samedi 7 mars 2020

retour sur les examens (et aide dissertation)

Et voilà, j'ai eu enfin mes notes!
J'avoue que j'étais dans un moment de creux depuis la fin des examens ( donc un bon mois).

Parce que j'ai bûché comme une dingue pour ces examens et que j'étais donc très très fatiguée après. Mais surtout le creux s'est prolongé par le système de l'enseignement: déjà les grèves ont fait que certains examens (qui ne me concernaient pas) ont été décalés, et donc la rentrée s'est faite avec 3 jours de retard, ce qui a décalé tout le reste, y compris la mise en ligne des cours pour l'enseignement à distance.

Mais aussi parce qu'à part l'informatique que j'étais sûre d'avoir réussi, j'étais totalement dans l'ignorance des résultats de cette première session jusqu'à samedi dernier.
Et j'ai beaucoup de mal à me concentrer sur le programme du second semestre, tant que je ne sais pas si j'ai validé le premier.
Au final, j'ai tout réussi,donc la motivation revient.Puisque je n'ai rien à repasser, je me laissais le choix de passer les examens en mai si je pouvais, ou tout en juin si je devais y retourner pour les rattrapages.

Mais pour le moment une nouvelle chose se passe dans ma vie: je déménage fin mars.donc je suis dans les cartons .Je ne vais pas loin, je reste dans la même ville encore quelques années, c'est plus simple pour le train, tant que je dois passer des examens à Toulouse. Plus simple mais pas moins cher, puis qu'il faut se loger donc  je ne pourrais probablement pas passer les deux sessions. J'aviserai si j'arrive à avancer assez mes révisions pour mai.Mais la session est très tôt, entre le 2 et le 15mai, donc peu de chance avec le déménagement que j'arrive à tout boucler aussi vite. Il y a de grandes chances que je passe tout le second semestre au rattrapage de mi-juin. Ou si j'arrive à débloquer un jour ou 2 en mai, j'aimerais éventuellement caser l'informatique, le test pix et l'histoire, pour en être débarrassée de ça. Ca me coûterai juste un aller retour et une nuit, c'est envisageable à ce stade.Tout dépendra de la répartition des examens, quand j'aurai les dates exactes.

Je pensais donc m'en être pas trop mal sortie, avec juste un gros doute sur la dissertation de littérature, qui était le gros point d'interrogation.

J'ai eu beaucoup de mal à préparer cet examen  parce que je ne trouvais pas de ressources complémentaires en ligne.en tout cas en français ou anglais lisible Je m'étais donc dit que si j'avais une note au dessus de la moyenne, je partagerai mon plan de dissertation.

Au final, j'ai eu un 17/20 à cette matière, composée de la dissertation en français et d'un oral en russe sur un texte ou une biographie ( 6 textes et 6 biographies, donc 12) on croise les doigts et on pioche  au hasard,5minutes de préparation et hop expliquer en russe de qui est le texte, qui sont les personnages, ce qui se passe, ce qu'ils font,etc..
Pour le texte j'ai eu un coup de chance incroyable, j'ai pioché exactement LE texte que j'espérais,extrait du livre qui m'a plu et où il y avait à dire ( des personnages qui discutent en buvant le thé et débattent d'un autre qui est nihiliste,tous ont une compréhension différente du mot et du concept...donc oui, des choses à dire!)
Je ne sais donc pas dans ce résultat quelle est la proportion de l'oral et de la dissertation, je n'ai pas le détail, il y a peu de chance que ce soit 15 et 19.

Donc disons que j'ai eu 16 ou 17 à la dissertation, je vous donne donc le sujet ET mon plan ( étudiants de L2 russe à Toulouse, c'est pour vous!)

Sujet: l'Homme de Trop dans la littérature russe du XIX° S est-il un personnage tragique?
durée: 3 heures.
Les mots clés : homme de trop, personnage et tragique, mais aussi, littérature russe du XIX°siècle.

Certains ont choisi de traiter en priorité le "tragique", ça m'a paru trop évident, en tout cas, trop impersonnel (clairement:le prof va lire 60 copies qui vont lui prouver par A + B que oui, il est tragique, qu'est-ce que je peux trouver pour faire la différence et sans sortir de l'intitulé: bingo" dans la littérature russe du XIX°", est-ce-que c'est une phénomène purement russe ou non et pourquoi. Je vais donc faire une grosse partie là dessus, en plus du tragique)
Lisez toujours bien TOUS les termes de l'intitulé qui souvent ne fait qu'une ligne, ils sont tous importants et ça peut vous aider à faire la différence avec un angle d'approche moins attendu.

Donc il ne faut pas traîner et trouver dès le début:

1 - les exemples d'Homme de Trop dans les oeuvres proposées et dans d'autres (c'est toujours mieux d'en ajouter qui ne sont pas au programme, si possible inattendues et en argumentant pour expliquer que vous ne le sortez pas de votre chapeau  ) et les auteurs.
2 - la définition de l'Homme de trop, ce qu'il est et ce qu'il n'est pas.
3 - décider si pour vous oui ou non, il EST un personnage tragique, ça va déterminer tout le devoir.
J'ai opté pour des exemple extraits d'oeuvres ouvertement humoristique, donc mon point de vue était " oui mais pas seulement, et je vais prouver pourquoi il ne l'est pas seulement".
D'autres ont donc opté pour une lecture absolument tragique. C'est possible MAIS c'est un ressenti personnel qu'il faudra argumenter.
Ma lecture est MA lecture, une des plusieurs possibles, conditionnée par mes lectures de l'année, mon historique de lecture, ma connaissance des mouvements littéraires antérieurs, postérieurs et transversaux en Europe.
Je n'aurais pas fait le même devoir à 20 ans qu'à 42, parce que j'ai 22 ans de plus de culture générale. Quand je vous dis qu'étudier à l'âge adulte est plus facile, c'est aussi pour ces raisons, une question de"bouteille"

les exemples que j'ai retenus: 
dans les lectures imposées de l'année =>Tchatskii, dans la pièce " le malheur d'avoir de l'esprit" (Griboïedov); Evguenii  et Vladimir, dans Eugène Onéguine (Pouchkine)
Mentionnés dans le cours=> Illia dans  Oblomov. (Oblomov) Dmitri, dans Roudine,(Tourgueniev)
une autre lecture imposée dont je me suis servie: Père et Fils de Tourgueniev: parce que chaque personnage y représente un courant littéraire et artistique, en plus de courant politique: Nikolai pour le romantisme, Pavel pour l'ancien régime et l'homme de trop à la charnière de époques, Arkadii, lafin du romantisme et l'arrivée du réalisme, et Bazarov" l'homme nouveau" du courant réaliste. (Tourgueniev)
Pris dans mes lectures précédentes:Dmitri dans les eaux Printanères (Tourgueniev) et le joueur (Dostoïevski, mentionné vite fait)
Références non russes :La littérature d'aventures et le roman picaresque, Le misanthrope de Molière ( vous allez voir pourquoi): Walter Scott, Schiller et Goethe, et René, de Chateaubriand: de la littérature de 3 pays non russophones. +une mini référence, presque sortie de nulle part à Jean-Pierre Vernant  (là aussi, je vais expliquer).

Donc définition de l'homme de trop, synthétisée d'après le cours:c'est un type littéraire apparu en Russie dans le sannées1820/ 1830. C'est un personnage souvent de noble origine, qui est destiné par sa naissance à de hautes fonctions.. sauf que la bourgeoisie est en train de prendre le pas, en Russie comme ailleurs et notre personnage ne trouve plus de place dans la société. Il a été éduqué à diriger, était supposé suivre une voie toute tracée et se retrouve certes riche, mais socialement dépassé, inutile.Et c'est l'exacte problématique de René: jeune noble désoeuvré privé par l'évolution sociale, de sa place " naturelle" de dominant., il tourne en rond dans ses pensées noires.
Et comme pour René, l'ennui mène au désoeuvrement (Onéguine) , à la sensation d'inutilité ( Tchatskii), à la paresse assumée ( Oblomov), aux comportements autodestructeurs ( Roudine, le joueur). Comme le héros romantique, il est exalté et meurt souvent jeune dans des circonstances absurdes ( Vladimir Lenski, dans Oneguine).

Et donc, voilà pour ce qu'il est, pour le versant tragique.
MAIS: dans les exemples cités, Oneguine, Le malheur d'avoir de l'esprit et Oblomov, le personnage n'est pas seulement tragique:l'oeuvre est drôle, et les 3 ont en commun de faire un portrait volontairement humoristique du personnage. en clair, l'auteur dans ces 3 cas ne glorifie ni ne prend vraiment en pitié son héros:Tchatskii est un colérique qui s'emporte pour un rien, et se plaint à vide( il proteste contre l'hypocrisie de sa société auprès justement des hypocrites qui la composent) et est une sorte de version russe du misanthrope,en plus " langue de vipère". Evguénii est un misanthrope..qui passe sa vie en société, s'ennuie partout où il va, mais continue à courir les bals et les soirées. Oblomov n'aime que glandouiller, pour fuir la réalité et les problèmes et se trouve parfaitement satisfait de sa vie d'oisif. Dans les 3 oeuvres, le ton de l'auteur est très sarcastique et complètement différent du sérieux absolu avec lequel Chateaubriand traite René, du sérieux absolu du romantisme allemand ( on ne rit pas aux dépens des personnages de Schiller)
Donc héros tragique mais pas seulement parce qu'il tient autant du héros romantique que des romans d'aventure à la Walter Scott ou des personnages picaresques type Don Quichotte qui sont volontiers humoristique ( la lecture idéalisée de Don Quichotte est contemporaine...du Romantisme. Pour Crvantès lui-même, son héros est comique,et truculent)

Son évolution: Comme le mouvement romantique en Europe a vite tourné en rond et cédé la place au Réalisme, puis au naturalisme, l'évolution a aussi vite en Russie remplacé le héros exalté en révolte vaine par  d'autres modèles: le petit homme:petit fonctionnaire, souvent pauvre, coincé dans les rouages d'une bureaucratie absurde (Akaki Akakievitch dans le Manteau de Gogol.. précurseur des personnages de Kafka); et l'Homme Nouveau: Bazarov dans Père et fils, qui rejette le romantisme, ne s'intéresse qu'à la Réalité du monde, aux choses tangibles, et tente souvent de transcender son rejet de la société par la politique, ce qui le pose en ennemi de Pavel, qu'il trouve daté ( évidemment puisque Bazarov, l'homme nouveau est le portrait en creux de l'homme de trop Pavel). L'homme de trop subit, l'homme nouveau tente d'agir, avec ou sans succès, mais tente d'agir. Même s'il n'aboutit parfois lui aussi qu'à une mort absurde. ailleurs en Europe aussi, Réné à cédé littérairement sa place à Rastignac le bourgeois arriviste.

Après avoir trouvé tous ces arguments pour dire que " tragique, oui un peu, mais pas seulement parce que les influences et la volonté sarcastique des auteurs font que...." j'ai opté pour un plan qui mette en avant la diachronie (les influences qui ont donné l'homme de trop) et la synchronie (ce n'est pas un phénomène purement russe, voilà ce qui se passait en Europe au même moment, et comme on était au moment de l'essor des traductions, sans compter l'anglomanie en France et la francomanie en Russie, les gens , en particulier lettré, lisaient souvent de l'allemand, du français de l'anglais en vo. Les littératures européennes ont beaucoup circulé au XIX°siècle, et les influences avecelles.

Plan

1- L'homme de trop
  • définition
  • caractéristiques
  • exemples 
2- Tragique ou pas?

  • parallèle avec la littérature d' Europe en diachronie ( avant/ après) et en synchronie ( Allemagne/France/Angleterre)
  • le cadre volontairement comique des oeuvres retenues
  • le type littéraire et sa limite: son évolution comme petit homme ou comme homme nouveau


3 -Les limites de la lecture contemporaine
  • L'intention de l'auteur au moment de la réadaction, et la nécessité de ne pas lui faire dire plus que ce qu'il avait réellement en tête par une lecture trop moderne. Référence à J.P Vernant sur la lecture psychanalytique des mythes grecs, qui est un non-sens: on ne peut pas juger une oeuvre qui a 3000 ans en utilisant un outil qui a moins d'un siècle: il n'y en a pas besoin ( et les mythes en particuliers ne cachaient pas leurs références -en particulier sexuelles , le dada de la psychanalyse freudienne- pour éviter de " choquer"des auditeurs qui ne l'étaient pas, n'ayant pas été formatés par la morale chrétienne), la lecture contemporaine de don Quichotte est aussi un contre sens, et Molière, via le misanthrope, voulait en premier lieu faire rire en moquant des contemporains
  • L'inadéquation du personnage à son cadre social est un instantané:le type littéraire chasse l'autre, un mouvement chasse l'autre. Il est inadapté à SA société à l'instant T, la société est en mouvement, il refuse l'évolution et le changement et doit donc nécessairement disparaître assez vite, c'est là, à la limite , sa dimension tragique.
Introduction et conclusion: tragique, un peu mais pas à 100% . Et en tout cas, pas un phénomène isolé dans la littérature russe

J'espère que ces informations vous serviront , au cas où vous auriez à préparer un devoir sur l'Homme de trop ou ses avatars.

samedi 15 février 2020

il faut que je vous raconte! (Bonus musical russe 4)

Oui, je ne savais vraiment pas comment titrer ce sujet.
On va encore une fois parler de Russie, mais pas de celle que vous imaginez.
J'avais déjà évoqué les langues autochtones de Russie, ici.

Où j'évoquais une chanteuse yakoute (sakha) et un chanteur bouriate, la république de Sakha estbien visible sur la carte, la Bouriatie est également une république autonome en vert,à la frontière avec la Mongolie, entre loblast d'Irkoust ( gris) et le krai de Transbaïkalie (jaune)

Des républiques, quoi quoi quoi? Ils sont Russes ou pas? Alors oui au niveau du pays fédéral, non au niveau local, pas forcément au niveau ethnique, et non au niveau culturel.

Carte trouvée sur le Wikipédia des sujets de la fédération de Russie qui présente un peu l'énorme complexité de l'organisation administrative du pays.C'est à s'arracher les cheveux.


  • 22 Républiques
  • 9 Kraïs
  • 46 Oblasts
  • 3 Villes d'importance fédérale (Moscou, Saint Pétersbourg et Sébastopol)
  • 1 Oblast autonome (le Birobidjan)
  • 4 Districts autonomes
merci Wiki
Et donc, la Russie n'est plus vraiment un pays tel qu'on le connait, mais une fédération de Républiques, Kraï , Oblast,etc... Un peu comme si les Länder allemands, les cantons suisses ou les régions belges avaient des statuts différents
D'ailleurs, en Fédération de Russie, le paradoxe est qu'aucune région ne porte le nom de Russie.
Mais donc, nos amis bouriates et sakha habitent donc des républiques autonomes  ( au delà des considérations ethniques, un bouriate peut parfaitement vivre ailleurs dans le pays, et les ethnies ne sont pas circonscrites dans la seule région qui porte leur nom, bien évidement).

Ces républiques ont une constitution autonome en plus de la constitution fédérale et décident en particulier de leurs langues officielles  et de leurs politiques linguistiques.
Où donc une ou plusieurs langues en plus du russe peuvent être co-officielles.
La république peut porter le nom d'un groupe ethnique pour raisons historiques, mais qui n'y est pas l'ethnie majoritaire en population.

Bref, pourquoi je vous parle de ça? Déjà parce que l'organisation administrative du pays est au programme du second semestre, donc ça me fait réviser.
Et en second lieu parce que jusqu'à présent mes correspondants russophones étaient tous russes ou ukrainiens.Or suite à un message sur Facebook, pour présenter un projet, beaucoup de gens m'ont contactée pour échanger via skype en tandem de langue. Mais, le problème est que non seulement le projet ( vous en saurez plus bientôt) est concret et sur ma ville, et je ne cherche pas à échanger par écrit ou à distance avec plus de gens via l'internet, mais en réel, mais surtout qu'ils sont trop nombreux, je n'aurais vraiment pas le temps de suivre des discussions de qualité avec des dizaines de personnes.Donc j'ai répondu à tout le monde, pour leur expliquer (de bien lire le premier message, très clair) et me suis concentrée à contacter seulement les gens de ma région.


Sauf un, qui m'a contactée et avec qui  j'ai la sensation qu'un échange très intéressant peut se mettre en place.

Un monsieur qui travaille dans le milieu associatif, le bénévolat caritatif et culturel et a besoin, d'apprendre le français pour pouvoir organiser plus de projets internationaux, et d'échanges en particulier avec l'Europe de l'Ouest.
Il a 9 ans de plus que moi ( donc jeune quiquagénaire qui ne fait pas du tout son âge), est très dynamique et motivé, a un sens très poussé de la justice sociale et veut vraiment faire connaitre sa région et sa culture.
Car ce qui m'a décidée à lui répondre en particulier c'est qu'il se présente sur sa page facebook comme " je suis un bashkir non-typique".
Et ma réaction a été " je ne sais même pas comment sont les bashkirs typiques, alors non typiques...Mais c'est génial!, je vais apprendre plein de choses intéressantes!"

Je ne connais rien de sa région de sa culture, de sa langue, nous vivons dans des endroits très différents, sur des fuseaux horaires différents, il est chrétien pratiquant ( ce qui en fait déjà une minorité au sein de la minorité, la plupart des bashkirs " typiques" étant musulmans sunnites) et je suis athée, mais nous avons beaucoup de points de vue et de projets qui vont dans le même sens, celui de la connaissance des peuples et de leur rapprochement par la culture et la tolérance.
Et visiblement le courant passe bien, puisqu'au bout d'une heure de conversation au téléphone, en russe, j'avais déjà reçu les statuts de l'antenne française de son association ( pour preuve que ce n'est pas une arnaque ou du flan), et il m'a déjà proposé d'organiser une antenne chez moi de son association avec le but d'organiser une " semaine de la culture bashkire"  et une proposition de venir donner des cours de français dans l'antenne d'Ufa en échange du logement et de la nourriture.

Minute papillon, j'ai des choses en cours, je ne suis pas contre un stage chez vous, mais on en reparlera. Pour le moment, je vais donc aider le responsable à apprendre le français. Je n'ai jamais enseigné, il pourra donc juger de lui-même si mes compétences lui conviennent.

Et donc, ni une ni deux: je suis allée me renseigner sur la république autonome du Bashkortostan, anciennement appelée Bashkirie (chut, pas de jeu de mot :D). sur la carte, en vert, juste sous le kraï de Perm, dans l'Oural.
Sur la géographie, les habitants, la cuisine, les chevaux, les coutumes, les costumes folkloriques, et surtout la langue.

Comme je le supposais, il s'agit d'une des langues du groupe turcique comme on en trouve beaucoup dans la fédération russe.


  • langues turques
  • langues mongoles
  • langues toungouses
  • coréen (parfois inclus)
  • langues japoniques (parfois incluses)
  • aïnou (rarement inclus)


Et, comment dire, le bashkir est presque un best-of des difficultés du russe ( déclinaison, aspects verbaux) ET des difficultés du turc (langue agglutinante et harmonies des voyelles).Il y a entre 1,3 millions et 1,8 millions de locuteurs déclarés, mais l'immense majorité sont au minimum bilingues russe/ bashkir, et beaucoup maîtrisent aussi probablement le tatar, langue cousine plus répandue ( 5,4 millions de locuteurs), toutes deux faisant partie du sous-groupe kiptchak septentrional. Pour faire court, les langues turques et mongoles se répartissent très visiblement le long de la route de la soie, le commerce autant que les guerres ayant amené cette répartition gigantesque.

Adopter la langue de ceux avec lesquels on espère faire la paix et du commerce est toujours un avantage. S'associer avec ceux qui ont une armée puissante et des tacticiens  redoutables, face à une troisième puissance est aussi un très bon calcul.

Dans mon cas, j'ai donc un défi à relever, non pas apprendre le bashkir, ce qui va serait effroyablement compliqué, mais apprendre quelques mots seulement, bonjour, au revoir, merci, et "bon anniversaire" qui devrait me servir dès le mois prochain.

C'est plus qu'une question de politesse, c'est la seule chose possible à faire: je parle français anglais, allemand russe, il parle russe, et bashkir, un peu d'allemand et veut apprendre le français. Nous avons peu d'options possibles, et je suis persuadée que le meilleur moyen d'aider quelqu'un à apprendre ma langue c'est de faire aussi l'effort d'apprendre un minimum de la sienne ( et il n'y a que comme ça que je pourrais avoir une clef pour comprendre ce qui différencie un bashkir non-typique d'un bashkir typique :) Et la richesse sonore de son autre langue fait qu'en lui faisant dire UNE phrase en français (sur le pont d'Avignon, il a prononcé un U parfait et des "on" tout à fait corrects), plus sa motivation , j'ai l'intuition que cet atypique monsieur progressera très très vite en français.

C'est très stimulant intellectuellement. Et là, on va pouvoir collaborer à rendre le monde un petit peu moins replié sur soi, moins raciste, moins sectaire à notre petit niveau.

Et donc, voulez vous entendre la langue? La parenté avec le turc est évidente, je l'aurais entendue sans le savoir, j'aurais probablement pensé qu'il s'agissait de turc.

Une petite fille chante en bashkir:

Un petit garçon chante en bashkir

Un groupe chant et danses en costumes folkloriques ( et j'adore les tenues des trois gars qui portent les chapeaux en fourrure. Et ma foi, ce baryton est tout à fait charmant!)

Et le drapeau

L'explication que j'ai trouvée est que la bande bleue représenterait la pureté de pensée et la convivialité, le blanc l'espoir et la paix, et le vert la liberté éternelle, et la fleur à 7 pétales représente les 7 peuples qui habitent la république.

Vais-je réussir à apprendre à dire "bon anniversaire"en bashkir d'ici 15 jours? Vais-je réussir à dire quelques phrases de base? C'est le défi!

jeudi 30 janvier 2020

Toujours vivante!

Même si ça a été compliqué.



Presque un mois de retard au début du semestre pour cause de pinaillerie administrative, et j'ai passé quasiment tous les mois d'octobre, novembre et décembre vissée à ma chaise pour finir à temps le programme du semestre. Et décembre et début janvier à réviser. Oui, mon 1° janvier s'est passé à plancher sur la grammaire russe.

Les examens ont eu lieu pour moi entre le 6 et le 15 janvier.  C'est à dire 4 répartis sur le 6 et le 8 janvier et 6 sur les deux jours du 14 et 15. Ca c'est pour les camarades de Belgique qui trouvent les examens "1 par jour sur 3 semaine avec une semaine de révision avant" trop intensifs :D

Ce qui m'a contrainte à deux allez-retour à Toulouse, et donc à trouver des solutions de secours pour trains annulés, mais c'est fait. Tout est passé.

J'ai eu une chance insolente pour l'un des oraux à tomber pile sur le texte ( extrait de "pères et fils" de Tourgueniev) qui m'inspirait le plus, en tout cas, où il y avait le plus de choses à dire. Et pour la dissertation d'histoire aussi, pile LE sujet que j'avais estimé le plus probable (" les raisons et conséquences de la conversion de Vladimir I° au christianisme").

L'examen d'informatique était plus simple que ce que je pensais, et globalement, tout s'est bien passé.

A part peut être l'écrit de littérature. Une dissertation de 3 heures sur le thème " L'Homme de Trop de la littérature russe du XIX° siècle est-il un personnage tragique" . J'ai gratté, gratté, gratté pour arriver à la conclusion que " un peu mais pas seulement".

Je ne suis pas mécontente de moi, mais comme je me suis éloignée du sujet pour le cadrer en diachronie (le personnage type est héritier des personnages picaresques, des personnages du roman gothique et d'aventure) et en synchronie ( ce n'est pas un phénomène purement russe, il est contemporain des mouvements romantiques en France et en Allemagne), parle de ses limites ( il tourne vite en rond et cède la place à  "l'Homme nouveau",tout aussi standardisé), pour arriver à une conclusion qui est "plutôt non que oui, car l'objectif de tel auteur et tel auteur et tel auteur encore est clairement humoristique et il faut le garder en mémoire" en insistant sur le danger d'analyser a posteriori . En clair la perception contemporaine d'un phénomène littéraire n'était pas encore celle actuelle ( et voir en Don Quichotte un héros Romantique, c'est une lecture du XX°siècle d'un livre du XVII° siècle, via le prisme d'un courant du XIX°: risqué et potentiellement plein de contre-sens)

Donc très hasardeux:soit la prof saluera l'effort d'argumenter un point de vue tout en collant un maximum de références et de plus en littérature comparée et ça peut payer. Soit elle va estimer que mon explication est hors-sujet et ma conclusion opposée à ce qu'elle estime et j'aurais une bulle.

Je pense que c'est plus probablement cette deuxième situation qui va se réaliser. Je vois le 4/20 gros comme un camion. C'est toujours le problème d'avoir une opinion qui peut être contraire à celle de l'enseignant. En écoutant les autres étudiants à la sortie, tous sont partis sur une optique " oui oui, c'est un personnage 100% tragique".
Bon ça passe ou ça casse. J'ai perdu l'habitude des dissertations, et surtout l'envie d'aller dans le sens que le prof attend :D
Résultats courant mars. On verra bien!

Je viens de " bénéficier"d'une semaine de presque vacances car à cause des grèves, les cours n'ont officiellement repris que mercredi à l'université, et n'ont été mis en ligne pour l'enseignement à distance qu'hier. Donc reprise aujourd'hui, bille en tête...

Pour le premier semestre, les cours les plus intéressants de mon point de vue, étaient la langue des médias, pour à la fois acquérir du vocabulaire spécialisé  dans le domaine des médias et des informations intéressantes sur le système scolaire russe, l'étude de textes littéraires (pas la littérature d'un point de vue général), l'histoire ( depuis l'antiquité jusqu'à la veille de l'accession au pouvoir d'Ivan le Terrible) et la phonétique.

A priori, le second semestre sera du même genre avec, à la place des kilométriques exercices de grammaire, de la version et du thème. Ce qui me convient totalement.
Et exit le cours de littérature théorique, place à d'autres études de texte et de poésie, avec des poèmes à apprendre et à réciter en plus de la biographie des autre.
Il y a entre autre Daniil Harms, et ça me met de bonne humeur, car c'est justement l'un des auteurs que je souhaitais découvrir.

Le cours d'histoire va concerner la période qui va d'Ivan le Terrible à la veille de l'arrivée de Pierre le Grand, et la langue des médias va tourner autour de l'instruction civique ( organisation administrative du pays, tout ça...), le cours de phonétique devient un cours de compréhension, avec des thèmes comme "la cuisine russe"...
A tout point de vue,je vais préférer ce second semestre!

qui vient ici?

Flag Counter

et encore un an après :D

 Décidément, je suis peu productive depuis 2 ans. Est-ce que ça veut dire que je ne fais plus rien en lien avec les langues? Pas le moins du...