Evidemment vu la situation, les denrierds jours de février et la première semaine de mars ont été sans géorgien, et pour cause: mon immersion en Russie a été brutalement interrompue par la situation internationale et la néceesité de rentrer immédiatment là tout de suite, qu'est-ce que vous faites encore en Russie on vous a demandé de rentrer il y a 3 heures de ça.. Enfin, presque.
J'ai donc passé quelques nuits blanches à chercher des avions inextistant la caummunauté internationale ayant eu la lumineuse idée de couper d'abord les transactions bancaires, les liaisons aériennes PUIS seulement ensuite, exiger notre retour. Sans argent ni avions donc. Faire mes valises, essayer de revoir les amis que je me suis fait avant de partir ( un seul était libre le lundi soir, et je lui en suis totalement reconnaissante: apprendant que je devais partir en vitesse, il m'a proposé de se voir avant, malgré sa fatigue, m'a remonté le moral quand j'en avais le plus besoin, m'a faite rire, m'a offert un livre que je voulais lire et ce sans même le savoir... une perle!), ce qui a un peu adouci le départ. acheter une valise, faire le test PCR, remplir la valise, aller imprimer tous les documents, aller en cours, quand même le mardi et le mercredi autant que possible...
Le retour a été épique, entre retard d'avion, rallongement de vol, arrivée en pleine nuit dans un autre aéroport que celui prévu et dont je devais repartir en fin de matinée, bref, la pagaille totale, dans laquelle j'ai failli perdre mon bagage à main. Je suis partie le jeudi matin de l'université, arrivée en France le vendredi après midi, je me suis octoyée un peu de glandouille le week-end avant de reprendre le géorgien et .. outch, une semaine sans, ça fait mal!
Malgré tout,vaille que vaille, ça continue, et après un mois de décembre à minima, j'arrive à réaccorder un peu plus de tempsà la langue, et sans forcer, j'ai pris l'habitude de systématiser 15/20 minutes de musique à la radio le soir, avant d'aller me coucher ( et parfois comme je traine un peu j'entends "il est 3 heures" ( 2h00 en russie, donc minuit en France), ha tiens, en fait j'ai écouté la radio pendant plus d'une heure.
D'une pierre deux coups, parce que celle que j'écoute décrite comme " musique traditionnelle", mélange volontiers avec des choses plus récentes, plus pop ou jazz..
Oui, du jazz en géorgien ça existe. Il y a par chance peu d'autre choses, je n'écoute que d'une oreille quand ils diffusent une chanson en russe, j'ai aussi par deux fois entendu de l'hébreu et une fois du français, du grec ou de l'espagnol... Mais aurant dire que c'est raisonnable on évite surtout la variété banale en anglais diffusée partout ailleurs.
J'ai aussi commencé à attaquer les programmes éducatifs de " silk school" où il y a la présentation de l'alphabet lettres par lettre, vraiment pour les enfants de primaire, , mais ça permet d'entendre parler et de repérer " ha punaise j'ai compris une phrase, simple mais elle a dit "le canard est une oiseau" et " le canard de Marko est noir, youhou", de voir de nouveaux mots ( que je connais ou que je m'empresse de chercher dans un dictionnaire)...
Et là arrive le moment oups...
La dame répète souvent ასო-ბგერა, ბგერა, c'est le son ასო, c'est la lettre de l'alphabet, le caractère, mais aussi le membre (d'une association par exemple) . Donc son et lettre c'est le phonème en fait ( ou plus simplement la lettre)
Mais c'est aussi un autre genre de membre, plus, spécifique, et dont nous ne sommes pas dotées..., 😂
attention à la recherche d'image, on tombe sur de la biologie. ასო signifie aussi à peu près " zizi", et je me demandais pourquoi une recherche sur le terme lettre présentait aussi des schémas de ce qui fait la fierté de certains.
Les précedentes fois je vous parlais de magnifiques mots-pépites enpreints de philosophie.Ca ne peut pas être toujours le cas.
On va continuer sur cette thématique, hein, j'ai repris le film de la dernière fois, sur les amours masculines, puisque je l'ai a portée de main ( le film, j'ai le film à portée de main! Et non un monsieur qui voudrait bien que j'étudie sa euh... lettre en détail et en braille)
Et donc je l'ai revu, en deux fois maintenant que je connais l'histoire, en faisant plus attention au dialogue? puis je le découpe encore en plus petites unités, par séquences où je me concentre complètement sur ce qui est dit.
D'où l'intérêt de prendre un film qui vous a plu...
Mais tout ça mis pour à bout, donne qu'hormis les soirs où je suis vraiment claquée et/ ou les jours où je rentre vraiment tard, j'ai augmenté ma proportion d'écoute, et c'est une bonne chose. Il va me falloir aussi augmenter celle de lecture maintenant ( ce que je fais déjà avec les vidéos éducatives, même si c'est du niveau 4 ou 5 ans)
Je vais prochainement aussi chercher des textes courts, des chansons et les suivre en écoutant l'enregistrement.
Ah et un echec: j'ai essayé de mettre en place la goldlist pour le géorgien, mais c'est peine perdue, je n'y arrive pas cette méthode n'est vraiment pas pour moi, je n'accroche pas du tout. J'avais tenté avec le russe, mais mon sentiment était mitigé, j'ai la confirmation, je n'ai pas dépassé 2 listes, je n'arrive même pas à me motiver à les relire 15 jours plus tard. La répétition espacée me convient beaucoup, mais alors beaucoup mieux, j'ai besoin d'entendre très régulièrement les mots pour qu'ils me restent en tête. La goldlist fait double emploi en mois bien, et je me range à l'avis de l'eurolinguiste, ça demande beaucoup de temps pour quelque chose qui peut être fait beaucoup plus rapidement et efficacement autrement. Pour moi, en tout cas. Donc pas la peine de se forcer à quelque chose qui n'est pas rentable pour moi.
Et donc, puisque me voici de retour avec des cours de russe à distance, mais beaucoup moins d'immersion, je vais essayer ce mois-ci de réaccorder un peu plus de temps à la grammaire, et de reprendre plus systématiquement les manuels que j'avais ici et les sources trouvées en Russie.
défi linguistique et apprentissage des langues, je partage mes astuces pour s'améliorer en langues étrangères.
mercredi 9 mars 2022
9 mois en Géorgie
dimanche 12 décembre 2021
6° mois en Géorgie
Et après de loooongs mois d'attente, me voici arrivée en russie, il y a un peu moins de 3 semaines.
3 semaines pendant lesquelles, pour cause d'installation et d'intense activité administrative, le géorgien est vriament passé à petite vitesse.
hé oui, arriver pour étudier dans un pays étranger, c'est toute une odyssée. Installation, démarches diverses, cours, courses, découverte du quartier, vaccin local ( pas le choix, si je veux pouvoir dans les semaines qui viennent aller visiter les musées , aller au théâtre, au concert...)
Et faire commuer le certificat vaccinal en QR code est un parcours du combattant.
Mais, je suis à côté d'une des plus belles librairies du monde, un bonheur pour les amateurs de langues. En effet, pour qui apprend le russe, il y a des rayonages dédiés aux langues slaves: polonais, ukrainien et bulgare en tête, mais aussi tchèque, slovaque, croate, macédonien; Aux langues des anciennes RSS: kirghize, kazakh, turkmène, azéri, arménien, géorgien .. oh, j'vais fouiller là!
Il y a des méthodes de tatar ( seconde langue en nombre de locuteurs sur le territoire russe), beacuoup de ressource pour els langues des pays baltes et de scandinavie ( proximité géographique oblige).
Mais étonnamment, peu de choses sur les langues minoritaires, encore que j'ai vu un ou deux ouvrages sur le carélien et le vespe.
J'ai donc investi pour très peu cher dans un manuel "le géorgien sans tuteur", qui ne vaudrait rien employé seul, car il n'y a pas de support audio. Mais il a l'avantage de proposer des exercices autocorrectifs, donc vu que ce n'est pas un livre de qualité, je m'autorise à écrire dessus ( au crayon gris!). ainsi qu'un dictionnaire compact russe géorgien, qui contrairement à beaucoup, note la prononciation en alphabet plus ou moins API ( la plupart utilisent le truc d'écrire la prononciation du géorgien à l'aide du cyrillique, ce qui est pour moi une source de perturbation beaucoup plus qu'une aide, tant j'ai assimilé le cyrillique au russe)
| C'est parti! |
Et devinez ce qui est juste à côté de la résidence universitaire? un restaurant géorgien, que je suis bien sûr déjà aller tester.
Il y en a beaucoup à Saint Petersbourg, la nourriture du Caucase semble être à la mode. En tout cas, celui, juste au pied de l'immeuble est mieux que le premier que j'avais testé, donc pourquoi aller chercher ailleurs ce que j'ai juste à côté?
Et cette fois, après avoir évoqué des chanteuses, un danseur, un rikishi.. je vais présenter un peintre.
Jusqu'à il y a peu je n'en avais jamais entendu parler, et.. dans le fond, ses tableaux ne m'intéressent pas vraiment.
Mais son histoire est étonnante, bien que très emblématique de la vie des peintres à la fin du XIX° siècle, quel que soit le pays.
Il s'agit de Nikoloz Pirosmanachvili (1862 - 1918), alias Niko Pirosmani, spécialiste de peinture naïve ( ce qui n'est pas mon truc), représentant des costumes traditionnels, des activités traditionnelles géorgienne, des animaux stylisés, etc...
Et emblématique, dans le sens où il a vécu pauvre et est mort pauvre, n'arrivant pas à joindre les deux bouts la plupart du temps et exerçants divers métiers pour survivre: peintre en batiment, peintre d'enseignes pour magasins et restaurants, laitier etc... Il n'est pas mort lors de la I° Guerre Mondiale, mais de la grippe espagnole qui a immédiatement suivi, parce que affaibli par la misère et le manque de nourriture. Un parcours comme tant d'autres pour les artistes de cette époque, contraints de vendre leurs oeuvres une bouchée de pain, avec comm seule horizon la survie quotidienne.
Pourquoi en parler plutôt que d'un autre?
Parce que ce monsieur ordinairement si économe est connu pour une action d'éclat, totalement déraisonnable: En 1905, un théâtre français est venu en tournée en Géorgie. Il est allé voir la représentation est est devenu fan, absolument fan enragé de l'actrice principale, Maguerite de Sèvres. Une jeune femme libre qui préférait ne pas s'attacher à une personne en particulier, et estimant que son métier ses tournées ne lui permettaient pas d'avoir une relation normale avec quiconque. Jusque là, on ne peut rien lui reprocher, c'est une réaction pleine de bon sens. Autant rester célibataire plutôt que de se forcer et finalement condamner quelqu'un d'autre à être malheureux.
Niko est donc devenu un fan qui suivait partout son idole, lui envoyait des lettres passionnées, restait des heures devant son hôtel en espérant la voir et lui parler ( ce qui du coup faisait flipper Marguerite, on la comprend, qui évitait d'autant plus de le croiser. ) Et pour l'anniversaire de la vedette, Nikoloz qui n'avait pas un sou vaillant, s'est ruiné, a vendu tout ce qu'il pouvait vendre, et acheté tout ce qu'il a pu trouver de fleurs dans toute la ville pour les déposer sous la fenêtre de Marguerite, qui l'a quand même remercié, c'est un minimum.
L'actrice est repartie en France et ils ne se sont plus jamais revus.
Peut-on blâmer Marguerite? Assurément non, le monsieur ne lui plaisait pas, d'autant qu'il avait 23 ans de plus qu'elle. Donc gardons à l'esprit qu'elle avait 20 ans et son galant 43, et toutes les femmes nont plus ne cherchent pas un protecteur plus âgé, même à à cette époque. Elle n'a pas cherché a être poursuivie par un fan aussi envahissant et ne lui a pas fait croire qu'il avait une chance. Elle n'est pas non plus la cause de sa ruine, puisqu'il a lui-même décidé cette action déraisonnable qui lui a attiré attention et renommée, mais pas forcément dans le bon sens. Bon, la réalité a probablement été déformée, amplifiée, enjolivée...
Mais c'est le problème des gens qui font tout pour quelqu'un, qui ne leur a jamais rien demandé. Le public étant friand de ce genre d'histoires, c'est celui ou celle qui veut être tranquille, qui a le mauvais rôle et reçoit l'étiquette de sans-coeur, garce, monstre etc...
Mais cette histoire d'amour sans issue aurait fini par tomber dans l'oubli, en même temps que ses protagonistes si elle n'avait fait l'objet d'une chanson russe ultra célèbre, datant de 1982, Mиллион алых роз " un million de roses rouges". Je connaissais la chanson depuis longtemps, sans savoir qu'elle était liée un fait et à des personnages réels (impossible de trouver la moindre information en français sur Marguerite, probablement actrice au talent pas si inoubliable que ça, et seule cette histoire embarassante a laissé une trace... en URSS)
Dire que ce texte m'a toujours paru absurde, que j'y voyais une version symbolique et exagérée d'une déclaration d'amour. Une sorte de conte peu réaliste pour imaginations enflammées. Ce qui m'a fait penser " faudrait être dingue pour faire ça, ce n'est pas crédible ".
Ben, si, quelqu'un a réellement fait ça.
alerte kitsch, ce sont les années 80...
Жил-был художник один
(il était une fois un peintre)
Домик имел и холсты
(qui avait une petite maison et des toiles)
Но он актрису любил
(mais il aimait une actrice)
Ту, что любила цветы
(qui elle, aimait les fleurs)
Он тогда продал свой дом
( donc il a vendu sa maison)
Продал картины и кров
(il a vendu ses tableaux et son toit)
И на все деньги купил
( et avec tout cet argent, il a acheté)
Целое море цветов
( toute une mer de fleurs)
Миллион, миллион, миллион алых роз
(un million de roses rouges)
Из окна, из окна, из окна видишь ты
( que tu vois par la fenêtre)
Кто влюблен, кто влюблен, кто влюблен и всерьез
(celui qui t'aime est sérieux)
Свою жизнь для тебя превратит в цветы
(il a transformé sa vie en fleurs pour toi)
Ca peut faire rêver certaines, moi pas. Je préfère les gens plus mesurés et économes quand même. Et moins obsessifs. Et moins chelous en fait.
Pour moi, ça reste quand même l'histoire d'une femme qui est, dans le fond, victime d'un harceleur, a eu la magnanimité de ne pas porter plainte et d'un gars, probablement pas très stable émotionnellement, qui a poussé l'admiration bien trop loin. Donc il n'y a pas de coupable, seulement deux victimes.
lundi 1 novembre 2021
5° mois en Géorgie
Avec quelques jours de retard... où en suis-je?
Bon je continue mon petit bonhomme de chemin, de manière moins intensive que précédemment, d'un minimum de 15 minutes à un maximum de 1h20, chaque jour.
Mais je suis fière de moi: le 20 octobre, j'ai atteint 150 jours de révisions sans interruption. Même les jours où je n'avais pas la forme, plutôt que de ne rien faire, j'ai négocié avec moi: allez, juste 10 minutes d'efforts, tu fais de ton mieux dans la limite de ta possibilité du jour, et ensuite, tu vas te coucher. Pour une langue déjà bien ancrée en tête, un jour ou deux de "trou", ça n'est pas bien méchant. Pour une langue que l'on débute, désolée, je ne vendrai pas du rêve, mais il ne faut pas s'autoriser de "hoo pas aujourd'hui, j'ai la flemme/ pas la forme".
A part d'être dans le coma , bien évidemment, là c'est possible.
Mon départ en Russie se dessine , très prochainement, et donc entre les cours en ligne et les devoirs qui vont avec, les dernières démarches administratives, la préparation de la valise, j'ai vraiment plus de difficulté à progressser, mais j'arrive malgré tout à réviser tous les jours ce que j'ai déjà vu en grammaire et le vocabulaire, que faute de mieux je manipule pour moi même.
C'est à dire que puisque la liste trouvée sur Anki me propose les phrases " je prépare une salade de fruits" et "je mange un sandwich" et aussi par exemple: préparer, petit déjeuner, déjeuner, dîner, manger, sandwich, dans la cuisine, au restaurant, le cuisinier, plus quelques noms de plats etc..
Il est facile de chercher des phrases du genre, je prépare le dîner dans la cuisine. Le cuisinier prépare le déjeuner au restaurant. Je mange + un plat ou un ingrédient. Nous mangeons ( du khatchpuri :D) au restaurant, tu manges, tu bois etc...
Pour le moment, je vis au présent! Mais ça permet de m'approprier de vocabulaire, plutôt que de me contenter d'apprendre "à vide" des listes de vocabulaire.
Et alors les petites surprises du mois?
La dernière fois je parlais de Levan "Tochinoshin", géorgien qui vit et pratique sa disciplime au Japon ( en fait il y a eu un ou deux autres rikishi géorgien, mais qui ne sont pas parvenus aussi haut dans le classement). Et d'après l'interview que j'avais trouvée, le sportif expliquait qu'il avait eu des difficutés à s'adapter. Je me doute. Le géorgien et le japonais sont assez éloignés, une lanque qui contient un nombre conséquent de consonnes consécutives, vs une langue qui n'a qu'une consonne isolée ( le n). et pourtant je trouve régulièrement des faux amis, entre les deux langues, qui n'ont pas du faciliter la vie de Levan. Les mots ne se prononcent pas 100% pareil, mais sont quand même très proches.
En voilà une dizaine.
ანი : la lettre A
兄: le grand frère
Ara:
არა: non
Atami:
ატამი: la pêche
熱海: ville de la préfecture de Shizuoka
Kani:
კანი: la peau
蟹: le crabe
Karada
კარადა: le placard, l'armoire
体: le corps
Kari
ქარი : le vent
კარი: la porte
狩り: la chasse
ონი: la lettre O
Tani:
ტანი: le buste, le tronc
谷: la vallée
Uni:
უნი: la lettre [u], la fac ( Uni - versité)
海胆: l'oursin
et le plus drôle: taro
თარო: l'étagère
たろ : le couillon
d'autres "sonnent japonais" ( asaki ou dana par exemple) sans correspondre à quoi que ce soit en japonais ( d'après le dictionnaire en tout cas) et je dois dire que ça me perturbe parfois, je ne peux m'empêcher de chercher la correspondance en japonais.
D'autres faux amis existent avec le français, souvent par emprunt via le russe. Mais ça m'éclate de trouver des ressemblances/ différences entre une langue qui ne fait partie d'aucun groupe connu de moi, et celle que j'ai déjà apprises ou du moins survolées.Mon cerveau a une logique disons.. particulire et ça peut vous faire marrer, mais " karada" a été mémorisé instantanément: le placard, l'armoire d'un côté, le corps de l'autre. Ben oui: une armoire (à glace) c'est quelqu'un de très grand et très fort. Facile quand on a parlé d'une armoire à glace géorgienne au Japon:)
Ou "kani".. la peau.. le crabe. Un crabe n'a justement pas de peau!
Mais aussi de voir les emprunts, et comment ils se sont " propagés" d'une langue à l'autre. Plus on connait de langues, plus on peut faire ce genre de réseau. Et en l'occurrence, outre les mots internationnaux, et les emprunts français ou allemands, passés dans le géorgien via le russe, en fin de compte, ça fait quelques centaines de mots déjà connus. Même s'ils ne sont pas immédiatement utiles ( optimizmi, krizi, depressia, politika, teatri par exemple..) ce sont des mots " cagnotte" qui ne seront PAS à apprendre. Je peux me concentrer sur d'autres plus ardus à mémoriser ou prononcer, et sur la structure des phrases, en utilisant tout ça, sans avoir l'impression de ne pas progresser.
| L'image de motivation de cette fois, après le gâteau "sourire noir" et les khinkali, les aubergines farcies aux noix. Nigvziani Badrijani".. Mmm j'ai des aubergines et des noix, allez, je tente ça cette semaine! |
Donc je continue, vaille que vaille, je ne sais pas quelle forme cet apprentissage va prendre à compter du mois prochain, en fonction du temps libre que j'aurais, des possibilités de m'isoler ( moins garanti, dans une cité U), de la qualité du réseau internet. Et de l'accès ou non aux bibliothèques, Covid oblige Mais j'ai pas mal de ressources en lignes et /ou numériques, donc je vais quand même pouvoir régulièrement entretenir ce début de compétence.
mardi 24 août 2021
3 mois en Géorgie...continue ou pas?
La question se pose, puisque j'ai commencé mon petit défi le 24 mai en me disant, que je verrai au bout de 3 mois.
Puisque je devais à cette date être au mois sur le départ pour la Russie, et donc très occupée, les cours commeçant le 1° septembre.
or, ...
Et bien, je m'attendais à tout, sauf à un couteau dans le dos de la part de mon université.
La
France accepte de me laisser partir, les échanges d'étudiants sont
considérés comme une raison valable d'aller dans une zone rouge Covid.
La Russie recommence à laisser entrer les Français, sans distinction.
C'est la direction de mon université qui a pris la décision de ne pas
laisser partir les étudiants tant que la zone serait rouge. Certains
avaient reçu l'information que leur visa était en cours d'émission quand
même... Je n'arrive pas à comprendre cette décision, je ne vais pas
passer un an à faire des allers-et-retours , je suis vaccinée, j'aurais
eu une quarantaine à l'aller et en revenant en France.. . Et je ne suis
même pas sur site à Toulouse je ne risque pas de contaminer le campus,
j'habite à 400 kilomètres. La seule explication que je vois, c'est
que nous laisser partir, ça signifie surtout devoir accepter les
étudiants russes en provenance de la zone rouge... Mais ils auraient
aussi une quarantaine, donc je ne comprends PAS.
Que je ne puisse pas commencer en septembre je m'en doutais. Par contre
ce que je prends très mais alors très mal, c'est que l'université
m'informe le 26 août que ça sera comme ça tant que la zone sera classée
rouge: la Russie est classée rouge depuis plusieurs semaines. Et bordel! Le gouvernement estime que ça ne pose pas de problème pour les échanges universitaires. Samer! (ville du pas-de-Calais)
Mais donc vous
imaginez mon état de consternation et de colère. Ce qui signifie que je
prépare déjà les plans 2, 3, 4, 5...Et c'est peut être là que le Caucase
va devenir un atout, donc, je vais continuer à ménager une plage
quotidienne pour le géorgien.
4 possibilités se dessinent:
- Soit une réduction de ma mobilité au seul second semestre m'obligeant donc à m'inscrire aux cours pour le 1° semestre et à passer les examens en janvier à Toulouse et le second en immersion en Russie.
- soit un premier semestre à distance via le net et en présence à compter de février en Russie ( mais a priori, pas prévu par Saint Pétersbourg)
- soit, ce qui serait le mieux, mais le moins probable, le décalage de ma mobilité de février 2022 à janvier 2023, l'université de Saint Pétersbourg me le propose, mais j'ai peu d'espoir que cet arrangement soit accepté par la très rigide administration française, pour qui une année, c'est septembre à Juin et c'est tout. Enfin, parfois les miracles arrivent. Les professeurs référents n'y sont pas opposés, mais les instances de l'université n'ont pas donné leur réponse.
Ce qui veut dire ne pas passer les examens de janvier à Toulouse, puisque si je passe les examens ici, je n'ai pas à les passer là-bas et je n'ai pas de justifications d'y rester à la rentrée suivante.
La 4° étant évidemment que tout soit annulé si je n'ai pas reçu mes documents d'ici là ou si la frontière est refermée entretemps. Ce qui me mettrait vraiment mais vraiment de travers!
Et là, je devrais alors passer tous les examens de l'année entre mai et juin.
Donc pour le moment, vu que je n'ai rien d'autre de prévu, et que si c'est la première solution qui est retenue, les cours en France ne reprendront pas avant le 20 septembre, que ce soit par correspondance pour moi, sur place pour les autres, ou en vidéo conférence pour tous...
Je rempile au moins pour un quatrième mois, il me faut bien ça pour ne pas sombrer dans l'inertie à force d'attendre et de naviguer à vue sans savoir ce que je ferai dans 2 semaines.
Si c'est l'option 2 qui est retenue, cours par visio conférence avec la Russie, le décalage horaire fera qu'ils termineront assez tôt dans l'après midi me laissant donc du temps pour les autres activités sportives, musicales et intellectuelles. Donc, possibilité de continuer tranquillement aussi, à mon rythme.
L'option 3... paradoxalement, pas de cours avant février, ça me laisserait moins de temps, car petits boulots, recherches pour le sujet de mémoire et autre projets pro sur le feu.
Mais la promenade dans le Caucase me plaît, et j'ai bien l'intention de la faire durer.
Et donc les petites victoires de ce mois ci...
- Vaille que vaille j'arrive à 400 mots, ou un peu plus, je n'ai pas le compte exact ( j'ai hacké un peu de vocabulaire en listant les mots qui sont les mêmes en russe et en géorgien, et que donc, je connais déjà, à peu de choses près)
- J'ai eu l'occasion de prononcer 2 phrases, 2 ( par manque de temps). C'est peu mais c'est un début. L'interlocuteur était un allemand passionné de langues qui apprend aussi le géorgien et revenait de vacances là bas. Et au bout de 2 mois et demi, ce n'est pas rien d'avoir simplement osé. Et vu qu'on a gradé le contact et qu'il a des amis georgiens, en trouver parmi eux qui apprennent le français ne doit pas être très difficile.
- Je continue à déblayer tranquillement la grammaire, et peu à peu des points s'éclairent grâce aux nouvelles informations.
- J'ai eu une révélation
![]() |
| Moment " Euréka!" |
J'ai brièvement mentionné précédemment, une vedette dont j'admire le travail. Lui. Coup de foudre artistique: c'est vraiment la première fois que j'ai vu quelqu'un faire réellement du théâtre sans parole, donc il a clairement fait changer mon point de vue sur son art. Et, qui, outre le fait d'être excellent dans son domaine de prédilection est un monsieur cultivé, intéressant, féru de littérature, drôle... et polyglotte. La tête et les jambes. Comment pourrais-je ne pas être fan d'un gars comme ça?
Son nom en géorgien est mentionné sous la photo.
J'avais lu une interview en russe où il expliquait le sens de son nom de famille, qui a deux sens possible: le matin il signifie " l'aurore" et le soir " première étoile" , ce qui en fait un aptonyme tout à fait adapté à un danseur étoile. C'était déjà bien classe comme nom.
Mais plus exactement j'ai trouvé le sens exact de ცისკარი, l'aurore (ou donc l'étoile du berger), qui est composé des mots " ciel"ცა, décliné au génitif, et "porte"კარი .
L'aurore en géorgien se dit textuellement "la porte du ciel". Un mot valise comme on peut en trouver en allemand*
TILT!
Yep, Nikoloz "Porte-du-ciel". C'est magnifiquement poétique comme nom.
Au delà de l'anecdote , je trouve extrêment intéressant se savoir que le mot totalement officiel pour "l'aurore" est " la porte du ciel", ça en dit beaucoup sur l'approche culturelle, l'expressivité, et l'importance de l'art et de la poésie jusque dans les mots quotidiens. C'est d'ailleurs ce qui m'attire beaucoup dans cette culture: le goût pour l'art, la musique et la danse en premier lieu.
Nul doute que la langue cache encore d'autres perles de mots de ce genre, que je compte bien dénicher et m'en faire un collier!
Allez, quelques autres qui me plaisent bien:
ნაცრისფერი: "natsrisperi" gris, textuellement " couleur de cendre"
ღიმილი: " rimili", le sourire, qui donne le sourire, rien qu'à prononcer le mot.
![]() |
| ce gâteau s'appelle " sourire au noir" si j'en crois le dictionnaire, ზანგის ღიმილი. Je ne sais pas s'il y a des sourires d'autres couleurs, ou du sourire au lait et aux noisettes... je n'ai toujours pas le niveau pour les recettes, mais ce site me donne en effet le sourire en général |
ჩურჩხელა: "tchourtchkhela" outre que j'ai très envie de goûter, ça m'éclate de le prononcer.
ჩუხჩუხი: " tchoukhtchoukhi", le murmure, le clapotis de l'eau, à rapprocher de шуршание, le bruissement en russe, qui fait aussi partie de mes mots coup de coeur, avec ses synonyme, qui jouent tous sur a sonorité.
მიჯნურობა " midjnuroba", je l'avais déjà mentionné aussi, parfois traduit par " amour", c'est plus que ça, encore une perle. Il est lié au mot მიჯნა ( Midjna) " frontière, limite", c'est textuellement un amour sans bornes ( un mot très littéraire issu de la littérature courtoise du moyen-âge). Raide dingue en version moderne.
Et hop une fois de plus, la tiédeur et la demie-mesure n'ont pas leur place ici. Expressivité et enthousiasme.
* J'ai trouvé l'explication dans une méthode en allemand, bien plus complète que tout ce que j'ai déniché en français, je vais ajouter le lien dans les ressources. Evidemment elle exige un bon B2 en allemand pour s'en servir ( double bénéfice pour moi, ça me permet de garder le contact avec l'allemand, ce que je n'ai pas toujours le temps de faire)
allez pour le plaisir, comment dit on "aurore " en allemand?
Morgenrot: le rouge du matin. L'allemand et ses mots valises très descriptifs.
En français, c'est un emprunt direct au latin Aurora " lever du jour".. on ne peut faire plus factuel.
Je vais garder précieusement ma "porte du ciel", c'est nettement plus joli.
lundi 2 août 2021
S'adresser (poliment) à quelqu'un en géorgien
Voilà qui sera utile, en tout cas, je trouve intéressant de le savoir.
J'ai donc appris que:
- On s'adresse à quelqu'un qu'on connait peu en utilisant le pronom vous, comme en français. SIMPLE! Et "tu" pour les proches, évidemment.
-
Même en situation formelle, la manière de s'adresser à quelqu'un c'est
Monsieur/ Madame et .. son prénom: Madame Thamar, Monsieur Irakli,
etc... (totalement impossible en français, sinon, ça fait grand banditisme). Bon, ça implique donc de connaître le prénom de quelqu'un.
Mais quelque part, je préfère ça: il est plus facile de mémoriser le prénom de quelqu'un qu'un nom souvent long + le patronyme (cf le russe, qui oblige à des circonvolutions, puisqu'il n'y a pas de "monsieur, madame" et on ne dit plus depuis 30 ans camarade ou citoyen...) Qui n'est pas toujours évident à trouver. Et j'ai des réticences à m'adresser à quelqu'un sans l'équivalent d'un monsieur ou madame, j'ai l'impression d'être horriblement impolie 😅
Question
existentielle: si je fais connaissance - tout est possible avec les 6 degrés de séparation - avec la
vedette russophone d'origine géorgienne que j'écoute régulièrement, dois-je lui dire à la russe " Николай Максимович" ( Prénom + patronyme..
qui demande donc en plus de connaître le prénom du père de la personne. Bon, l'exemple pris est celui d'une vedette donc son patronyme est publiquement connu)
ou à la géorgienne " Bat'ono Nikoloz", soit " Monsieur Nikoloz"? L'un
paraît extrêmement formel, l'autre fait très " Monsieur mon pote " pour la
française que je suis...Ou vu qu'il parle français Monsieur + nom de famille, le standard chez nous, mais qui aux oreilles géorgiennes fait très froid, presque impoli, limite on claque verbalement la porte au nez.
Ce petit exemple trilingue simplement pour mettre en avant que les normes de politesse sont différentes dans trois pays et trois cultures différentes. En pratique, dans l'hypothétique cas précédent, maîtrisant mieux le russe, je commencerais pas le russe, quitte à enchaîner sur les deux autres versions en disant " ne sachant pas comment m'adresser à vous, voilà, choisissez" assorti d'un radieux sourire 100% français, qui semble-t-il fonctionne aussi en Géorgie ( ou alors le sourire immense est la particularité dudit monsieur), mais pas du tout en Russie. Car oui, il n'y a pas que la manière de parler à prendre en compte, mais aussi le paraverbal et ça, ce sont des informations très compliquées à trouver...
- Les prénoms ont souvent une voyelle finale
en i au nominatif, qu'il perdent quand on rajoute Monsieur et Madame: Daviti =>
monsieur Davit, Thamari => Madame Thamar. Mais pas toujours: Irakli
=> Monsieur Irakli garde son -i et, là, il n'y a pas moyen de deviner
quand on le garde et quand on l'enlève, c'est à l'usage. Non, ça va je ne râlerais pas, chaque langue a toujours un truc un peu aléatoire...
- On manque de repère et forcément dans une langue qui n' a pas de genre, les prénoms ne donnent pas d'indication. Ou pire, nos habitudes peuvent nous tromper. La proximité de la France avec l' Espagne et l'Italie fait qu'un nom en -a sera perçu comme par défaut féminin, or Gia et Beka sont des hommes. Le -o est perçu comme masculin, or Nino est une femme en Géorgie et un homme en Italie. Eliso est une femme (Elise)
Manana est une femme, mais son nom sera très dur à porter si elle vient en France. Tamazi (Thomas) est un homme, Thamari est une femme.
Je crois qu'à chaque prénom qui pose problème je vais rechercher des photos en ligne pour voir si je dois rajouter monsieur ou madame.
Et c'est là qu'arrive notre cas vocatif: il n'est pas casse-pieds du tout! En fait:
- mot en [i] au nominatif = la voyelle est remplacée par [o]
- mot en [a] ou [e] = on ajoute [o] après la voyelle
- mot en [o] ou [u] = on ajoute un [v]
- pluriel: tout se décline comme des mots en [i] sauf rares archaïsmes donc... peinard.
Et en fait, à part d'écrire de la poésie lyrique, il y a 7 mots qui ont encore un vocatif, 2 très utiles ( monsieur et madame), deux familiers (homme et femme, un peu au sens " hombre! mujer!" de l'espagnol), 2 qui servent uniquement à s'adresser aux prêtres et aux bonnes soeurs, et ..." dieu". Donc hors prière ou expression figée" mon dieu!", c'est peu utile.
Il reste donc
- ბატონი [ bat'oni], ბატონები [bat'onebi] : le monsieur, les messieurs qui devient au vocatif ბატონო! [bat'ono]ბატონებო![bat'onebo] plus le ou les prénoms, avec ou sans leur i, selon les cas, c'est ça le pénible.
- ქალბატონი [kalbat'oni] , ქალბატობატონი [kalbat'onebi], la dame, les dames qui devient au vocatif
ქალბატონო ![kalbat'ono]
ქალბატონებო![kalbat'onebi] Madame! Mesdames!
D'après le dictionnaire, c'est lié au verbe ბატონობა, régner.
Dans le fond, c'est exactement la même construction qu'en français:
seigneur => sieur => mon sieur ( respectueusement prononcé par les serviteurs) => monsieur
Et ქალ- c'est " la femme" + maître donc la femme qui règne en maître :en latin, domina (la maîtresse de maison "domus") => dama => dame => Ma dame=> madame.
et pour le familier:
- კაცი [k'atsi] : homme, être humain => კაცო [k'atso]: hombre! bonhomme, l'ami, mec! à éviter en contexte formel quand même
- ქალი [kali]: femme=> ქალო [kalo]: mujer! ( je ne pense pas que ce soit aussi familier tendance grossier qu'en français)
Hop, une chanson qui comporte ქალო dans le titre
ici, c'est plutôt "petite": "petite, ne tombe pas amoureuse, ne te maries pas, tu es encore jeune, reste chez toi et grandis d'abord" ( quelqu'un a eu la bonne idée de traduire le texte en anglais, merci). Apparemment toute l'école du coin la connait, ça doit être une chanson traditionnelle.
et "ho mon dieu":
- ღმერთი [ɣmɛrti] => ღმერთო !
ღმერტო ჩემო ! Mon dieu ( enfin, dieu mon!, l'expression est à l'envers par rapport au français)
Et c'est tout, concrètement ( pour les bonnes soeurs, c'est "mère" et pour les curés c'est "père" au vocatif, donc là encore, rien de perturbant pour les francophones. Mais rien d'urgent non plus)
Et donc jusqu'ici tout va bien.
lundi 26 juillet 2021
Consonnes aspirées contre consonnes glottalisées : la revanche
Et c'est parti pour la seconde série. Les précédentes remarques valent donc aussi pour celle-ci..
La bonne surprise : il n'y en a pas 6, mais 5, l'une des consonnes glottalisées a perdu sa jumelle aspirée au fil du temps
La mauvaise surprise: celles-là sont vraiment plus compliquées à prononcer .
ც [t͡sʰ] tss. Comme il n'y a rien chez glossika, je vais chez silk school, donc merci la prof.
un petit exemple: ცა, le ciel, jusqu'ici tout va bien.
ჩ [t͡ʃʰ] Tch, comme tchoutchou
ჩაი: le thé, chai comme en hindi, pas de souci.
ჩურჩხელა: voilà j'en ai parlé dans le sujet précédent. Je note que la vidéo et moi sommes en accord sur les exemples: le thé, les tchourtchkhela
Et les glottalisées correspondantes
წ [t͡s’]. Le cornet de glace. Pour moi ça évoque un petit tsss d'insectes, peut être parce que je vis dans une région de cigales et de grillons
წიწილა: le poussin pour toutes sortes d'oiseaux, le poulet en particulier (par égard pour les végétariens qui passeraient par là, je ne mettrais pas d'image, ne cliquez donc pas sur le lien suivant si ça n'est pas votre truc mais j'ai trouvé une recette de poulet grillé en sauce aux mûres et aux noix qui est curieuse, mais que je testerais volontiers, sifflez, j'm'en fiche)
ჭ [t͡ʃ’] une sorte de noeud de corde. Merci une fois de plus madame..donc le mot exemple:
ჭაჭა : une liqueur de raisin qui peut rappeller la grappa italienne. Et vu la teneur en alcool, m'est avis que tu tangues ensuite autant que si tu dansais le chacha ( on fait ce qu'on peut pour mémoriser)
ყ [q’]: LA consonne isolée, à tous les sens du terme. Elle a perdu son équivalente aspirée, mais aussi n'existe pas à ma connaissance dans les langues européennes.
Faute de mieux:
Même si les georgiens qui commentent insistent sur le fait que le [q'] géorgien est plus doux que ça.
Une vidéo uniquement consacrée aux consonnes glottalisées [t'] [k'][p'][t͡ʃ’][t͡s’]. Ce gars m'épate, les anglophones ne sont pas habituellement réputés pour leurs prouesses de prononciation...
Et , séparément le [q']
et quelques mots contenant la consonne en question
Beaucoup sont liés à l'eau: eau, source, glacier, grenouille...
ყავა: mon elixir , ma dose de motivation, mon caoua . Et le voilà en farsi, je pense que la prononciation géorgienne est très influencée par celle des voisins.
nightmare mode:
წყალი [t͡s’q'], deux consécutives...et ce mot difficile signifie simple " eau", donc pas le choix d'apprendre à le prononcer si vous ne voulez par mourir de soif. Ou vous contenter de thé et de liqueur tchatcha" plus facile à prononcer.
dimanche 25 juillet 2021
Deux mois en Géorgie ( toujours virtuellement)
Parce qu'il est important de voir les petits jalons se poser peu à peu... c'est ce qui distingue un apprentissage actif d'un apprentissage passif.
- J'ai réussi à ne pas casser la chaîne de révision en 2 mois, et c'est déjà bien, même les jours où je n'ai pas été en forme, ou je n'ai pas eu beaucoup de temps, j'ai réussi à caler au moins 10 minutes de révision plus facile. Je ne peux pas en dire autant de l'allemand, par contre, j'ai plus de mal à me motiver arrivée au palier B2..
Et ce même le 24 et les jours suivants, où j'étais au lit avec la fièvre suite au vaccin covid. Malade, mais j'ai quand même réussi à faire 5/ 10 minutes de révision simple de vocabulaire. Non seulement je suis fière de moi, mais j'ai un peu moins l'impression d'avoir perdu deux jours pleins à ne rien faire.
- Je kiffe cette découverte d'une langue totalement inconnue de moi, d'un système que je ne connaissais pas encore et pour lequel je n'ai pas de repère. Je savoure même le fait de faire ça totalement gratuitement, hors de toute contrainte, ou raison autre que " on verra bien où ça va me mener". Probablement à visiter le pays un jour. En tout cas je l'espère. Même si, de manière moins idéaliste, mais quand même " plan sur la comète", une partie de moi se dit que le pays pourrait bien être un des prochains à rejoindre l'union européenne, avec l'Ukraine, donc avoir des bases dans la langue pourrait devenir un atout, à partir du moment où les échanges s'intensifieront.
- 24/05: début de l'expérience et 4 premières lettres vues.
- 18/06: 25° jour, tout l'alphabet appris.
- 24/06: 1 mois tout pile. Sont sus: l'alphabet, quelques noms de lieux et la manière correcte de s'adresser aux gens. Vus et à réviser: le nominatif, le génitif et le vocatif.
- 01/07: établissement d'une liste de 100 mots et expressions
- 05/07: premières phrases à l'écrit, publiées officiellement et tout, en commentaire d'une vidéo youtube. Apparemment on a compris ce que j'ai écrit, donc ça va :D
- 07/07: 100 mots connus!
- 11/07: liste de 200 mots (presque tous connus)
- 16/07: le datif et le présent des verbes de base.
Et la bonne surprise de trouver ça assez simple et intuitif, alors qu'on m'a parlé d'un système verbal presque digne de l'appel de Cthulhu.
- 24/07: donc deux mois. J'y ai passé en tout 57h00, donc un peu moins d'1h00 par jour en moyenne. Les petits ruisseaux font les grandes rivières et 5 minutes par ci ou par là c'est toujours ça de pris. Même si par habitude, je préfère y consacrer le temps de 23 à 00:00 voire plus. Je suis plus efficace pour la nouveauté à ce moment là, et dormir dessus consolide ma mémoire.
L'alphabet est bien maîtrisé, et, à part quelques petites hésitations sur la graphie manuscrite de quelques lettres plus rares, ça commence à devenir naturel d'écrire en alphabet georgien. Je lis avec la vitesse d'un enfant de maternelle, et bute encore sur les mots longs et inconnus, ça commence à s'arranger.
Je découvre avec joie des choses comme "purée il est dur le mot pour dire " bleu".. attends mais cette partie qui revient tout le temps dans les noms de couleurs.. est-ce que ça ne veut pas dire "couleur" en fait. Yeap! Bleu = couleur du ciel, rose = couleur de rose, gris = couleur de cendre ... youhou, j'ai deviné toute seule, trop bon". Et ce genre de chose, le passage entre " hein, quoi?" et " ha, mais en fait c'est tout bête" est absolument excellent pour comprendre la structure d'une langue et mémoriser.
Je connais à peu près 250 mots. Certains bien fixés, d'autres encore un peu hasardeux, mais ça s'améliore de jour en jour.
Ca parait peu, et c'est effectivement peu pour communiquer, mais je rappelle que je suis partie avec un bagage de 5 mots. C'est 50 fois plus.
On oublie en général ce paramètre, et de fait, c'est la première fois que je quantifie vraiment un apprentissage. Evidemment ça prend du temps et je ne le ferai pas sur du très long terme, d'autant que plus on avance, plus on fait du sur-place, telle Alice de l'autre côté du miroir.
L'expérience va se prolonger, et probablement bien au delà des 3 mois d'été, vu que mon espoir de pouvoir partir en Russie en septembre est fortement compromis par la situation politique et que les universités ne nous ont pas encore proposé de solutions de secours.
Je n'ai pas encore vraiment abordé l'affaire de l'ergatif, je garde ça pour aout.
Et hop , le petit point culture/ nourriture, après les khinkali: j'ai maintenant incroyablement envie de goûter au ჩურჩხელა (tchourtchkhela), même si je n'ai absolument pas encore le niveau pour lire et tenter la recette. Et dommage, ça ne se trouve pas hors du pays, la fabrication est artisanale, je suis obligée d'aller un jour sur place pour tester.
Ce n'est pas une saucisse, ce n'est pas une bougie, même si la fabrication rappelle celle des bougies: c'est un bonbon tout en longueur, fait de noix enfilées comme des perles sur une ficelle, et le tout trempé dans un enrobage de jus de fruits (en général de raisin) et de farine. Une fois séché, ça donne ces bâtons de fruits secs enrobés de caramel de fruit.
Même si je ne suis pas trop fan de sucré, et que ça doit faire 2000 calorie la miette, avec un café, ça doit être sympa. Zéro conservateur, zéro colorant ( mormalement!)
Et pour l'anecdote, on pense en général bonbon = gourmandise = enfants...
Il s'agit en fait d'un en cas que les guerriers emmenaient sur le champ de bataille: solide, peu encombrant, sain, énergétique, tout ce qu'il faut pour faire la guerre. Préparé spécialement pour cette occasion.
Et dans ma tête ça donne un dialogue comme ça
Guerrier : Mamie, je viens te dire au revoir
Mamie: où vas tu, mon petit?
- A la guerre mamie, à la guerre
- Attends, ne pars pas comme ça, il ne faut pas se battre le ventre vide, emmene-donc ton petit goûter, amuse toi bien!
Bon, ben rendez-vous dans quelques temps pour d'autres élucubrations linguistico-culturo-culinaires!
lundi 28 juin 2021
piège graphique n°2
Parce que autant certaines lettres sont complètement unique, autant d'autres peuvent piéger...quand ce n'est pas la prononciation qui est ardue, c'est la graphie. Les fautes d'orthographe ne sont pas loin par manque de maîtrise
Après ვ კ პ et ო რ
ბ [d] et გ [g] encore deux bien proches:
ბ est posé sur la ligne et a un crochet qui fait un angle, გ a un crochet rond par lequel il semble accroché à la ligne.
დ [d] et ღ [ɣ] Ce deuxième caractère représente un son qui se rapproche d'un gros R français, mais en moins "rêche". Mais attention à la boucle du premier...
ძ [d͡z] et მ [m]et შ [ʃ]: là encore seule la taille de la boucle diffère, mais le premier peut en manuscrit se tracer sans boucle (comme une blanche en musique), ça limite les erreurs.
et ce ne serait pas drôle s'il n'y avait pas la stéréo....
ხ [x] et ნ [n] et წ [t͡s’]. Le premier n'a pas toujours son petit trait supplémentaire et le dernier peut être arrondi en bas au lieu de triangulaire, ce qui en fait un inverse de la série précédente. Je préfère la forme "cornet de glace", plus distincte.
Peut être que d'autres personnes auront des soucis avec d'autres lettres, mais mon problème est vraiment la mémoire visuelle, donc dès que ça se ressemble trop, écrire, et réécrire pour utiliser la mémoire du mouvement, en répétant le son à voix haute pour associer l'associer au mouvement. C'est la seule manière possible de mémoriser pour moi.
jeudi 24 juin 2021
Un mois ( virtuellement) en Géorgie
Et comme prévu, j'ai passé ce mois entier à apprendre l'alphabet géorgien, tranquillement, par groupes de trois ou quatre lettres, avec une moyenne de 1h00/ jour. Donc oui, c'est largement plus que ceux qui ont mis quelques heures.
Mais je l'ai dit, c'est parce que je prends mon temps: je n'apprends pas seulement à lire et à écrire mais aussi, à prononcer.
Plus exactement, j'ai pris 25 jours pour voir au moins une fois toutes les lettres, les 5 autres jours ont été de la révision de tout.
Donc bilan:
- J'ai mis approximativement 30 heures et autant de jours.
- j'ai du mal avec la graphie de certaines lettres manuscrites, et.. pas forcément les plus cheloues en fait ( mes [u] sont très moches, alors que ce n'est pas la lettre la plus étrange) => va falloir continuer à faire des lignes
- j'ai eu moins de difficultés que je ne le pensais avec la prononciation, paradoxalement les aspirées me sont plus compliquées que les glottalisées, peut être avec des années d'entrainement de " k' k' k' k' " en chant.
- le [q'] est encore problématique: pas de chance , on le retrouve dans de nombreux mots liés à l'eau, de près ou de loin. Ainsi que dans le café. Donc apprendre à la prononcer est une question de survie: comment ferais-je sans eau et sans café. Je serais obligée de boir de l'alcool et ça... c'est exclus ( oui, je sais, le vin est la spécialité locale. Je vous ferai remarquer que le vin est aussi la spécialité de mon propre pays et que je déteste ça)
- je crois que malgré tout, le son qui me pose encore le plus de problème c'est le /t͡ʃ’/ ჭ. Celui là est redoutable. En fait c'est surtout que je n'arrive pas encore à trouver l'articulation exacte qui le différencie du [t͡ʃʰ] ჩ aspiré.
Mais je suis aussi obligée d'y arriver, sinon je ne pourrais pas manger de ხაჭაპური, le plat national ou presque. Comme ça. Ou ça. Ou ça. Des galettes au fromage.
Au fromage! L'amour du fromage va peut être réussir mieux que la passion du café et la détestation du vin.
Je crois qu'il va falloir simplement que j'exagère beaucoup l'aspiration des consonnes aspirées, ce sont vraiment elles qui ne me sont pas naturelles.
- /ɣ/ ღ : celle là me faisait un peu peur, parce que proche du "R" français, mais pas tout à fait. Et je dois l'avouer je ne SAIS PAS prononcer nos R, si typiques, qui font reconnaître un français ou une française à 10 kilomètres et que le monde entier moque. Avantage, on ne sait pas exactement de quel pays je viens.
Mais j'ai toujours eu en cours de chant, la remarque que mes R sont trop doux, pas assez audibles, et que parfois, je les prononce de manière tellement discrète, surtout lorsqu'ils sont en fin de mot qu'on me croit.. étrangère. Mon bonjour ets un "BONJOUr", voire un " Bonjou'"
Et j'ai compris! Depuis toujours, probablement sous l'influence de l'accent régional et de la proximité avec l'Italie, je prononce un R beaucoup plus palatal que la moyenne , surtout en fin de mot, après ou avant une consonne sourde, quelque chose entre [χ], [x] et [ɣ]
De fait le " ach so! " allemand ne m'a jamais posé problème, c'est mon son presque par défaut. Mon " défaut d'élocution" est ici un avantage
Et maintenant que l'alphabet est appris?
Petite pause culturelle, avec un recueil de nouvelles d'un auteur géorgien, enfin, la traduction en français: l'auteur a rédigé en russe, je compare le texte original et sa traduction. Donc, c'est long fatalement.
Mais c'est une immersion culturelle, puisque l'immense majorité des nouvelles est autobiographique, se passe à Tbilissi, le texte russe joue volontiers avec l'orthographe pour rendre l'accent des personnages...)
D'ailleurs , voilà une petite vidéo ( en anglais), où un prof de russe explique différents accents des régions russophones: Ukraine, Géorgie, Arménie, Tchétchénie, Nord de la Russie.
Où l'on apprend que l'accent ukrainien est perçu comme marrant et mignon par les russes, que l'accent géorgien est considéré comme délicat, voire "tendre", tandis que les autres..
Je dois dire que je comprends bien, par habitude l'accent ukrainien, qu'à force d'écouter une vedette géorgienne parler en russe, je le comprends pas mal non plus ( en tout cas je comprends assez bien l'acteur de l'extrait de film utilisé), mais vingt -dieux: les accents arménien et tchétchène, je ne comprends pas grand chose.
- écouter des chansons en VO.
Et puisque j'ai trouvé le " beginner's georgian" ( voir sur la page des ressources), j'ai commencé par ça: Revoir la prononciation, + un point culture fort intéressant sur "les noms et prénoms: comment s'adresser aux gens". Et puis, ben, va pour les chiffres de 1 à 10, les jours de la semaine, les moments de la journée, bonjour au revoir, etc... mes premières phrases seront de répéter pour moi même: "bonjour. aujourd'hui, c'est lundi soir, il est 5 heures." histoire de devenir l'horloge parlante et " La grenouille coasse dans l'eau" un virelangue prononcé ici par un américain qui s'en sort plutôt pas mal.
Je n'ai pas encore de plan défini pour le mois qui vient à part explorer les sources que j'ai listées, trier le vocabulaire que j'ai vu en " utile" et " secondaire", en me basant sur le Beginner's georgian et en écoutant des choses sur youtube ( fut-ce l'histoire du vilain petit canard, que j'ai trouvée lue avec le texte en regard) pour essayer de mieux assimiler les sonorités, l'accentuation et la prosodie.
Et sinon, pour fêter ça, j'ai trouvé de quoi faire à l'épicerie slave pas loin de chez moi, en allant chercher du tvorog et du kvass.
Alors oui, des khinkali industriels, mais bon, j'ai marqué le coup (et même dès hier). Ils étaient bon, et je me dis que si j'ai aimé les khinkali surgelés, qu'est-ce que ça doit être préparés par une mamie caucasienne :)
Ca se sert donc avec une bonne dose de poivre, ce qui n'est pas pour me faire peur, de la crème, du beurre ou du vinaigre. Hé bien je préfère avec un filet de vinaigre.
J'ai trouvé une information essentielle sur un site de cuisine: un vrai bonhomme géorgien (du genre Vladimir Maïakovski et ses plus de 2m de haut) est capable d'en manger 40. Les touristes et les femmes sont autorisés à en manger moins. Encore heureux, avec 10 ( pas trop énormes) j'étais calée :D
lundi 14 juin 2021
Piège graphique n°1
Attention aux pièges graphiques!
Je ne parle pas ici des lettres que j'ai plus que d'autres du mal à tracer, mais bien de ça, là, juste en dessous.
Autant certaines sont uniques et ne peuvent pas se confondre, autant d'autres se ressemblent beaucoup et sont faciles à mélanger. Du coup je vous partage mes réflexions.
ვ [V]: un "3" ou presque, dont les deux boucles sont de part et d'autres de la ligne d'écriture
კ [K'] un "3" auquel il manque un petit bout de la boucle du haut, mais placé de la même manière que le V ( et je galère à mort pour ne pas écrire un beau 3 bien entier). Mais en manuscrit on peut lui faire un petit crochet vers le haut, qui risque de le faire ressembler à un [p']
პ [P'] lui a bien son crochet, autant ne pas se priver de bien le marquer. Et pour le différencier d'un [k'] mal tracé, il faut faire gaffe à bien poser la boucle du bas sur la ligne d'écriture et pas en dessous.
Et si on met les trois côte-à-côte, le [p'] parait décalé vers le haut
ვკპ
ვიკიპედია
Que signifie ce mot? Un de tes meilleurs amis quand tu apprends une langue;) Vik'ip'edia
Un autre piège?
ო [ɔ] et რ [r]
ორი [ɔri] deux
ოქრო [ɔ.kʰrɔ] l'or
En plus, ils aiment bien se suivre, ces deux là. J'ai mémorisé qu'ils se ressemblent, mais que le R a une patte en l'r, et que mon astuce vaut de l'OR. On fait comme on peut!
Je commence à arriver à les différencier, mais... c'était pas gagné.
Rassurez-vous, il y aura un piège graphique n°2 quand j'aurai appris les autres lettres qui peuvent se confondre.
Mais, remettons les choses dans le contexte: l'alphabet latin n'est PAS facile. Nous sommes simplement plus habitués. Imaginez celui qui l' apprend pour la première fois et tombe sur un mot comme "rococo" ou "cocorico". Ou même "maman" , "emmener".
Sans parler de notre écriture manuscrite scolaire dite " élégante" et extrêment difficile à lire avec les pleins et déliés. J'ai appris à écrire avec ce genre de modèles, et pourtant j'écris comme un chat ( au passage, ces exemples de cours de morale se mettent les majuscules dans la poche)
le m et le n ( et parfois le u quand c'est moi qui écris)
le i et le j
le j et le g
le h, le l et le b.
les r qui changent de forme selon qu'ils sont dans le mot ou à la fin.
Et encore, il n'y a pas les majuscules, j'vous dis!
![]() |
| pourquoi ces lettres se ressemblent autant, ils sont fous ces romains! |
lundi 7 juin 2021
les bonnes nouvelles de Géorgie... et les moins bonnes
Bonne nouvelle n°1, que j'ai apprise avec plaisir: en géorgien une lettre = un son. Il n'y a pas XYZ
manières d'écrire un son, ça c'est notre spécialité 🇫🇷, autant que la baguette et le camembert.
Bonne nouvelle n°2: l'écriture est monocamérale. Qu'est ce que c'est que ce truc?
Rien de politique.
J'ai appris ça alors je fais circuler l'info parce que ça m'éclate.
Depuis toujours en français nous employons un système de "casse bicamérale", c'est à dire tout bêtement des majuscules et minuscules.
Qui peuvent être différentes entre elles, on n'en a plus conscience tant c'est ancré, su, appris mémorisé, évident qu'il y a des majuscules et des minuscules qu'on n'a même plus la sensation d'utiliser des codes graphiques très différents selon la place de la lettre dans la phrase.
A-a. B-b; D-d; E-e; F-f etc.
En fait ce sont les cas où les deux lettres sont de la même forme qui font exception: C-c. O-o; P-p.
Pour quelqu'un qui vient d'un système monocaméral, ça fait 2 alphabets à apprendre en même temps, pour indiquer la même lettre, dont la forme varie parfois beaucoup pour la seule raison qu'elle est en début de phrase ou d'un nom propre:
![]() |
Et encore, je ne parle que des caractères typographiques, si on rajoute les variantes manuscrites, c'est la teuf...
Bémol: bah, oui, donc pas de majuscule indiquant un début de phrase ou un nom propre, ou même un nom commun (les allemands frémissent d'horreur à cette pensée).
Bonne nouvelle n°3: de ce que j'ai trouvé ici où là, en ce qui concerne les formes de politesse, c'est comme en français : 2° personne du pluriel. Là ce sont les anglophones qui n'aiment pas cette idée, les mains dans les poches pour nous.
Bonne nouvelle n°4: il y a des déclinaisons, certes mais avec 7 cas seulement. C'est plus que les 4 de l'allemand et les 6 du russe, mais loin derrière le finnois (15) ou d'autres langues caucasiennes (routoul, lak ou tabarassan, record du monde avec officiellement entre 47 et 53 cas selon les dialectes. Officiellement, ça peut même être beaucoup plus selon les linguistes. Donc ça reste plutôt tranquille.
Bonne nouvelle n°5: il n'y a pas d'article, et les substantifs n'ont pas de genre, donc même s'il y a des mots comme homme, femme, père mère, frère soeur etc.. on ne se casse pas la tête à savoir si le genre biologique correspond au genre grammatical: sans objet.
Et le roi Thamar est une femme: partout on trouve cette explication " elle gouvernait avec l'efficacité d'un homme" mais j'ai trouvé l'explication suivante dans un fil de discussion sur la langue géorgienne, par cdes géorgiens " tout dirigeant est nommé "roi" du moment que c'est lui ou elle qui dirige. "reine " est réservé à la femme du roi, si le roi est une femme, il n'y a pas de reine, c'est tout. D'ailleurs sa fille a été roi après elle" Donc il vaudrait mieux traduire le mot roi par " souverain" ou "chef d'état". Bon, je veux bien les croire concernant leur propre langue, hein...
Bonne nouvelle n°6: Corrollaire de la précédente: il n'y a pas de genre à la 3° personne: pas de il, elle ou ça. Un seul pronom. Enfin une langue qui ne va pas me prendre le chou parce qu'il n'y a pas de pronom neutre, blabla, c'est inacceptable, ha non mais en allemand ou en anglais le pronom neutre est inanimé, ça ne va pas faut en inventer un neutre inanimé. STOP! Visiblement la langue géorgienne a décidé de concentrer ses efforts de complication dans un autre domaine. Mais du coup, ça fait un seul pronom à apprendre au singulier comme au pluriel!
Bonne nouvelle n°7: les mots finissent très souvent une voyelle. Pas toujours, mais pour l'instant, le peu que je trouve et qui finissent en consonne sont des mots très courts, comme des pronoms.
Je suppose que les déclinaisons doivent se faire en fonction de cette voyelle finale. Même les mots étranger empruntés, qui se voient coller un i ou un o final quand ils finissent par une consonne. A se souvenir pour transcrire son nom ou son prénom.
Mon nom finit par un "et" prononcé "é". Si je ne veux pas me retrouver avec un " eti" à l'intalienne, j'ai intérêt à le transcrire phonétiquement.
Aéroport => Aeroporti. Computer => Computeri. Voilà.
Bonne nouvelle n°8: on compte en base vingt. MERCI!!!!
30? : "Vingt et 10". 40 " deux vingts". 50 " Deux vingt et 10" . Voilà,ça c'est, pour tous ces anglophones qui se moquent de notre soixante et dix, quatre vingt et quatre-vingt dix, prétendant que ce serait la chose la plus incohérente au monde. Non, c'est juste un vestige d'un système de base vingt que les romains ont pollué avec leurs quarante, cinquante , et soixante :p
Moins bonne nouvelle n°1: les cas comptent un ergatif, un truc que je n'ai jamais rencontré ailleurs jusqu'à présent, et qui apparamment remplace le nominatif selon la transitivité du verbe .
Moins Bonne nouvelle 1.bis: des verbes transitifs et intransitifs, et ça peut vite devenir chelou, un verbe transitif dans une langue ne l'est pas forcément dans une autre ...
Moins bonne nouvelle numéro 2: le système de verbe est réputé très compliqué et irrégulier.
Ca peut faire flipper un anglophone ou un chinois dont la langue est moins branchée verbes.
Mais nous... nous avons le necronomicon:
Donc je peux déjà supposer qu'en géorgien aussi il y a les priorités verbales (présent, passé, futur), et tout un tas de trucs qui doient servir une fois par décennie, donc à laisser pour plus tard, si je vais jusqu'à plus tard.
Parce que oui, des mots comme " Gvprkstvni" * ( tu nous épluches) sont théoriquement possibles - en français aussi d'ailleurs - mais apparemment c'est plutôt de l'argot ( faire dépenser beaucoup d'argent à quelqu'un, mmm une traduction possible et pas si éloignée pourrait être "coûter la peau du...🍑" merci les participants à la discussion)
Je croise juste les doigts pour qu'il n'y ait pas de pinailleries comme les verbes de mouvement russes.
Bon a priori il y a quand même 4 fois plus de bonnes que de moins bonnes nouvelles.
Et puis comment résister à une pépite de mot expressif comme celui-ci?
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| image transmise par une vraie géorgienne, donc je lui fais confiance |
*10 lettres dont une seule voyelle. Peut mieux faire? Oui, le tchèque a des phrases entières ( tout aussi théoriques) sans voyelles Smrž pln skvrn zvlhl z mlh: une morille tachetée se mouilla dans la brume. Pas facile non plus à caser.
vendredi 4 juin 2021
Pourquoi le géorgien?
Suite logique de l'article précédent...Sans compter que cette question on va fatalement me la poser si je dis que j'ai décidé d'apprendre (un peu) cette langue. J'ai déjà eu la même avec le russe " mais pourquoi tu apprends le russe, c'est pas utile, apprend l'anglais, alors "yes, indeed: toute le monde le parle. Moi aussi d'ailleurs, un autre question?"
C'est devenu aussi indispensable et aussi peut distinctif sur un CV qu' "avoir le bac". Un prérequis, mais qui ne fait plus la différence entre deux candidats.
Russe, chinois,arabe, japonais, portuguais, ça permet encore de se démarquer...
Les langues plus rares, elles, ne sont pas forcément un atout direct, mais le recruteur qui voit " hindi" ou "indonésien" peut en arriver à la conclusion: ce candidat a une curiosité intellectuelle et une ténacité que d'autres n'ont pas.
Revenons à la Géorgie.
Soyons honnêtes: beaucoup de gens ne savent pas où est le pays, ils risquent de confondre avec l'état des Etats-unis . Je peux m'attendre à toute la série des questions " c'est où?", "C'est pas vers l'Inde un truc comme ça?" ou " C'est pas vers la Grèce, un truc comme ça?". Voire " Ah ouais, du côté de la Turquie, mais, on parle turc là bas non?", " A côté de l'Arménie... mais c'est pas un dialecte de l'arménien, le géorgien?"
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| Je suis sûre que si je montre cette image et que je demande aux gens " A votre avis, c'est où?" j'aurais des réponses comme " Italie" ou " Toscane", voire " Pyrénées" |
Donc oui le pays n'est pas très connu, sa langue encore moins, la culture locale, n'en parlons pas et.. c'est presque mieux, dans le fond. On évite peut être un peu les clichés à touristes et/ou racistes.
Je l'ai donc dit précédemment, il y avait d'autres possibilités. Du moins une autre possiblité importante, qui me tentait également. Donc pourquoi le géorgien plutôt que l'arménien?
Parce que le hasard, ou le destin? pour ceux qui y croient - a attiré mon attention sur la Géorgie depuis quelques années. A commencer par l'ULB. chaque jeudi en attendant la répétition de choeur, en hiver, je mangeait mon sandwich dans un hall en face d'une agence de voyage(- oui,il y a une agence de voyage dans les locaux de l'université ) et je rêvassais devant les offres. Or celles pour l'Arménie et la Géorgie me tentaient beaucoup plus que celles pour les iles paradisiaques. La montagne me tente beaucoup. Et va savoir pourquoi je me suis dit" si j'avais le temps et les sous, je me renseignerais pour ce voyage". Je me suis un peu penchée sur la question, et plus je découvre de choses à son sujet, plus j'ai envie d'y aller et de creuser. Donc léger avantage sur son voisin ( même si je dois reconnaître que Serj Tankian qui chante en armémien et la poésie de Vahan Teryan, et la cuisine arménienne sont aussi des points intéressants.)
Je crois que c'est le fait qu'au moyen-âge, une femme ait pu en être roi, et le fait que ce soit une présidente* qui dirige le pays qui a joué. Tiens, un pays qui n'a pas peur d'être dirigé par des femmes, ça pique ma curiosité.
* présidente parfaitement francophone, née en France et qui tente de rapprocher le pays qu'elle dirige de celui où elle est née. Elle est d'ailleurs cousine avec Hélène Carrère-d'Encausse et l'écrivain Emmanuel Carrère. Un magnifique exemple de double culture.
En tout cas, le pays est très pro-européen, renforce ses liens avec l'UE, se verrait bien intégrer l'UE, favorise la mise en avant du français et de l'anglais. Et honnêtement, il y a peut-être une carte à jouer à l'avenir, pour laquelle avoir des bases de la langue peut être utile.
J'ai déjà fait une petite liste des raisons qui me poussent à m'intéresser à ce pays, à l'occasion des 30 ans de l'indépendance , cette année, je vous y renvoie.
L'autre raison c'est que l'art et en particulier, l'art du son ( chant, musique, danse) semble y être particulièrement prisé, ce qui me parle, forcément! Et j'aimerais bien en savoir plus sur ces domaines et peut être voir s'il y a des liens entre la musique et la sonorité de la langue.
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| Tant pour la forme que pour le message, c'est magnifique. Calligraphie en géorgien |
Mais donc, plus j'apprend de choses sur le pays, plus il me semble intéressant. Moins connu que son voisin l'Arménie, dont il y a pas mal de ressortissants dans ma région, et qui a eu un VRP de luxe en la personne de Charles Aznavour il faut le reconnaître.
Alors oui, l'Arménie me tente aussi beaucoup. Mais je vais tenter un seul alphabet et une seule langue complexe.
Et bien sûr une autre question importante à se poser: quel est mon objectif, le niveau que je veux atteindre, et en combien de temps?
Dans un tout premier temps il est simple: arriver à lire l'alphabet: j'ai commencé le 24 mai, j'ai 17 lettres vues sur 33, dont 12 bien assimiliées, et comme je ne veux pas simplement être capable de lire les panneaux, mais quand même d'apprendre un peu de vocabulaire et de le prononcer, pour moi ça passe par mettre en place progressivement la graphie et la graphie manuscrite, la prononciation, la réécriture. C'est le seul moyen que je mémorise à long terme.
J'ai trouvé la page de quelqu'un qui dit avoir appris l'alphabet géorgien en 3 fois 30 minutes, ça ne m'intéresse pas. Et je prévois déjà un mois rien que pour ça. "Chi va piano va sano, qui va sano va lontano" ( je n'oublie pas l'italien, vous voyez ;))
Et ensuite: une fois que l'alphabet sera su et mémorisé, commencer avec des phrases simples, les décortiquer, voir ce que je peux en faire, et essayer de trouver des victimes gentils correspondants sur qui les tester.
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| Voilà comment je m'imagine la langue: très compliquée, dont on va avoir du mal à saisir l'agencement, mais fort intrigante et sympathique. Théâtre de marionnettes de Tbilissi. |
Et ensuite? je verrai, suriosité satisfaite ou projet à très long terme, apprendre quelque chose de nouveau n'est jamais du temps perdu, c'est un enrichissement.
Et un an après?
Oulà, oui, même un peu plus puisque nous sommes fin juin et que ma dernière MAJ date d'avant la reprise du travail Alors, c'est off...
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Parce qu'on m'a parlé de cette chanson ce samedi, que je ne la connaissais pas. Quelle belle occasion, un an pile après mon sujet ...
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Oulà, oui, même un peu plus puisque nous sommes fin juin et que ma dernière MAJ date d'avant la reprise du travail Alors, c'est off...
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Parce que j'aime beaucoup les veux enregistrements, et que je trouve génial de pouvoir entendre des gens morts depuis longtemps. Et enc...

















