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mardi 24 août 2021

3 mois en Géorgie...continue ou pas?

La question se pose, puisque j'ai commencé mon petit défi le 24 mai en me disant, que je verrai au bout de 3 mois.
Puisque je devais à cette date être au mois sur le départ pour la Russie, et donc très occupée, les cours commeçant le 1° septembre.
or, ...

Et bien, je m'attendais à tout, sauf à un couteau dans le dos de la part de mon université.
La France accepte de me laisser partir, les échanges d'étudiants sont considérés comme une raison valable d'aller dans une zone rouge Covid. La Russie recommence à laisser entrer les Français, sans distinction. C'est la direction de mon université qui a pris la décision de ne pas laisser partir les étudiants tant que la zone serait rouge. Certains avaient reçu l'information que leur visa était en cours d'émission quand même... Je n'arrive pas à comprendre cette décision, je ne vais pas passer un an à faire des allers-et-retours , je suis vaccinée, j'aurais eu une quarantaine à l'aller et en revenant en France.. . Et je ne suis même pas sur site à Toulouse je ne risque pas de contaminer le campus, j'habite à 400 kilomètres. La seule explication que je vois, c'est que nous laisser partir, ça signifie surtout devoir accepter les étudiants russes en provenance de la zone rouge... Mais ils auraient aussi une quarantaine, donc je ne comprends PAS.

Que je ne puisse pas commencer en septembre je m'en doutais. Par contre ce que je prends très mais alors très mal, c'est que l'université m'informe le 26 août que ça sera comme ça tant que la zone sera classée rouge: la Russie est classée rouge depuis plusieurs semaines. Et bordel! Le gouvernement estime que ça ne pose pas de problème pour les échanges universitaires. Samer! (ville du pas-de-Calais)

Mais donc vous imaginez mon état de consternation et de colère. Ce qui signifie que je prépare déjà les plans 2, 3, 4, 5...Et c'est peut être là que le Caucase va devenir un atout, donc, je vais continuer à ménager une plage quotidienne pour le géorgien.


4 possibilités se dessinent:

- Soit une réduction de ma mobilité au seul second semestre m'obligeant donc à m'inscrire aux cours pour le 1° semestre et à passer les examens en janvier à Toulouse et le second en immersion en Russie.

- soit un premier semestre à distance via le net et en présence à compter de février en Russie ( mais a priori, pas prévu par Saint Pétersbourg)

- soit, ce qui serait le mieux, mais le moins probable, le décalage de ma mobilité de février 2022 à janvier 2023, l'université de Saint Pétersbourg me le propose, mais j'ai peu d'espoir que cet arrangement soit accepté par la très rigide administration française, pour qui une année, c'est septembre à Juin et c'est tout. Enfin, parfois les miracles arrivent. Les professeurs référents n'y sont pas opposés, mais les instances de l'université n'ont pas donné leur réponse.
Ce qui veut dire ne pas passer les examens de janvier à Toulouse, puisque si je passe les examens ici, je n'ai pas à les passer là-bas et je n'ai pas de justifications d'y rester à la rentrée suivante.

La 4° étant évidemment que tout soit annulé si je n'ai pas reçu mes documents d'ici là ou si la frontière est refermée entretemps. Ce qui me mettrait vraiment mais vraiment de travers!
Et là, je devrais alors passer tous les examens de l'année entre mai et juin.

Donc pour le moment, vu que je n'ai rien d'autre de prévu, et que si c'est la première solution qui est retenue, les cours en France ne reprendront pas avant le 20 septembre, que ce soit par correspondance pour moi, sur place pour les autres, ou en vidéo conférence pour tous...
Je rempile au moins pour un quatrième mois, il me faut bien ça pour ne pas sombrer dans l'inertie à force d'attendre et de naviguer à vue sans savoir ce que je ferai dans 2 semaines.

Si c'est l'option 2 qui est retenue, cours par visio conférence avec la Russie, le décalage horaire fera qu'ils termineront assez tôt dans l'après midi me laissant donc du temps pour les autres activités sportives, musicales et intellectuelles. Donc, possibilité de continuer tranquillement aussi, à mon rythme.
L'option 3... paradoxalement, pas de cours avant février, ça me laisserait moins de temps, car petits boulots, recherches pour le sujet de mémoire et autre projets pro sur le feu.

Mais la promenade dans le Caucase me plaît, et j'ai bien l'intention de la faire durer.
Et donc les petites victoires de ce mois ci...

- Vaille que vaille j'arrive à 400 mots, ou un peu plus, je n'ai pas le compte exact ( j'ai hacké un peu de vocabulaire en listant les mots qui sont les mêmes en russe et en géorgien, et que donc, je connais déjà, à peu de choses près)

- J'ai eu l'occasion de prononcer 2 phrases, 2 ( par manque de temps). C'est peu mais c'est un début. L'interlocuteur était un allemand passionné de langues qui apprend aussi le géorgien et revenait de vacances là bas. Et au bout de 2 mois et demi, ce n'est pas rien d'avoir simplement osé. Et vu qu'on a gradé le contact et qu'il a des amis georgiens, en trouver parmi eux qui apprennent le français ne doit pas être très difficile.

- Je continue à déblayer tranquillement la grammaire, et peu à peu des points s'éclairent grâce aux nouvelles informations.

- J'ai eu une révélation

Moment " Euréka!"

Celui où on se dit " mmmm mais?! Mais oui, c'est ça!". Ce genre de moment est super précieux quand on apprend une langue. Celui où on a compris par soi-même quelque chose, et que donc ce quelque chose restera gravé en tête.

J'ai brièvement mentionné précédemment, une vedette dont j'admire le travail. Lui. Coup de foudre artistique: c'est vraiment la première fois que j'ai vu quelqu'un faire réellement du théâtre sans parole, donc il a clairement fait changer mon point de vue sur son art. Et, qui, outre le fait d'être excellent dans son domaine de prédilection est un monsieur cultivé, intéressant, féru de littérature, drôle... et polyglotte. La tête et les jambes. Comment pourrais-je ne pas être fan d'un gars comme ça?
Son nom en géorgien est mentionné sous la photo.
J'avais lu une interview en russe où il expliquait le sens de son nom de famille, qui a deux sens possible: le matin il signifie " l'aurore" et le soir " première étoile" , ce qui en fait un aptonyme tout à fait adapté à un danseur étoile. C'était déjà bien classe comme nom.

Mais plus exactement j'ai trouvé le sens exact de ცისკარი, l'aurore (ou donc l'étoile du berger), qui est composé des mots " ciel"ცა, décliné au génitif, et "porte"კარი .
L'aurore en géorgien se dit textuellement "la porte du ciel". Un mot valise comme on peut en trouver en allemand*

TILT!
Yep, Nikoloz "Porte-du-ciel". C'est magnifiquement poétique comme nom.

Au delà de l'anecdote , je trouve extrêment intéressant se savoir que le mot totalement officiel pour "l'aurore" est " la porte du ciel", ça en dit beaucoup sur l'approche culturelle, l'expressivité, et l'importance de l'art et de la poésie jusque dans les mots quotidiens. C'est d'ailleurs ce qui m'attire beaucoup dans cette culture: le goût pour l'art, la musique et la danse en premier lieu.
Nul doute que la langue cache encore d'autres perles de mots de ce genre, que je compte bien dénicher et m'en faire un collier!
Allez, quelques autres qui me plaisent bien:

ნაცრისფერი: "natsrisperi" gris, textuellement " couleur de cendre"
ღიმილი: " rimili", le sourire, qui donne le sourire, rien qu'à prononcer le mot.

ce gâteau s'appelle " sourire au noir" si j'en crois le dictionnaire, ზანგის ღიმილი. Je ne sais pas s'il y a des sourires d'autres couleurs, ou du sourire au lait et aux noisettes...
je n'ai toujours pas le niveau pour les recettes, mais ce site me donne en effet le sourire en général

ჩურჩხელა:  "tchourtchkhela" outre que j'ai très envie de goûter, ça m'éclate de le prononcer.
ჩუხჩუხი: " tchoukhtchoukhi", le murmure, le clapotis de l'eau, à rapprocher de  шуршание, le bruissement en russe, qui fait aussi partie de mes mots coup de coeur, avec ses synonyme, qui jouent tous sur a sonorité.
მიჯნურობა " midjnuroba", je l'avais déjà mentionné aussi, parfois traduit par " amour", c'est plus que ça, encore une perle. Il est lié au mot მიჯნა ( Midjna) " frontière, limite", c'est textuellement un amour sans bornes ( un mot très littéraire issu de la littérature courtoise du moyen-âge). Raide dingue en version moderne.
Et hop une fois de plus, la tiédeur et la demie-mesure n'ont pas leur place ici. Expressivité et enthousiasme.

* J'ai trouvé l'explication dans une méthode en allemand, bien plus complète que tout ce que j'ai déniché en français, je vais ajouter le lien dans les ressources. Evidemment elle exige un bon B2 en allemand pour s'en servir ( double bénéfice pour moi, ça me permet de garder le contact avec l'allemand, ce que je n'ai pas toujours le temps de faire)
allez pour le plaisir, comment dit on "aurore " en allemand?
Morgenrot: le rouge du matin. L'allemand et ses mots valises très descriptifs.
En français, c'est un emprunt direct au latin Aurora " lever du jour".. on ne peut faire plus factuel.
Je vais garder précieusement ma "porte du ciel", c'est nettement plus joli.

dimanche 25 juillet 2021

Deux mois en Géorgie ( toujours virtuellement)

Parce qu'il est important de voir les petits jalons se poser peu à peu... c'est ce qui distingue un apprentissage actif d'un apprentissage passif.

- J'ai réussi à ne pas casser la chaîne de révision en 2 mois, et c'est déjà bien, même les jours où je n'ai pas été en forme, ou je n'ai pas eu beaucoup de temps, j'ai réussi à caler au moins 10 minutes de révision plus facile. Je ne peux pas en dire autant de l'allemand, par contre, j'ai plus de mal à me motiver arrivée au palier B2..
Et ce même le 24 et les jours suivants, où j'étais au lit avec la fièvre suite au vaccin covid. Malade, mais j'ai quand même réussi à faire 5/ 10 minutes de révision simple de vocabulaire. Non seulement je suis fière de moi, mais j'ai un peu moins l'impression d'avoir perdu deux jours pleins à ne rien faire.

- Je kiffe cette découverte d'une langue totalement inconnue de moi, d'un système que je ne connaissais pas encore et pour lequel je n'ai pas de repère. Je savoure même le fait de faire ça totalement gratuitement, hors de toute contrainte, ou raison autre que " on verra bien où ça va me mener". Probablement à visiter le pays un jour. En tout cas je l'espère. Même si, de manière moins idéaliste, mais quand même " plan sur la comète", une partie de moi se dit que le pays pourrait bien être un des prochains à rejoindre l'union européenne, avec l'Ukraine, donc avoir des bases dans la langue pourrait devenir un atout, à partir du moment où les échanges s'intensifieront.

- 24/05: début de l'expérience et 4 premières lettres vues.

- 18/06: 25° jour, tout l'alphabet appris.
- 24/06: 1 mois tout pile. Sont sus: l'alphabet, quelques noms de lieux et la manière correcte de s'adresser aux gens. Vus et à réviser: le nominatif, le génitif et le vocatif.

- 01/07: établissement d'une liste de 100 mots et expressions
- 05/07: premières phrases à l'écrit, publiées officiellement et tout, en commentaire d'une vidéo youtube. Apparemment on a compris ce que j'ai écrit, donc ça va :D
- 07/07: 100 mots connus!
- 11/07: liste de 200 mots (presque tous connus)
- 16/07: le datif et le présent des verbes de base.
Et la bonne surprise de trouver ça assez simple et intuitif, alors qu'on m'a parlé d'un système verbal presque digne de l'appel de Cthulhu.

- 24/07: donc deux mois. J'y ai passé en tout 57h00, donc un peu moins d'1h00 par jour en moyenne. Les petits ruisseaux font les grandes rivières et 5 minutes par ci ou par là c'est toujours ça de pris. Même si par habitude, je préfère y consacrer le temps de 23 à 00:00 voire plus. Je suis plus efficace pour la nouveauté à ce moment là, et dormir dessus consolide ma mémoire.

L'alphabet est bien maîtrisé, et, à part quelques petites hésitations sur la graphie manuscrite de quelques lettres plus rares, ça commence à devenir naturel d'écrire en alphabet georgien. Je lis avec la vitesse d'un enfant de maternelle, et bute encore sur les mots longs et inconnus, ça commence à s'arranger.
Je découvre avec joie des choses comme "purée il est dur le mot pour dire " bleu".. attends mais cette partie qui revient tout le temps dans les noms de couleurs.. est-ce que ça ne veut pas dire "couleur" en fait. Yeap! Bleu = couleur du ciel, rose = couleur de rose, gris = couleur de cendre ... youhou, j'ai deviné toute seule, trop bon". Et ce genre de chose, le passage entre " hein, quoi?" et " ha, mais en fait c'est tout bête" est absolument excellent pour comprendre la structure d'une langue et mémoriser.

Je connais à peu près 250 mots. Certains bien fixés, d'autres encore un peu hasardeux, mais ça s'améliore de jour en jour.
Ca parait peu, et c'est effectivement peu pour communiquer, mais je rappelle que je suis partie avec un bagage de 5 mots. C'est 50 fois plus.
On oublie en général ce paramètre, et de fait, c'est la première fois que je quantifie vraiment un apprentissage. Evidemment ça prend du temps et je ne le ferai pas sur du très long terme, d'autant que plus on avance, plus on fait du sur-place, telle Alice de l'autre côté du miroir.

L'expérience va se prolonger, et probablement bien au delà des 3 mois d'été, vu que mon espoir de pouvoir partir en Russie en septembre est fortement compromis par la situation politique et que les universités ne nous ont pas encore proposé de solutions de secours.

Je n'ai pas encore vraiment abordé l'affaire de l'ergatif, je garde ça pour aout.

Et hop , le petit point culture/ nourriture, après les khinkali: j'ai maintenant incroyablement envie de goûter au ჩურჩხელა  (tchourtchkhela), même si je n'ai absolument pas encore le niveau pour lire et tenter la recette. Et dommage, ça ne se trouve pas hors du pays, la fabrication est artisanale, je suis obligée d'aller un jour sur place pour tester.


Ce n'est pas une saucisse, ce n'est pas une bougie, même si la fabrication rappelle celle des bougies: c'est un bonbon tout en longueur, fait de noix enfilées comme des perles sur une ficelle, et le tout trempé dans un enrobage de jus de fruits (en général de raisin) et de farine. Une fois séché, ça donne ces bâtons de fruits secs enrobés de caramel de fruit.
Même si je ne suis pas trop fan de sucré, et que ça doit faire  2000 calorie la miette, avec un café, ça doit être sympa. Zéro conservateur, zéro colorant ( mormalement!)

Et pour l'anecdote, on pense en général bonbon = gourmandise = enfants...
Il s'agit en fait d'un en cas que les guerriers emmenaient sur le champ de bataille: solide, peu encombrant, sain, énergétique, tout ce qu'il faut pour faire la guerre. Préparé spécialement pour cette occasion.

Ce genre de gaillards, avec l'épée et une veste dotée de pochettes à tchourtchkhela
(je plaisante, évidemment, il va falloir que je me renseigne sur cette particularité du costume qui m'intrique beaucoup).
Il s'agit visiblement d'un choeur en costume traditionnel, donc des gens totalement inoffensifs :)

Et dans ma tête ça donne un dialogue comme ça
Guerrier : Mamie, je viens te dire au revoir
Mamie: où vas tu, mon petit?
- A la guerre mamie, à la guerre
- Attends, ne pars pas comme ça, il ne faut pas se battre le ventre vide, emmene-donc ton petit goûter, amuse toi bien!

Bon, ben rendez-vous dans quelques temps pour d'autres élucubrations linguistico-culturo-culinaires!

lundi 28 juin 2021

piège graphique n°2

Parce que autant certaines lettres sont complètement unique, autant d'autres peuvent piéger...quand ce n'est pas la prononciation qui est ardue, c'est la graphie. Les fautes d'orthographe ne sont pas loin par manque de maîtrise

Après et ო რ


[d] et [g] encore deux bien proches:
ბ  est posé sur la ligne et a un crochet qui fait un angle, გ a un crochet rond par lequel il semble accroché à la ligne.

[d] et [ɣ] Ce deuxième caractère représente un son qui se rapproche d'un gros R français, mais en moins "rêche". Mais attention à la boucle du premier...

[d͡z] et [m]et [ʃ]: là encore seule la taille de la boucle diffère, mais le premier peut en manuscrit se tracer sans boucle (comme une blanche en musique), ça limite les erreurs.

et ce ne serait pas drôle s'il n'y avait pas la stéréo....

[x] et [n] et [t͡s’]. Le premier n'a pas toujours son petit trait supplémentaire et le dernier peut être arrondi en bas au lieu de triangulaire, ce qui en fait un inverse de la série précédente. Je préfère la forme "cornet de glace", plus distincte.

Peut être que d'autres personnes auront des soucis avec d'autres lettres, mais mon problème est vraiment la mémoire visuelle, donc dès que ça se ressemble trop, écrire, et réécrire pour utiliser la mémoire du mouvement, en répétant le son à voix haute pour associer l'associer au mouvement. C'est la seule manière possible de mémoriser pour moi.

lundi 14 juin 2021

Piège graphique n°1

 Attention aux pièges graphiques!

Je ne parle pas ici des lettres que j'ai plus que d'autres du mal à tracer, mais bien de ça, là, juste en dessous
.
Autant certaines sont uniques et ne peuvent pas se confondre, autant d'autres se ressemblent beaucoup et sont faciles à mélanger.
Du coup je vous partage mes réflexions.
[V]: un "3" ou presque, dont les deux boucles sont de part et d'autres de la ligne d'écriture
[K'] un "3" auquel il manque un petit bout de la boucle du haut, mais placé de la même manière que le V ( et je galère à mort pour ne pas écrire un beau 3 bien entier). Mais en manuscrit on peut lui faire un petit crochet vers le haut, qui risque de le faire ressembler à un [p']
  [P'] lui a bien son crochet, autant ne pas se priver de bien le marquer. Et pour le différencier d'un [k'] mal tracé, il faut faire gaffe à bien poser la boucle du bas sur la ligne d'écriture et pas en dessous.

Et si on met les trois côte-à-côte, le [p'] parait décalé vers le haut

ედია
Que signifie ce mot? Un de tes meilleurs amis quand tu apprends une langue;)
Vik'ip'edia

Un autre piège?

[
ɔ] et [r]

ორ [ɔri] deux

რო [ɔ.kʰrɔ] l'or

En plus, ils aiment bien se suivre, ces deux là. J'ai mémorisé qu'ils se ressemblent, mais que le R a une patte en l'r, et que mon astuce vaut de l'OR. On fait comme on peut!

Je commence à arriver à les différencier, mais... c'était pas gagné.

Rassurez-vous, il y aura un piège graphique n°2 quand j'aurai appris les autres lettres qui peuvent se confondre.

Mais, remettons les choses dans le contexte: l'alphabet latin n'est PAS facile. Nous sommes simplement plus habitués. Imaginez celui qui l' apprend pour la première fois et tombe sur un mot comme "rococo" ou "cocorico". Ou même "maman" , "emmener".

Sans parler de notre écriture manuscrite scolaire dite " élégante" et extrêment difficile à lire avec les pleins et déliés. J'ai appris à écrire avec ce genre de modèles, et pourtant j'écris comme un chat ( au passage, ces exemples de cours de morale se mettent les majuscules dans la poche)

le a et le o
le m et le n ( et parfois le u quand c'est moi qui écris)
le i et le j
le j et le g
le h, le l et le b.
les r qui changent de forme selon qu'ils sont dans le mot ou à la fin.
Et encore, il n'y a pas les majuscules, j'vous dis!

pourquoi ces lettres se ressemblent autant, ils sont fous ces romains!

lundi 7 juin 2021

L'alphabet phonétique international - comment s'en servir

 Parce que je m'aperçois que je n'en avais jamais parlé ici, alors que c'est un outil tellement pratique lorsqu'on sait s'en servir. Et je vais beaucoup l'utiliser dans les semaines qui viennent, donc un topo ne sera pas de trop pour les gens qui ne connaissent pas ou peu.

C'est vrai que c'est un peu relou à apprendre au départ, mais d'une part il n'y a pas besoin de le savoir par coeur, simplement de connaître la notation des sons particuliers à une langue. La bonne nouvelle, c'est que cet outil n'est à apprendre qu'une fois, et de rajouter ce qui manque lorsqu'on apprend un nouveau son qu'on n'avais jamais vu jusqu'alors.
Et d'autre part, même si ça paraît une perte de temps au départ, c'est un sacré gain de temps par la suite, une aspiration, une nasalisation etc..sera toujours notée de la même manière quelle que soit la langue.
Et en sachant quel " code" correspond à quelle lettre, on peut en avoir le descriptif précis ET souvent l'enregistrement.

Parce que [t] est quant même plus simple que "consonne occlusive alvéolaire sourde". Ses différentes variations sont ensuite notées à côté dans le crochet ( aspiration ou éjection pour le géorgien en l'occurence)

Démonstration: ça fait peur, hein?! ALPHABET PHONETIQUE INTERNATIONAL (API). Il doit donc couvrir toutes les possibilités.



















Et plus des trois quarts de la page ne servent à rien pour le français. Je vous propose le même schéma corrigé en ne gardant que ce qui concerne le français standard ( soit celui de France, qui n'est pas plus légitime que celui du Québec, de Belgique ou d'ailleurs dans la francophonie, mais qui est celui le plus couramment enseigné). J'ai fait le ménage.
Ca ne sert à rien d'apprend par coeur la totalité, CQFD.

Bon, c'est bien joli, mais même simplifié comment on s'en sert?

Donc le principe est "un son = un signe". Je ne parle pas de lettre, même s'ils reprennent la forme des lettres. Parce qu'en français, nous avons des sons qui ne correspondent pas à une lettre, mais à deux. "Ch" par exemple, est une convention qui note UN son. Et peut même selon le cas correspondre à 3 sons différents: chat, choeur, cha-cha-cha. 3 possibilités qui seront donc notée différemment en API.
Donc en le connaissant, ça permet d'utiliser les informations données dans les dictionnaires. Imaginons que vous lisiez " chrysalide", sans être sûr de savoir comment le prononcer.
Voilà ce qui est donné par le dictionnaire TLF comme lecture du mot: []

Le mot est toujours donné entre crochets, le ch est indiqué comme [k], le Y se prononce [i], le E final caduc( ou muet) n'est pas indiqué, puisqu'il n'est pas obligatoire en français standard.
Le "r" est très variable, donc il a plusieurs manière de le transcrire, ça dépendant des régions, c'est une lettre qui pose problème.

Dans l'exemple donné, un peu ancien, c'est le "r" parisien qui est indiqué,  cette prononciation qu'on entendait dans les vieilles actualités cinématographiques, et qui disparait. Le "r" le plus habituel se note [ʁ].
J'ai une tendance non standard à le prononcer comme ça. Ce n'est pas l'accent de ma région, ni un défaut d'élocution, juste une particularité personnelle, qui est un défaut en chant ( on me dit que j'ai une prononciation trop douce), mais un avantage ailleurs: ce "r"français est souvent ce qui nous "dénonce" quand nous aprlons une autre langue.Et je n'ai eu aucun problème pour prononcer le "ch" allemand de Bach, ou le x russe.

On va donc noter les sons et non pas les lettres: si plusieurs lettres = un son, on condense. Si une lettre = plusieurs sons, on développe ( exemple dans "oiseau le "oi" correspond à [wa] le "eau" correspond à [o] et le s de prononce [z]: [wazo])























Voilà ce qui nous reste de consonnes, en pratique, une fois ôté ce qui ne nous est pas utile
























Il y a deux paramètres pour les consonnes:le point d'articulation et le mode d'articulation










point d'articulation = l'endroit où le son se prononce dans la bouche. A gauche du tableau: les lèvres, à droite, la gorge, et donc plus on va vers la roite, plus l'articulation recule.
Les noms paraissent barbares mais:
bilabiales = les deux levres. Labiodentale = dents supérieures et lèvres inférieures. Dentale = les dents du haut et du bas. Apicodentale= pointe de la langue contre l'arrière des dents. Apico alvéolaire: pointe de la langue un peu plus en arrière des dents, palatales : le palais dur, et dorsovélaire: la langue contre le voile du palais.











Mode d'articulation, c'est quelque chose de plus difficile à expliquer par écrit
Voisée ( sonore)= on utilise les cordes vocales
Non voisée ( sourde) = on n'utilise pas les cordes vocales.
Nasale : l'air sort par le nez ( ce qui pose problèbe en cas de rhube, si vous voyez ce que je veux dire)











L'important est de voir que les sons son classés en colonnes, ce qui est important: un son peut changer en fonction de celui qui le suit: s'assourdir ou se sonoriser (sans entrer dans le détail, dans "obscur" le b se prononce [p] à cause du [s] qui le suit. C'est ce qui fait que le X peut être [ks] ou [gz]































Je ne vais pas rentrer dans le détail des voyelles, ça fait déjà beaucoup.
L'idée c'est d'utiliser tout ça pour se faciliter la vie.
En particulier lorsqu'il s'agit de noter la prononciation d'une langue étrangère de manière régulière et non au pif " ça ressemble un peu à ça mais pas tout à fait", surtout quand il y a des sos qui n'existent pas dans votre langue d'origine.























NB: il y a une autre chose qui s'appelle " transcription phonologique". C'est moins précis, dans le sens ou on ne note pas la prononciation standard, mais la pronociation particulière à un moment. On la trouve ente barres obliques. L'objectif étant d'avoir une idée de la manière générale de prononcer un mot, pas de savoir comment Untel qui habite Pétaouchnok le prononce avec l'accent régional pétaouchnokien.
C'est ce qui fait la différence entre rose: [roz], en alphabet phonétique et /rɔ.zə/ en trancription phonologique, dans ma région qui fait que le reste du pays adore de moquer de notre pronciation.
(Mouais, quand on ne fait pas la différence entre "brin" et "brun", on ne peut pas se moquer. Au moins je sais différencier linguistiquement un grand brun d'un petit brin!)






















les bonnes nouvelles de Géorgie... et les moins bonnes

Parce que oui j'ai regardé, malgré sa réputation de langue difficile ( surtout vue sur les sites anglophones d'ailleurs) il y a de bonnes nouvelles, glanées ici et là.

Bonne nouvelle n°1
, que j'ai apprise avec plaisir: en géorgien une lettre  = un son. Il n'y a pas XYZ
manières d'écrire un son, ça c'est notre spécialité 🇫🇷, autant que la baguette et le camembert.

Bonne nouvelle n°2: l'écriture est monocamérale. Qu'est ce que c'est que ce truc?
Rien de politique.
J'ai appris ça alors je fais circuler l'info parce que ça m'éclate.
Depuis toujours en français nous employons un système de "casse bicamérale", c'est à dire tout bêtement des majuscules et minuscules.
Qui peuvent être différentes entre elles, on n'en a plus conscience tant c'est ancré, su, appris mémorisé, évident qu'il y a des majuscules et des minuscules qu'on n'a même plus la sensation d'utiliser des codes graphiques très différents selon la place de la lettre dans la phrase.
A-a. B-b; D-d; E-e; F-f etc.
En fait ce sont les cas où les deux lettres sont de la même forme qui font exception: C-c. O-o; P-p.
Pour quelqu'un qui vient d'un système monocaméral, ça fait 2 alphabets à apprendre en même temps, pour indiquer la même lettre, dont la forme varie parfois beaucoup pour la seule raison qu'elle est en début de phrase ou d'un nom propre:

Et encore, je ne parle que des caractères typographiques, si on rajoute les variantes manuscrites, c'est la teuf...
Bémol: bah, oui, donc pas de majuscule indiquant un début de phrase ou un nom propre, ou même un nom commun (les allemands frémissent d'horreur à cette pensée).

Bonne nouvelle n°3: de ce que j'ai trouvé ici où là, en ce qui concerne les formes de politesse, c'est comme en français : 2° personne du pluriel. Là ce sont les anglophones qui n'aiment pas cette idée, les mains dans les poches pour nous.

Bonne nouvelle n°4: il y a des déclinaisons, certes mais avec 7 cas seulement. C'est plus que les 4 de l'allemand et les 6 du russe, mais loin derrière le finnois (15) ou d'autres langues caucasiennes (routoul, lak ou tabarassan, record du monde avec officiellement entre 47 et 53 cas selon les dialectes. Officiellement, ça peut même être beaucoup plus selon les linguistes. Donc ça reste plutôt tranquille.

Bonne nouvelle n°5: il n'y a pas d'article, et les substantifs n'ont pas de genre, donc même s'il y a des mots comme homme, femme, père mère, frère soeur etc.. on ne se casse pas la tête à savoir si le genre biologique correspond au genre grammatical: sans objet.
Et le roi Thamar est une femme: partout on trouve cette explication " elle gouvernait avec l'efficacité d'un homme" mais j'ai trouvé l'explication suivante dans un fil de discussion sur la langue géorgienne, par cdes géorgiens " tout dirigeant est nommé "roi" du moment que c'est lui ou elle qui dirige. "reine " est réservé à la femme du roi, si le roi est une femme, il n'y a pas de reine, c'est tout. D'ailleurs sa fille a été roi après elle" Donc il vaudrait mieux traduire le mot roi par " souverain" ou "chef d'état". Bon, je veux bien les croire concernant leur propre langue, hein...

Bonne nouvelle n°6: Corrollaire de la précédente: il n'y a pas de genre à la 3° personne: pas de il, elle ou ça. Un seul pronom. Enfin une langue qui ne va pas me prendre le chou parce qu'il n'y a pas de pronom neutre, blabla, c'est inacceptable, ha non mais en allemand ou en anglais le pronom neutre est inanimé, ça ne va pas faut en inventer un neutre inanimé. STOP! Visiblement la langue géorgienne a décidé de concentrer ses efforts de complication dans un autre domaine. Mais du coup, ça fait un seul pronom à apprendre au singulier comme au pluriel!

Bonne nouvelle n°7: les mots finissent très souvent une voyelle. Pas toujours, mais pour l'instant, le peu que je trouve et qui finissent en consonne sont des mots très courts, comme des pronoms.
Je suppose que les déclinaisons doivent se faire en fonction de cette voyelle finale. Même les mots étranger empruntés, qui se voient coller un i ou un o final quand ils finissent par une consonne. A se souvenir pour transcrire son nom ou son prénom.
Mon nom finit par un "et" prononcé "é". Si je ne veux pas me retrouver avec un " eti" à l'intalienne, j'ai intérêt à le transcrire phonétiquement.
Aéroport => Aeroporti. Computer => Computeri. Voilà.

Bonne nouvelle n°8: on compte en base vingt.  MERCI!!!!
30? : "Vingt et 10". 40 " deux vingts". 50 " Deux vingt et 10" . Voilà,ça c'est, pour tous ces anglophones qui se moquent de notre soixante et dix, quatre vingt et quatre-vingt dix, prétendant que ce serait la chose la plus incohérente au monde. Non, c'est juste un vestige d'un système de base vingt que les romains ont pollué avec leurs quarante, cinquante , et soixante :p

Moins bonne nouvelle n°1: les cas comptent un ergatif, un truc que je n'ai jamais rencontré ailleurs jusqu'à présent, et qui apparamment remplace le nominatif selon la transitivité du verbe .
Moins Bonne nouvelle 1.bis: des verbes transitifs et intransitifs, et ça peut vite devenir chelou, un verbe transitif dans une langue ne l'est pas forcément dans une autre ...
Moins bonne nouvelle numéro 2
: le système de verbe est réputé très compliqué et irrégulier.
Ca peut faire flipper un anglophone ou un chinois dont la langue est moins branchée verbes.

Mais nous... nous avons le necronomicon:

un seul verbe. Régulier. 7 modes - il manque l'infinitif et le gérondif sur le tableau, et 19 temps.
Dont 3 temps qu'on apprend à l'école et qui ne servent absolument plus ( qui écrit encore au subjonctif imparfait et plus que parfait ou au conditionnel passé deuxième forme?) et un qui ne sert qu'en littérature: le passé simple. Ca ne veut pas dire qu'il ne serve plus du tout, mais dans un cadre spécifique, qui n'est pas le plus urgent à apprendre.
Le tout multiplié par 3 groupes qui ont chacun leur particularité.
Je crois qu'on est parés en matière de verbes relous.

Donc je peux déjà supposer qu'en géorgien aussi il y a les priorités verbales (présent, passé, futur), et tout un tas de trucs qui doient servir une fois par décennie, donc à laisser pour plus tard, si je vais jusqu'à plus tard.
Parce que oui, des mots comme " Gvprkstvni" * ( tu nous épluches) sont théoriquement possibles - en français aussi d'ailleurs - mais apparemment  c'est plutôt de l'argot ( faire dépenser beaucoup d'argent à quelqu'un, mmm une traduction possible et pas si éloignée pourrait être "coûter la peau du...🍑" merci les participants à la discussion)
Je croise juste les doigts pour qu'il n'y ait pas de pinailleries comme les verbes de mouvement russes.

Bon a priori il y a quand même 4 fois plus de bonnes que de moins bonnes nouvelles.

Et puis comment résister à une pépite de mot expressif comme celui-ci?
image transmise par une vraie géorgienne, donc je lui fais confiance

*10 lettres dont une seule voyelle. Peut mieux faire? Oui, le tchèque a des phrases entières ( tout aussi théoriques) sans voyelles Smrž pln skvrn zvlhl z mlh: une morille tachetée se mouilla dans la brume. Pas facile non plus à caser.

vendredi 4 juin 2021

Pourquoi le géorgien?

Suite logique de l'article précédent...Sans compter que cette question on va fatalement me la poser si je dis que j'ai décidé d'apprendre (un peu) cette langue. J'ai déjà eu la même avec le russe " mais pourquoi tu apprends le russe, c'est pas utile, apprend l'anglais, alors "yes, indeed: toute le monde le parle. Moi aussi d'ailleurs, un autre question?"
C'est devenu aussi indispensable et aussi peut distinctif sur un CV qu' "avoir le bac". Un prérequis, mais qui ne fait plus la différence entre deux candidats.
Russe, chinois,arabe, japonais, portuguais, ça permet encore de se démarquer...
Les langues plus rares, elles, ne sont pas forcément un atout direct, mais le recruteur qui voit " hindi" ou "indonésien" peut en arriver à la conclusion: ce candidat a une curiosité intellectuelle et une ténacité que d'autres n'ont pas.

Revenons à la Géorgie.

Soyons honnêtes: beaucoup de gens ne savent pas où est le pays, ils risquent de confondre avec l'état des Etats-unis . Je peux m'attendre à toute la série des questions " c'est où?", "C'est pas vers l'Inde un truc comme ça?" ou " C'est pas vers la Grèce, un truc comme ça?". Voire " Ah ouais, du côté de la Turquie, mais, on parle turc là bas non?", " A côté de l'Arménie... mais c'est pas un dialecte de l'arménien, le géorgien?"

Je suis sûre que si je montre cette image et que je demande aux gens " A votre avis, c'est où?" j'aurais des réponses comme " Italie" ou " Toscane", voire " Pyrénées"

Donc oui le pays n'est pas très connu, sa langue encore moins, la culture locale, n'en parlons pas et.. c'est presque mieux, dans le fond. On évite peut être un peu les clichés à touristes et/ou racistes.

Je l'ai donc dit précédemment, il y avait d'autres possibilités. Du moins une autre possiblité importante, qui me tentait également. Donc pourquoi le géorgien plutôt que l'arménien?

Parce que le hasard, ou le destin? pour ceux qui y croient - a  attiré mon attention sur la Géorgie depuis quelques années. A commencer par l'ULB. chaque jeudi en attendant la répétition de choeur, en hiver, je mangeait mon sandwich dans un hall en face d'une agence de voyage(- oui,il y a une agence de voyage dans les locaux de l'université ) et je rêvassais devant les offres. Or celles pour l'Arménie et la Géorgie me tentaient beaucoup plus que celles pour les iles paradisiaques. La montagne me tente beaucoup. Et va savoir pourquoi je me suis dit" si j'avais le temps et les sous, je me renseignerais pour ce voyage". Je me suis un peu penchée sur la question, et plus je découvre de choses à son sujet, plus j'ai envie d'y aller et de creuser. Donc léger avantage sur son voisin ( même si je dois reconnaître que Serj Tankian qui chante en armémien et la poésie de Vahan Teryan, et la cuisine arménienne sont aussi des points intéressants.)

Je crois que c'est le fait qu'au moyen-âge, une femme ait pu en être roi, et le fait que ce soit une présidente* qui dirige le pays qui a joué. Tiens, un pays qui n'a pas peur d'être dirigé par des femmes, ça pique ma curiosité.

* présidente parfaitement francophone, née en France et qui tente de rapprocher le pays qu'elle dirige de celui où elle est née. Elle est d'ailleurs cousine avec Hélène Carrère-d'Encausse et l'écrivain Emmanuel Carrère. Un magnifique exemple de double culture.
En tout cas, le pays est très pro-européen, renforce ses liens avec l'UE, se verrait bien intégrer l'UE, favorise la mise en avant du français et de l'anglais. Et honnêtement, il y a peut-être une carte à jouer à l'avenir, pour laquelle avoir des bases de la langue peut être utile.

J'ai déjà fait une petite liste des raisons qui me poussent à m'intéresser à ce pays, à l'occasion des 30 ans de l'indépendance , cette année, je vous y renvoie.

L'autre raison c'est que l'art et en particulier, l'art du son ( chant, musique, danse) semble y être particulièrement prisé, ce qui me parle, forcément! Et j'aimerais bien en savoir plus sur ces domaines et peut être voir s'il y a des liens entre la musique et la sonorité de la langue.

Tant pour la forme que pour le message, c'est magnifique.
Calligraphie en géorgien

Mais donc, plus j'apprend de choses sur le pays, plus il me semble intéressant. Moins connu que son voisin l'Arménie, dont il y a pas mal de ressortissants dans ma région, et qui a eu un VRP de luxe en la personne de Charles Aznavour il faut le reconnaître.
Alors oui, l'Arménie me tente aussi beaucoup. Mais je vais tenter un seul alphabet et une seule langue complexe.

Et bien sûr une autre question importante à se poser: quel est mon objectif, le niveau que je veux atteindre, et en combien de temps?

Dans un tout premier temps il est simple: arriver à lire l'alphabet: j'ai commencé le 24 mai, j'ai 17 lettres vues sur 33, dont 12 bien assimiliées, et comme je ne veux pas simplement être capable de lire les panneaux, mais quand même d'apprendre un peu de vocabulaire et de le prononcer, pour moi ça passe par mettre en place progressivement la graphie et la graphie manuscrite, la prononciation, la réécriture. C'est le seul moyen que je mémorise à long terme.
J'ai trouvé la page de quelqu'un qui dit avoir appris l'alphabet géorgien en 3 fois 30 minutes, ça ne m'intéresse pas. Et je prévois déjà un mois rien que pour ça. "Chi va piano va sano, qui va sano va lontano" ( je n'oublie pas l'italien, vous voyez ;))

Et ensuite: une fois que l'alphabet sera su et mémorisé, commencer avec des phrases simples, les décortiquer, voir ce que je peux en faire, et essayer de trouver des victimes gentils correspondants sur qui les tester.

Voilà comment je m'imagine la langue: très compliquée, dont on va avoir du mal à saisir l'agencement, mais fort intrigante et sympathique.
Théâtre de marionnettes de Tbilissi.


L'objectif au bout de quelques mois sera: est-ce que ça me plaît, est- ce que j'ai envie de continuer, et combien de temps j'ai à lui accorder? Quand j'aurais repris les cours en russe, il faudra de toute façon que je réévalue les objectifs, le temps et l'organisation.


Et ensuite? je verrai, suriosité satisfaite ou projet à très long terme, apprendre quelque chose de nouveau n'est jamais du temps perdu, c'est un enrichissement.

mardi 1 juin 2021

Le défi de l'été: le point, et la nouveauté

Bon, celui là, j'ai préféré attendre un peu avant d'en parler.

Comme je l'avais dit en février, j'avais eu quelques idées autres que le mini défi italien. Qui me tentaient plus, mais qui m'auraient demandé beaucoup trop de temps à l'approche des examens, alors que j'avais deux langues à travailler régulièrement avec notes à l'arrivée. C'est dire avec un minimum de 3h00 de russe et de 30 minutes d'allemand par jour.

Donc je savais en le commençant que l'italien ne serait qu'un test sur deux mois.

Je me suis retrouvée face à un choix
- Je reprends mon test là où je l'ai arrêté?
- Piqure de rappel en grec ancien?
- je tente quelque chose de nouveau, là, en ce moment que j'ai le temps?

Faux choix, c'est évidemment la réponse 3 qui s'impose.
En effet, je n'ai aucun scrupule à faire des tentatives linguistiques pour voir si ça colle ou non donc autant profiter d'une situation particulièrement propice pour le faire. L'avantage du XXI° siècle, c'est quand même d'avoir une foule de possibilités de tester des choses avant de se décider, pour voir si elles nous plaisent ou non ( j'ai vu au fil des décennies des étudiants se fader un ou deux ans de droit ou de médecine pour se rendre compte que finalement, non, ça n'était pas vraiment ce qu'ils attendaient, ça ne leur plait pas ou pas plus que ça. J'en ai même vu en 2018 en Belgique, tenter une langue comme russe, chinois, arabe ou turc, sans aucune autre raison que la curiosité. C'est très bien, mais sans la moindre notion au préalable, on risque de perdre un semestre avant de pouvoir se réorienter en cas de déception)

Je sais d'expérience que, donc l'italien ne sera pas trop compliqué pour moi si je m'y mets vraiment, mais l'intuition me dit " ce serait dommage de gâcher une si bonne occasion pour quelque chose que tu pourras de toute façon faire facilement dans un second temps".

Le grec ancien n'est pas non plus un défi particulièrement stimulant, au vu de l'impossibilité de le parler réellement un jour avec des gens vivants, même si j'adore la culture grecque ancienne.

Mais avant de dire ce que j'ai décidé de faire, un petit point sur les langues que j'avais déjà plus ou moins étudiées, mais que j'ai soit arrêtées, soit mises en pause et pour quelles raisons.

Je vois par ici ou là de sgens qui complexent de  commencer une langue de l'arrêter, de la recommencer.
Pour moi ce n'est pas un problème. Je ne vais pas essayer d'atteindre un petit niveau dans une grande quantité de langues, je préfère atteindre un bon niveau dans une poignée de langues. ce sont deux approches différentes, tout à fait valables, parce qu'elles correspondent à des caractères différents et à des besoins différents.
Les raisons pour lesquelles j'ai décidé ( ou été contrainte) d'apprendre telle ou telle langue sont nombreuses, et cellespour lesquelles je n'ai pas continué sont tout aussi variées. Je sais que certains ont une facilité déconcertante à apprendre vite, et à retenir longtemps, et peuvent entretenir tous les jours uen dizaine de langues en ne consacrant que 10 minutes à chacune. Ce n'est pas mon cas. J'apprends très lentement, mais je peux rester concentrée pendant des heures. Et je mémorise assez bien pourvu que j'ai pris mon temps en amont. Difficile de maintenir à niveau satisfaisant beaucoup de langues en procédant comme ça.
Je n'ai donc aucun scrupule à mettre sur pause, mais toujours en ayant réfléchi, pesé le pour et le contre. Pour garder le plaisir à faire quelque chose, il faut que ce ne soit pas une contrainte. Dès que la contrainte s'invite (hormis celle de se pousser à une certaine régularité), il n'y a plus de fun, dès qu'on commence à se dire qu'il y a en fait plus de contrainte que de plaisir, ce n'est pas la peine de s'entêter.
Il faut donc interroger ses désirs: qu'est-ce que je veux vraiment maintenant? Cette activité me plaît ^elle encore? Est-ce que j'ai besoin de faire une pause? Est-ce qu'après la pause, ça me manque et j'ai envie de reprendre ou dans le fond, je suis contente d'avoir du temps pour autre chose? Est-ce que ça ne corrspond plus à ma vie, mes priorités, mes attentes, est-ce que c'était moins bien que ce que je pensais?

ARRET ou PEU DE CHANCE DE REPRISE (même pas honte!)

- Le néerlandais: je l'avais commencé au moment où j'ai créé ce blog, mais dans un objectif précis: mon année en Belgique. Problème: les sources que j'avais trouvées étaient via l'anglais (je mélangeais donc les deux langues qui sont proches) et présentaient le neerlandais des Pays-Bas. Or en Flandres, l'accent est tout différent, et à Bruxelles on parle majoritairement français. Et, une fois sur place, j'ai réintégré l'allemand 6 heures par semaines dans mon planning. Donc double difficulté, puisque les langues d'un même groupe se mélangeaient dans ma tête.
Donc projet terminé, et le peu que j'ai acquis ne m'a pas été très utile. J'aurais prolongé l'aventure si j'étais restée plus longtemps en Belgique. Je ne pense pas reprendre le néerlandais dans un futur proche, ni même le reprendre un jour, je n'ai pas à priori de projet de retourner habiter en Belgique.

- Le chinois et l'hébreu: deux langues que j'ai testées, de manière un peu obligatoire, il faut bien le dire. Il fallait dans le cadre de mes études de FLE que je suive 20h00 d'initiation à une langue non indo-européenne, une première fois en licence et une deuxième fois en maîtrise. Il n'y avait pas d'autre choix que chinois, arabe ou hébreu, ce sont les plannings de l'université qui ont choisi pour moi. Mais dans les deux cas: non-choix personnel, obligation de rédiger un rapport au bout des 20 heures, et donc d'observer jour après jour cet apprentissage... le niveau zéro du fun. J'ai retenté le coup avec le chinois via un mooc, par curiosité mais.. le déclic ne s'est pas fait non plus. Si un jour un mooc d'hébreu est disponible. Donc sur le papier, l'idée est bonne: nous mettre en situation de quelqu'un qui scommence une langue en partant de zéro, sans repère. Sauf que le choix n'était pas au rendez-vous, et forcément, on retombe dans les situations de " par défaut"

- le provençal: là encore un non choix d'option dicté par les maigres possibilités offertes dans ma fac en 1995. Je n'ai jamais spécialement voulu apprendre le dialecte régional qui est aussi mort que le latin dans la vie réelle. Je ne dis pas que les langues régionales ne sont pas intéressantes, mais là encore, ce n'était pas MON choix. Le fait qu'en plus l'option soit ouverte aux auditeurs libres faisait que l'écransante majorité des participants étaient des retraités veus en auditeurs libres, qui monopolisaient la parole, discutaillaient entre eux en ignorant les jeunes. Le fait que l'enseignant n'avait pas non plus l'air très motivé et enseignait à partir d'un livre qui avait plus de 80 ans d'âge a fini par tuer toute motivation chez moi. J'ai eu le 10/20 nécessaire pour valider mon option et je n'ai aucune envie de m'infliger à nouveau ça.

- Le japonais: Il y a .. ho my! mon premier voyage était en 2007, ça fait 14 ans! Il y a donc 14 ans, j'ai eu l'occasion de partir en voyage au Japon. J'ai adoré, j'étais bien intéressée par la culture du pays, je regardais beaucoup de dessins animés et lisais des mangas, j'appréciais la cuisine et les arts traditionnels, ikebana, origami, .. ce que je n'ai plus le temps de faire. Comme j'avais envie de repartir un jour en voyage au Japon, j'ai appris des bases. Vraiment pour voyager. J'y suis retournée 3 autres fois. Mais après 4 voyages, j'ai d'autres priorités. Je peux regarder des dessins animés en VOST, lire des traductions. La culture du pays m'intéresse, mais.. pas au point de vouloir reprendre la langue pour le moment.

- L'ukrainien et l'espéranto: je n'estime pas les avoir appris, et pour une bonne raison: j'ai choisi les langues non pour elles-mêmes ou par intérêt, mais pour tester et vérifier si Duolingo s'était amélioré depuis mon premier désastreux essai. La réponse est non. L'ukrainien pour savoir si Duolingo allait me trouver une compétence alors que je ne l'avais jamais appris, en me basant sur le russe (oui, il m'a sorti que j'avais un niveau intermédiaire. Lol) après avoir tenu 3 semaines où j'ai eu des phrases du style " je vous présente mes vaches" en ukrainien " deux chiens moches jouent dans le parc" en espéranto et " le perroquet ivre compose une chanson" en latin, même les absurdités ne m'amusaient plus, j'ai classé l'affaire.

J'ENTRETIENS ou JE M'Y REMETTRAIS UN JOUR (même si ce n'est pas une priorité absolue)

- l'anglais: j'ai un niveau B2 qui me suffit, je n'aime pas particulièrement cette langue, même si j'adore le rock anglais et la littérature brittanique. Je n'ai donc pas particulièrement envie de pousser au delà d'un niveau qui me convient pour fouiller le net ou écouter des conférences polyglottes, etc.. et puis je l'entretiens indirectement en cherchant des sources.

- l'espagnol: appris en LV2 au lycée. Je n'ai pas une passion pour les langues romanes, mais oui, j'espère bien aller en amérique centrale, donc là aussi, il y a du projet de reprise.

- l'italien: même topo. En fait j'aurais probablement repris une de ces deux là, si je n'avais pas eu très envie de faire un autre test et d'utiliser un temps libre qui risque de ne pas durer. Dans les deux cas, je sais que ce ne sera pas trop difficile à reprendre en s'y mettant sérieusement.

- grec ancien et latin: oui, il faudra de toute façon que je m'y remette, mais on l'a dit, ce ne sont pas des langue qui seront parlées avec quelqu'un, donc là aussi plus " facile" en quelque sorte, parce qu'il n'y a pas du tout le paramètre de l'oral. Je garde pour plus tard.

- l'allemand:
cet été, je fais un entretien " a minima", je n'aurais plus de cours d'allemand l'an dernier donc moins de pression, je vais tenter de garder entre 15 et 30 minutes d'allemand par jour.

A DONF'

Le russe, fatalement, puisque c'est le coeur de mes études. Et le français, car en traduction il faut bien connaître la langue depuis laquelle on traduit ( la langue étrangère) et maîtriser à la perfection celle dans laquelle on traduit ( sa ou ses langues maternelles). Donc oui, bien que francophone de naissance, je continue à me former au quotidien en français.

MAIS ALORS?

alors quel a été mon choix de défi estival?

Une langue absolument pas indo-européenne, d'où l'intérêt d'avoir du temps à lui accorder, ce n'est pas aussi simple que ça, j'ai zéro point de repère. La structure est différente, l'alphabet est différent, la grammaire est différente...

Je l'ai dit, j'étais très tentée par la culture du Caucase et la culture indienne. Donc le choix a été cornélien entre hindi ou une langue du Caucase. J'ai opté pour la difficulté.
Bon géorgien ou arménien? les deux sont réputées ardues.

C'est le géorgien qui l'a emporté d'une courte tête. Parce que j'ai décidé que ça serait une de mes premières destinations hors Russie quand on pourra à nouveau voyager. Donc autant prendre les devants. Et ne pas s'y mettre en catastrophe 3 mois avant les vacances.

Raison n°1: la montagne. Et je ne pense pas que les gens qui habitent dans cette vallée perdue parlent un mot de français ou d'anglais. Peut-être du russe selon leur âge, mais, c'est toujours plus sympa de dire quelques mots dans leur langue.


J'ai donc décidé: " allez, cette fois, tu t'y mets", et j'ai commencé par .. le commencement: apprendre l'alphabet. Je n'ai pas une très grande ambition, je veux simplement voir ce que je peux faire en quelques mois avec une langue réputée très difficile, et pour laquelle je n'ai pas de repère.
Et pour laquelle en plus il est très difficile de trouver des sources.

Mais pourquoi?

Très bonne question, et je vais la détailler dans le prochain sujet.

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Et un an après?

 Oulà, oui, même un peu plus puisque nous sommes fin juin et que ma dernière MAJ date d'avant la reprise du travail Alors, c'est off...