connaissance théorique, dans laquelle les langues anciennes ont leur place, qui permet de faire une étude de l'évolution. Mais parler les langues n'est pas le coeur de son métier, il les étudie comme un objet scientifique, même si la plupart des linguistes en maîtrisent plusieurs car ils sont passés par les langues AVANT de s'intéresser à leur structure. Mais a priori, un linguiste a surtout besoin de lire, comprendre et analyser plus que de parler.

Exemple, je reprends mon Georges Dumézil, linguiste, qui connaissait une trentaine de langues, ou plutôt de systèmes (on peut difficilement soutenir qu'il parlait latin, grec ancien, sanskrit), Claude Hagège ( qui parle une dizaine de langue mais connait une cinquantaine de systèmes), Tolkien, qui a utilisé ses connaissances en philologie ( mélange entre la linguistique, l'histoire, la littérature) pour inventer des langues.

- Un spécialiste en langue
XYZ doit connaître la langue en question le mieux possible, souvent il en connaît aussi plusieurs, mais il ne les étudiera pas de la même manière. Il peut vouloir devenir traducteur comme moi, professeur de langue ( le plus courant), travailler dans le commerce , le droit international ou le tourisme, ce qui nécesite d'autres compétences. En général il se consacre à un eutit nombre de langues de manière plus approfondie. Et doit donc maîtriser la pratique orale aussi bien qu'écrite, la compréhension aussi bien que la production.
Là il y a beaucoup d'exemples, traducteurs, professeurs spécialisés, souvent leurs noms ne sont pas connus, car c'est tout autant le prof d'anglais que vous avez eu en 6 qu'un traducteur ou interprête officiel à Bruxelles. Quelqu'un que j'aime bien, le romancier Boris Akounine, qui est géorgien ( je tiens un de mes prochains natifs), traducteur de japonais, habite en Angleterre et parle français. Donc au moins 5 langues, dont 2 natales et une de travail, mais on est loin des 50 de Claude Hagège

- Et il y a les autres polyglottes, souvent hors de cadre d'études universitaires, dont le but est de parler des langues. Souvent ils n'ont pas forcément besoin de lire ou d'écrire, et peuvent même se contenter de seulement parler. Là, il y a toute une variété de gens ceux qui vont préférer approfondir quelques langues dans toutes leurs dimensions et ceux qui vont vouloir connaître un peu de beaucoup de langues, surtout à l'oral.
Et il n'y a pas de définition précise : un polyglotte peut maîtriser 2 langues ou 50, à haut niveau ou à niveau moyen, l'objectif est avant tout de les parler.
Par exemple j'aurais du mal à considérer comme polyglotte quelqu'un qui parle français et connaît, même très bien le grec ancien, le latin, le hittite, l'akkadien, etc.. s'il ne parle QUE français. Ce sera un spécialiste en langues anciennes ( un cas hypothétique, actuellement ce n'est plus vraiment possible de ne parler réellement qu'une langue)
Et il y a toutes les possibilités, Il est rare qu'un hyperpolyglotte ( plus de 6 langues) les maîtrise toutes au même niveau, et chacun fait comme il veut: apprendre des rudiments de nombreuses langues ou apprendre moins mais de manière plus approfondies. Il n'y a pas de jugement de valeur, tout est légitime à partir du moment où celui qui a survolé  quelque chose ne se pose pas en spécialiste de ce quelque chose.
Il y a beaucoup de politiciens, acteurs, artistes dans ce cas, qui ont besoin de donner des conférences, prononcer des discours, répondre à des questions, voire de s'auto doubler ou de jouer dans une autre langue, et là, j'en choisis un incontestable et hyperpolyglotte, le très regretté Christopher Lee et ses au moins 9 langues parlées couramment. Mais la plupart  n'ont pas spécialement besoin de lire ou d'écrire

- Et même une même personne peut au fil du temps et au gré des besoins varier les approches:
L'exemple: moi.
Je suis plutôt par goût du côté " peu mais sérieusement", mais je ne m'empêche jamais de tenter le coup si quelque chose m'intrigue. Ou d'arrêter si ça ne me correspond pas ou plus. Mais je ne me définis pas comme linguiste ( j'ai de bonnes bases, mais sans avoir passé de diplôme dans ce domaine), ni comme spécialiste en une langue pour le moment (je n'ai qu'une licence en russe, c'est trop peu pour parler de spécialité), j'en baragouine 3 au niveau B2 + le français, je n'entre pas dans la catégorie des hyperpolyglottes, le reste est pour moi à trop bas niveau pour être comptabilisé pour le moment. Je ne pourrais pas entrer, même si je le voulais, dans l'association des hyperpolyglottes ( qui requiert de parler 6 langues à niveau courant (sans bien préciser ce que c'est d'ailleurs)

Je parle français, j'apprends l'allemand et le russe officiellement ( université), et le géorgien maintenant informellement. J'ai mis en pause pour une durée indéfinie le japonais qui correspondait à une certaine période de ma vie, mais est moins attrayant maintenant que j'ai des projets pro avec le russe, ma langue coup de coeur. L'anglais que j'ai me suffit, je le maintiens sans chercher à faire plus. J'ai tenté l'italien ce printemps par curiosité, mais ce n'est ni un coup de coeur ni une nécessité. Au cours de la scolarité et après, j'ai abordé le latin, le grec ancien, l'espagnol, le mandarin, l'hébreu et le néerlandais. Mais ce ne sont ni des nécessités, ni des langues que j'ai vraiment envie d'approfondir.


autres points liés à ça....
Oublier que vos amis sont monolingues et finir par les bassiner avec la linguistique.

Faut que je me trouve des amis qui partagent ma passion pour les racines indo-européennes. 😜
Et pour les autres, pas grave, j'vous aime quand même.. tant que vous ne critiquez pas mes loisirs bien sûr :D
Mais je vous jure que la linguistique n'est pas un truc de vieux savant poussiéreux (ok, pas QUE) Henriette Walter est une linguiste passionnée et passionnante à écouter.

Essayer d'expliquer la différence entre deux mots proches
Ne pas pouvoir le faire sans utiliser l'API.
L'interlocuteur ne lit pas l'API.


Là par contre, j'insiste, c'est très très très très utile et pas que pour les linguistes. Pour quiconque veut apprendre au moins une langue étrangère. Rendez-vous service et apprenez-le. Par pitié.

Les études de langues en général:
Devoir apprendre une langue que vous ne supportez pas

Ou pour laquelle vous n'avez pas vraiment d'affinité. que ce soit imposé ( Latin pour moi) ou par défaut ( j'ai du faire 2 fois 10 heures de deux langues au choix, parmi hébreu, chinois et arabe.. am, stram, gram...bon, en fin de compte, l'emploi du temps et ses trous ont choisi pour moi pour moi...)
Mais le pire pour moi, c'est l'anglais, passage obligé que jai repoussé au maximum, comme une visite chez le dentiste. Je n'ai aucune affinité avec cette langue que je n'ai parlé que 2 fois avec plaisir ( logiquement en voyage à Londres et dans l'Ontario).
Je la cotoie au quotidien sur Internet mais pour moi ce n'est ni plus ni moins qu'une brosse à dent: on en a besoin, on l'utilise, mais ce n'est pas spécialement un grand moment de joie que de l'utiliser. Et je le fais tout aussi mécaniquement et en pilote automatique. Et je ne vais pas utiliser ma brosse a dents plus que nécessaire, juste parce que je pourrais en théorie le faire. Je ne pousse pas un gros youpi quand j'apprend un nouveau mot en anglais. Je n'aime pas le parler. Et c'est bien pour ça que je traduis ces images qui n'existent pas dans d'autres langues.

Les cours de langue
Cours n°1
Regarder l'alphabet cyrillique en se demandant comment ton ami arrive à le lire si facilement

Mais ça se fait et ça se fait plutôt facilement, pour peu qu'on prenne les choses dans le bon ordre. Et rassurez-vous d'ici peu vous y arriverez aussi, à force de pratique.

Cours pour débutants:
Commencer un cours pour débutants avec des camarades qui parlent couramment la langue mais ne savent ni la lire ni l'écrire. Et qui répondent aux questions avec un accent parfait alors que tu galères simplement pour comprendre.

Tout le monde dans ton cours est soit originaire directement, soit a vécu dans un des pays où la langue est parlée.
A part toi.

Vécu dans les deux cas: moi fausse débutante en russe et en allemand en première année en Belgique. Un classe d'allemand constituée de faux-débutants, super, ça avance assez vite pour moi. Beaucoup trop vite pour les vrais débutants. Mais pas de natifs, ouf!
Une classe de russe contituée à moitié de russes ou de gens dont les parents étaient russes et qu le parlaient en famille. Proportion de 90% de natifs en fin de première année, parce que les non natifs débutants ont laissé tomber en cours de route pour la plupart.

Moi cette année en visio conférence: non native.. qui a fini le cours de grammaire avec de meilleurs résultats que certains natifs, parce qu'ils y sont allés au talent depuis 3 ans et parlent parfaitement.. sans connaitre les règles de grammaire " ouais , je sais le dire, je ne me prends pas la tête avec ça". Sauf quand le professeur demande de justifier l'emploi de tel ou tel cas particulier dans telle ou telle circonstance, et que les non-natifs on bien lu le cours. Connaître la réponse c'est bien, mais il faut l'expliquer, et en 3° année, ceux qui n'ont pas ouvert les cours depuis le début de la première année en comptant sur leur pratique, ça ne pardonne pas.
En première année, en Belgique, la prof nous avait dit " très vite vous allez avoir un niveau en russe supérieur à celui de la plupart des russes, il parleront plus vite et plus fluidement, mais emploieront moins de vocabulaire et ne savent pas pourquoi la langue est comme ça. Vous serez donc plus experts qu'eux si vous vous accrochez. Je confirme!

parler suffisamment couramment pour comprendre le professeur mais ne plus comprendre dès que l'interlocuteur a un autre accent.


Et pour ça il faut écouter beaucoup de sources variées, la radio, la TV, les podcasts, des chansons et pas seulement le matériel pour étudiants, mais surtout des choses pour natifs.
Pour le russe, je tente d'écouter des sources qui viennent aussi des anciens pays d'union soviétique, je parle avec des ukrainiens, des gens des autres républiques de la fédération russe, pas seulement avec ceux de la capitale.
Et bien sûr apprendre du vocabulaire varié:

être super enthousiaste d'apprendre du vocabulaire en cours, avant de te rendre compte que tu ne le connais pas dans ta langue natale...

Ou que tu le connais seulement en théorie, qu'il ne te serviva pas au quotidien, pas plus en VO qu'en VF: au lycée j'ai eu des listes à apprendre par coeur en allemand. Des listes d'outils, avec des choses comme "perçeuse à percussion" ( Schlagbohrmaschine) ou " frein de rétro-pédalage ( Rucktrittbremsen), du vocabulaire religieux (du genre le confessionnal, le prie-dieu, le calisse, le ciboire..). Je n'étais pas super enthousiaste je le reconnais.. Presque 30 ans plus tard, je n'ai jamais oublié comment dire Rucktrittbremsen et Schlagbohrmaschine, je ne les ai jamais employés de ma vie et ne les emploierai probablement jamais. Mais c'était tellement absurde que ça m'est resté en tête.

Cette année, donc bien 30 ans plus tard, j'ai eu a apprendre le vocabulaire technique de la construction d'une isba, et les essences d'arbres en russe: je me suis empressée d'oublier le lendemain de l'examen tout ça, je n'ai aucune perspective de travail en tant que bûcheronne, garde-champêtre ou architecte rurale en Russie un jour.
J'ai eu aussi la liste des détails symboliques et des différents registres du décors dans une église orthodoxe, des mots grecs russifiés pour la plupart. 6 mois plus tard je ne me souviens que du phélonion ( grand manteau du pope, qui ressemble suspectement au "tapis persan volé et tapis volant percé" qu'Obélix porte autour du cou dans un des albums d'Astérix) parce que "la plante fait l'oignon et l'oignon fait la farce"

Et comment apprendre tout ça?

apprendre le vocabulaire en réécrivant la même liste de mots encore et encore et encore, et encore...

Merci Anki! Merci Mosalingua, Merci à vous d'exister! Merci Vladimir Sintezretchi, surnom que j'ai donné à la voix de synthèse en russe de la tablette!

Truc: j'écris une fois le mot sur papier. Je cherche une liste sur le logiciel Anki, si possible avec le son, je sélectionnne et je révise jusqu'à ce que le mot entre en mémoire, et parallèlement une fois de temps en temps je le réécris dans des listes thématiques ou des phrases. Ca fait beaucoup moins de réécriture, et ça marche bien pour les gens comme moi qui ont ue mémoire auditive et la nécessité d'entendre le mot pour le mémoriser.

et j'ai gardé le problème le plus épineux pour la fin:
Les ressources de langues te définissent par défaut comme étant un homme.
Tu n'es pas un homme.
Et c'est encore plus compliqué pour les non binaires


Et ça peut-être un vrai problème quand la méthode n'imagine même pas que 50% des étudiants sont des étudiantes, et encore je ne rentre pas dans les cas des transgenres par exemple.
Non simplement il y a un préjugé dans la tête des concepteurs de méthodes que le lecteur ne sera pas a priori une lectrice.

Mais, même si je ne suis pas un modèle de féminité idéal, je suis une femme, qui parle d'elle au féminin. Et comment je fais, moi, pour deviner comment ça se dit, si on ne me donne pas un exemple de phrase au féminin? Et je ne parle pas là du genre grammatical qui fait qu'on dit une chaise/ un tabouret/ un fauteuil/une table...dans pas mal de langues. Mais vraiment, on manque souvent d'exemple d'accords en genre des verbes, pronoms et adjectifs quand une femme parle.
Voire de vocabulaire (de mémoire le " je" en japonais est souvent différent quand un homme ou une femme parlent, et dans certaines langues c'est le vocabulaire qui change complètement)
Donc au moins 2 exemples sont nécessaires. Et même quand il n'y a pas de différence et que les mots ne sont pas genrés (merci le géorgien tu m'ôtes une épine du pied de ce point de vue, au point que le plus grand roi du pays était une femme 💓) c'est important de le signaler.

Or trop souvent il y a l'idée implicite que ce sont les hommes qui étudient. En cours, on peut moduler les exemples en fonction de l'auditoire, mais la méthode imprimée est souvent une mise à jour au niveau vocabulaire d'une vieille méthode, sans vraiment d'adaptation à la société réelle.

Premier semestre en ligne en russe cette année, peu de gens se connectaient tous les jours. Sur la dizaine de personnes présentes, il y avait 1 homme pour 9 femmes. Et parmi les profs, 1 seul homme aussi. Second semestre: l'étudiant a trouvé un travail, et nous n'étions plus que 5 connectées régulièrement. L'accord au féminin est de mise: 100% de l'effectif présent régulièrement était féminin.
En Belgique aussi, dès la première année, il y avait au moins 80% de femmes dans l'amphi. C'est une réalité, les universités, du moins en lettres, langues, sciences humaines ( un peu moins en matières techniques il est vrai) sont remplies de femmes tant côté profs que côté élèves. La réalité de terrain dans les cours de langues, c'est que PLUS de 50% des étudiants sont des étudiantes. Il va falloir en tenir compte un jour.

Je ne demande pas de trucs style orthographe inclusive que je n'emploie pas parce que c'est très très lourd, et que j'ai parfaitement en tête que l'enseignant ( neutre grammatical ici) a toutes les chances d'être une femme. Il n'y a pas de militantisme dans ma remarque. Je veux simplement connaître la possibilité de parler de moi de la manière qui me convient et ne pas être considérée comme au mieux secondaire, au pire inexistante.

mercredi 25 août 2021

Problèmes de polyglottes (1) Préjugés et questions à la c.. enfin, à la noix.

 C'est bientôt la fin des vacances, allez, un sujet en marge.

Simplement parce que je suis tombée hier sur le Tumblr " Polyglots problems", qui existe pourtant depuis longtemps mais que je n'avais jamais croisé, et que si tout ne me correspond pas, certains m'ont faite sourire ou rappelé des choses. Il y a à prendre et à laisser parmi les publications, certaines ne servent une fois de plus qu'à bâcher le français et sa manière de compter, hahaha, très original les angophones, essayez d'apprendre d'autres langues, vous verrez qu'il y a encore plus étranger ailleurs. au fait pourquoi tu t'astreins à apprendre une langue si c'est pour passer ton temps à la qualifier d'insensée, illogique , sans queue ni tête...?

Mais d'autres ont plus d'intérêt. Et vont me donner l'occaison de développer des choses..

Les questions absurdes et les idées reçues ( pas forcément méchantes, mais qui sont souvent reloues)

- Ho tu parles / apprends ( insérer langue XYZ), dis quelque chose
- Euh, oui, mais quoi?

Un grand classique. C'est bien d'être curieux, mais, amis non polyglottes, ou polyglottes en devenir, non, on n'est pas une machine à débiter des phrases, comme ça. LA conversation normalement a un contexte.
C'est comme arriver et dire à quelqu'un " dis quelque chose". 99% du temps la répose sera " hein? quoi?" et 1% " quelque chose".
C'est pas qu'on ne veut pas, mais c'est comme demander à quelqu'un qui pratique la musique de chanter quelque chose à minuit 30 à la fin d'un repas, l'estomac plein, sans préparation et sans accompagnement. Fun, quand il s'agit d'une morceau de Mozart (vécu): c'est peu probant et ça ne rend pas du tout justice à la réelle compétence, à la langue ou au morceau.

En général je résouds le problème en répondant dans la langue en question que justement je ne sais pas quoi dire, je n'ai rien à dire, et que de toute façon, ça n'a pas d'importance, je pourrais te réciter ma liste de courses que tu ne verrais pas la différence.. Ou un vieux dialogue de manuel du lycée, dont allez savoir pourquoi, je me souviens par coeur.

Avec son corollaire

apprends - moi un gros mot.

Tu ne veux pas plutôt d'abord savoir... être sympa? demander ton chemin? commander un café? non? Bon ben, je t'en apprends un marrant, la marque Blédina est invendable en Russie, car ça ressemble beaucoup à ce qu'on appelle une poufiasse ou une péripatétipute ici.
Inversement une marque de voiture a tenté de vendre la E-tron en France, sans grand succès, va savoir pourquoi.


Ce qui donne l'impression que je parle mieux qu'en réalité ...
Ce qui nous amène à:

" Savoir dire bonjour, au revoir merci, je t'aime en plusieurs langues et rendre les gens tout choses en parlant leur langue..

Même si on ne sait pas dire plus.
J'ai fait à la demande d'un copain une vidéo où je disais bonjour en 20 langues pour un projet " journée de la salutation" à son travail, en Russie. Et une autre avec une dizaine de langues pour la bonne année: J'ai déjà oublié coment dire bonne année en chinois ou bonjour. Par contre à cette époque " bonjour "é tait le seul mot que je connaissais en georgien, j'ai bien augmenté la quantité depuis! Yeah!

Ou savoir dire parfaitement " je ne parle pas le XYZ" en XYZ, ce qui fait que les locuteurs te répondent " ha mais si c'est parfait, tu parles.. " et embrayent sur une longue conversation à vitesse normale.

Et là on arrive à une chose que je veux dénoncer. Le problème n'est pas tant la question, que ce qu'elle peut sous-entendre. Ce n'est pas celui qui naïvement la pose, c'est que ce quelqu'un est potentiellement la cible d'arnaqueurs.

Tu apprends le Mandarin depuis un mois? tu parles couramment?

Alors comment dire, un mois, c'est ce qu'il m'a fallut rien que pour l'alphabet géorgien, par exemple ( voir les sujets précédents)
Et maintenant le règlement de comptes:
Sur ce point, je tiens à signaler que beaucoup de sociétés ou de gens peu scrupuleux, et surtout depuis le premier confinement, tentent de vendre des méthodes miracles, en langues ou autres. J'ai vu une publicité " réussir le grand écart en 3 semaines et 8 minutes par jour".. ce n'est même aps le temps nécessaire pour séchauffer. Suivi immédiatement par " faire le grand écart en 15 jours et 5 minutes par jour". J'attends presque: devenir marathonien en 10 jours et 3 minutes de cours par jour ou apprendre à nager sous la douche du matin.

Donc oui il y a des offres alléchantes qui promettent d'apprendre les langues en 7 semaines, sans effort, en y passant emaximum 15 minutes par jour: C'EST DU PIPEAU. Ils jouent sur l'ambiguité d'"apprendre une langue", jamais ils ne préciseront le niveau d'arrivée. Et, effectivement, sans passer par l'alphabet, j'aurais pu me contenter d'apprendre des phrases types en géorgien et être capable de commander un café à l'aéroport de Tbilissi.
Sauf que, si c'est ce genre de compétence que vous cherchez, vous pouvez l'apprendre gratuitement avec des tutos sur youtube, en répétant les phrases toutes faites jusqu'à ce qu'elles rentrent. Si c'est ce que vous voulez pour un voyage, pas de souci, c'est légitime. Mais ce ne sera pas vraiment parler une langue, puisque vous serez incapables de lire les panneaux, de poser des questions et de comprendre les réponses. En tout cas ce n'est clairement pas mon objectif.
Là on est encore à la limite de la légalité sans tomber dans la vraies escroquerie.

Et ces sociétés peu scrupuleuses jouent exactement sur ça, l'envie d'arriver à un résultat sans effort, en promettant monts et merveilles contre (beaucoup) d'espèces sonnantes et trébuchantes. Quand elles ne clament pas que leur solution est la meilleure : les bandeaux publicitaires " elle a appris 2 langues en 2 heures, les professeurs de langue la détestent" " arrêtez de prendre des cours delangues longs, chers et sans résultats, les professeurs de langue vous mentent". Ca c'est 100% de l'arnaque, vous ne reverrez jamais vos sous ( plus de 200 euros a priori). De plus déniger le travail de professionnels en les accusant d'arnaquer, pour mieux vous vendre du rêve, c'est exactement le discours qui doit alerter. Quelqu'un d'honnête va à la limite dire " j'ai une autre méthode qui vous conviendra peut être mieux", mais pas " les sécialistes vous mentent". Ca cest presque LA phrase tympe de la tenative d'hameçonnage.

Et je ne parle pas en tant que prof, puisque je ne le suis pas, mais en tant que quelqu'un qui apprends les langues, a testé beaucoup de méthodes pour se concocter la sienne, mélange de tout un tas de choses, et qui est prête à expliquer gratuitement comment elle procède à qui est intéressé.
La solution miracle c'est " implique toi, multiplie les sources, passe du temps, ne te contente pas de ce qu'on te donne en cours, le prof te mets sur une voie, mais il faut que tu la suive toi, il n'y a PAS de secret"


Et il y a les remarques moins agréables:

Je commence gentiment:

"l'allemand, c'est tellement rude", quand ce n'est pas " l'allemand c'est tellement moche".

 Effecivement si ta référence de l'allemand, c'est uniquement celui aboyé par les caricatures dans les films de guerre ou que tu l'as appris avec Papy Boyington.. Va essayer d'écouter les Lieder de Schubert par Dietrich Fischer Dieskau ou Elisabeth Schwaerkopf ( oui comme la marque de shampooing 😑) et on en reparle.

On peut penser que..

Tu es vu comme un dieu dans ton pays parce que tu parles plus de 2 langues...
Mouais pas en France, avec un monolinguisme d'état valorisé


Mais en général c'est plutôt ça qui se passe : Les questions ou affirmations dites en général avec le petit ton supérieur qui ne me donne pas du tout envie d'être sympa.

Mais combien de langues tu as besoin de savoir?


Genre: tu n'es pas obligée, tu perds ton temps, tu pourrais faire mieux que ça.
NON!
En revanche tu pourrais faire mieux que juger mes centres d'intérêt, par exemple aller jouer aux billes sur l'autoroute.

Quelle langue tu as dis que tu apprenais, déjà? Mais pourquoi, Ca n'a aucune utilité.
Personne n'a jamais dit que je devais choisir les langues en fonction d'un critère pratique.

En gros, jusqu'à "Pourquoi?" pas de problème. c'est légitime de poser la question, quand c'est fait sans a priori. Par contre pour le jugement sur l'utilité, tu vas aller rejoindre ton petit camarade sur l'autoroute.

Mais pourquoi tu apprends CETTE langue, ça ne sert à rien!

Il commence à y avoir du monde sur cette autouroute non?

Pour préciser, celles là, je les ai entendues souvent. Trop.  Quand elles ne sont pas accompagnées de conseils du genre " tu ferais mieux d'apprendre l'anglais, ça au moins c'est utile" prigué par quelqu'un qui a un niveau A2 en anglais le plus souvent.
A quoi je réponds " yes indeed, but, you know, my level is B2, it means that I already speak english way better than you do.. ho, and please, go play with marbles on the highway"

Concrètement la question de l'utilité, je l'ai eu au sujet de l'Allemand ( langue officielle ou Co-officielle en Allemagne, Autriche, Belgique, également connue au Luxembourg, aux Pays-Bas, au Lichtenstein, en Suisse, que j'ai parlé en Turquie au bazar...) et qui est probablement la première d'Europe en nombre de locuteurs...
Bizarement, dans ma région Provence, on ne la pose pas à ceux qui apprennent l'italien, pourtant bien plus limité en nombre de pays qui le parlent et de locuteurs.

J'ai eu la même question à propos du Russe ( ça sert à quoi? ben le russe fait partie des 8 langues les plus parlées au monde et est encore souvent véhiculaire dans les anciennes républiques soviétiques, et non l'URSS n'existe plus depuis 30 ans, et si tu ne sais pas ce qu'est une langue véhiculaire, je te propose d'aller le vérifier, toi aussi, sur l'autoroute) et du Japonais.

Je vous livre la question d'une ex-collègue, A. à mon retour du Japon . Parce que c'est l'occasion: " haaa tu as mangé des nems? - euh, non les nems c'est au Vietnam. Ha bon, ben Nihao alors.  - Ah non, bien tenté, mais c'est en Chine qu'on dit ça.  - et c'est pas pareil? je veux dire au Japon, on parle chinois non?"
(j'ai presque eu envie de lui expliquer que même en Chine on ne parle pas " chinois", mais rentrer dans le détail du cantonais, du mandarin, etc... comment dire. elle était gentille mais n'avais pas le niveau)
Enfin, c'est moins pire que l'autre collègue qui m'a dit qu'apprendre le Russe était nul et sans intérêt, apprends l'anglais blabla...


Autant dire que s'embarquer avec des gens comme ça sur le fait qu'une langue n'est pas seulement une langue, mais un fait culturel, que tu ne t'intéresse pas seulement à la langue mais aussi aux) pays où elle est parlée et aux gens qui la parlent, que tu ne perds pas tu temps à apprendre une langue mais que tu gagnes des informations sur un pays...  je cite l'excellente chaîne " Défakator" " haa la tristesse, quand les notes de violons sonnent mouillées et sentent l'asperge "alors que vous essayez d'expliquer quelque chose à quelqu'un de particulièrement borné.
Il va sans dire que quand les choix sont encore plus confidentiels (je pourrais aussi bien apprendre le tatar ou le bashkir, vu que j'ai des potes de cette origine). Autant dire que peux de gens, et surtout pas ceux de mon travail, savent que j'ai décidé d'apprendre le géorgien, sinon je n'en aurais pas fini.

Ou les langues anciennes/ mortes:
Apprendre le latin ou n'imorte quelle langue morte:
- mais plus personne ne le parle!" "parce que j'ai l'air de m'en soucier?"
Dédicace à Maryse et Véronique qui apprennent le vieux-norrois pour le plaisir. Team grec ancien par choix et latin par obligation ici :) Et je ne parle pas de ceux qui choissisent une langue régionale, encore plus mal vue par la mouyenne des gens que les langues mortes. dire qu'on apprend le latin, ça fait intello. Dire qu'on apprend l'occitan, ça fait encore un peu hippie du Larzac coincé dans les années 1970. Dire qu'on apprend l'arpitan, c'est s'exposer à un " mais c'est pas une langue ça!"

A toi qui vient de faire cette remarque, sache que depuis l'autre monde, Georges Dumézil t'observe et te juge:
Dédicace à Georges, mon idole. Lui et moi avons un point commun.
Et ce n'est pas le goût des langues mis plutôt le sens très personnel du rangement.

Bon, il y aura d'autres problèmes, j'ai encore à dire..

qui vient ici?

Flag Counter

et encore un an après :D

 Décidément, je suis peu productive depuis 2 ans. Est-ce que ça veut dire que je ne fais plus rien en lien avec les langues? Pas le moins du...