jeudi 17 août 2023

Yīn Yuè 音樂, le son de la joie

 Alors non, je ne me suis pas mise au chinois, mais simplement parce que je viens de trouver ça et que ça me parle personnellement, il a fallu que j'aille vérifier si c'était vrai ou pas.

Là, il s'agit des formes anciennes des caractères en question.
Et donc vérification faite, effectivement, le caractère musique 樂 signifie également " joie" " bonheur" 音樂, pour le mot musique complet c'est " le son du bonheur/ de la joie/ de la musique" .

Déjà, ça me plaît!

LA MUSIQUE EST UN MEDICAMENT?

Yep, là où ça devient cool (voire même "baba cool"), c'est que médecine c'est donc le caractère joie/ bonheur/ musique surmonté de " herbe" au sens herbe médicinale.
On soigne donc les maladies avec de l'herbe et de la musique ? :D

Explication ici https://www.epochtimes.fr/caracteres-chinois-designant-musique-yin-yue%E9%9F%B3%E6%A8%82-21208.html

Vous voyez à quoi je pense? Je ne peux pas laisser passer une vanne pareille.
Musique et herbe? Les hippies avaient tout bon!


Les rasta aussi

Donc, dérivons un peu des langues et parlons musique. Ce n'est pas absurde, car les deux sont liées au son. J'en reviens donc à ce que je disais précédemment, mon cheval de bataille.

Ceci dit, sur le rapport entre santé et musique (et plus largement santé et art), il n'est plus à faire.
Il y a en premier lieu les liens évidents entre santé mentale et musique : la pratique de la musique , même à un âge avancé, aide à garder un cerveau en pleine forme. Et ce n'est pas Colette Maze, 109 ans (en juin 2023) et plus de 100 ans de pratique du piano, qui dira le contraire, sa forme et sa vivacité d'esprits donnent envie de devenir centenaire.

Mais il n'est pas nécessaire de commencer dans l'enfance pour en sentir les bénéfices. Quand j'étais en primaire, ma maîtresse de CM2 est partie en retraite à la fin de l'année. Elle a décidé qu'elle allait enfin pouvoir faire quelque chose qui la tentait depuis longtemps mais pour la quelle elle n'avait pas assez de temps : apprendre le piano. Il n'y a pas d'âge pour apprendre la musique, et je le dis souvent il n'y a pas d'âge non plus pour apprendre les langues. " Je suis trop vieux" est une fausse excuse: certes les enfants apprennent plus vite (encore que) mais pas forcément MIEUX. Nous avons en tant qu'adultes des stratégies d'apprentissage, des objectifs plus net que " avoir une bonne note au contrôle", et une meilleure conscience - normalement- du temps et de sa gestion.


Donc les bénéfices de l'art sur la santé cognitive ne sont plus à prouver.

OUAIS, MAIS... PHYSIQUEMENT AUSSI?

Ouaip! Il y a aussi des effets positifs sur la santé physique:  le fait de se lancer dans un nouveau projet entraîne une production de dopamine et  d'endorphine, hormones de la joie qui ont comme particularité de faire baisser le stress et d'être un antidouleur naturel; de faire baisser le taux de cortisol ( et là aussi moins de stress, et qui dit moins de stress, dit moins de tensions physiques, moins de risques cardio-vasculaires...)
Cet effet est utilisé d'ailleurs à l'hôpital, voilà un exemple , un étude surnommée " pansement Schubert", menée en soins palliatifs, qui a montré une nette baisse du stress des patients lorsque les soins, pansements et bandages étaient effectués en présence d'instrumentistes qui jouaient pour les malades. Mais aussi, de manière plus inattendue bien que logique, une amélioration de la santé des médecins et soignants.
L'idée est belle d'avoir en plus utilisé la musique de quelqu'un qui a été gravement malade durant sa courte vie. Si la musique de Schubert est efficace pour calmer la douleur, le premier qui l'aura constaté est Schubert lui même.

Sans aller jusque là, on peut mettre en avant d'autres effets physiques de la pratique d'un instrument. Amélioration de la dextérité, de la souplesse des articulations (piano, guitare, cordes, harpe, évidemment... mais en fait quasiment n'importe quel instrument), nécessité d'avoir une posture dynamique (= moins de maux de dos), effets sur la respiration et le souffle (chant, instruments à vent), capacités améliorées de concentration, réorganisation cérébrale qui permet d'améliorer la vitesse de résolution de tâches complexes, la motricité fine, etc..

et les percus? Je pense que tout percussionniste pourra confirmer que sa pratique est digne d'un sport. Tout en améliorant la coordination des membres.
Pour le plaisir, un solo de Carl Palmer, un de mes batteurs favoris (et pratiquant de judo aussi). au passage, il a 71 ans et une forme olympique.


ET POUR LES LANGUES?
J'ai aussi parlé précédemment du lien entre apprentissage des langues et de la musique. Les deux sont liés, si j'en juge par mon expérience personnelle. Je progresse beaucoup plus vite en musique quand je la pratique en parallèle des langues et vice versa (ne serait-ce que parce que j'écoute des chansons dans les langues que j'apprends).

Mais aussi, parce que l'écoute et surtout l'écoute de genres musicaux complexes ( je veux dire, aller un peu plus loin que le " compositeur aussi créatif qu'un Simon") développe l'oreille et permet par ricochet (voilà de la musique électro largement plus recherchée que le précédent) d'entendre plus de sons variés. Car une des difficulté des langues éloignées de celle qu'on parle, c'est la présence de sons inconnus en français, que notre oreille, par habitude, filtre et transforme ( le son " ch" français et le " ch " russe sont articulés différemment, et pour arriver à les produire, il faut d'abord arriver à entendre la différence.)

Evidemment, pratiquer la musique aide à améliorer l'oreille, mais en écouter, c'est déjà pas mal. Il y a 2 ans, j'avais un cours d'allemand le lundi, de 11 à 13h00, en ligne. J'avais pris l'habitude un peu avant, de pianoter, quelque chose de simple, des gammes, des arpèges, de 10h15 à 10h45.
Et bien, j'étais plus concentrée pour suivre mon cours.

Souvent, en ce moment je joue plutôt le soir, après avoir faite le reste, mais en cette saison, il fait trop chaud le soir dans la pièce où est le clavier. Je joue plutôt vers 16h00 ou 17h00, entre deux activités. Ca me permet de couper, de passer par exemple du russe à l'anglais, tout en ayant reposé le cerveau avec une autre activité. Je fais en général pareil avec un peu de sport à d'autres moments. entrecouper les activités par une autre toute différente permet de ne pas saturer mentalement.

OUI, MAIS TOI , T'ES DOUEE,  ALORS QUE MOI...

Il y a toujours des extraterrestres qui ont une facilité à apprendre et à retenir très vite de nombreuses langues ou trouver d'instinct la bonne manière de se dépatouiller avec n'importe quel nouvel instrument qu'on leur colle dans les mains.
Mais d'une part, ce n'est pas la majorité des gens, les hyper polyglottes ou les multi instrumentistes sont aussi rares que des champions olympiques et tout aussi entraînés.

Se retrancher derrière " ha oui mais lui, il parle 50 langues, je ne peux pas en faire autant" ou  " yep, mais y'a ce gars là, il a enregistré tout un disque* tout seul à 19 ans où il a joué de tous les instruments, genre vraiment tout seul... j'y arriverais pas". Yep surtout si tu as 46 ans comme moi, c'est en effet un mal parti pour les 50 langues ou les 27 instruments. MAIS...

Mais, dis-moi, est-ce que quand tu vas faire un footing, tu lorgnes sur les performances du champion olympique de marathon, ou est-ce que tu es juste content de passer le temps, d'améliorer ta forme et tes propres résultats, de te changer les idées, de te faire d'autres potes fans d'athlé...?
Est-ce que tu vas renoncer à apprendre à danser parce que tu as dépassé l'âge du concours d'entrée à l'opéra de Paris, ou est-ce que tu vas trouver un cours pour adultes débutants et te dire " ça m'a toujours tenté(e), et si j'essayais?")

Voilà, donc, admirer des gens pour leur compétence c'est bien. Tenter de faire quelque chose soi- même c'est mieux. Et tenter de faire quelque chose soi-même en gardant en mémoire ces gens, tout en sachant qu'on n'arrivera pas à leur niveau, mais s'en inspirer quand même, notamment pour la partie "sérieux , travail, exigence , autodiscipline" c'est encore mieux.
Pas un musicien professionnel n'y est arrivé un jour, tous absolument TOUS  vous diront que ça nécessite d'abord de nombreuses heures de pratique, de gammes, de travail d'intervalles, d'erreurs et de correction, de travail seul et en groupe, d'heures et d'heures d'écoute pour se former les oreilles. Des trucs pas toujours les plus passionnants, un peu comme des listes de vocabulaire ou des règles de grammaire à revoir régulièrement même si on aimerait avancer ailleurs.
Celui qui dirait le contraire serait un affabulateur (et j'ai bien ri devant l'interview d'une "chanteuse" d'un groupe désormais oublié et dont je tairai le nom par mansuétude, qui disait avoir pris des cours de chant pendant 2 ou 3 mois avant d'estimer avoir suffisamment appris. Sa voix était atroce, mais son égo se portait bien)

Pas un polyglotte sensé ne dira qu'il apprend les mains dans les poches. Là aussi, il faut des heures et des heures, de la régularité, de la concentration, de la stratégie.
Rien ne me met en rogne plus que " oui mais pour toi c'est simple, tu as le don des langues".
Non. J'ai des stratégies et une oreille entraînée. Quand on me dit que j'ai un don, ça revient à nier la somme de travail qu'il faut pour atteindre ne serait-ce qu'un niveau B2. On y arrivera plus vite si on ne fait que ça 6h00 par jour, de même qu'on peut espérer progresser vite en musique si on ne fait que ça. Mais encore une fois, c'est du travail. Du temps. Une vision de l'objectif qu'on vise. Et de la régularité. Scoop: On peut progresser même en n'en faisant pas 6h00 par jour, mais en s'y consacrant avec sérieux.
C'est une bonne nouvelle, non?


* Bon, je vous file quand même la playlist du disque en question parce que ouais, c'est MEGA impressionnant. C'est un disque varié, musicalement exigeant, donc ça vous fera déjà un bon truc à écouter pour améliorer votre oreille et votre santé mentale et physique, surtout si vous vous mettez à danser en écoutant  :)
Finalement il me motive bien musicalement, l'ami Nelson, et pas seulement pour apprendre de l'argot en anglais, Yep, et je maintiens et je suis à peu près sûre que s'il était encore là pour témoigner, il n'aurait pas un autre discours: même avec du talent et des facilités, il ne serait pas arrivé à ça s'il n'avait pas passé tout son temps libre à faire de la musique. Derrière chaque " prodige" il y a surtout un sacré bosseur.
Je n'ai pas autant d'ambition, mais c'est un exemple motivant à faire un peu plus.

dimanche 4 juin 2023

Juin, enfin!

 Bon comme je l'avais dit précédemment, cette année a été épique au niveau de l'organisation, et m'a épuisée, plus nerveusement et psychologiquement que physiquement.

Suite aux grèves de ce printemps, une partie de l'université a été occupée indûment de début mars jusqu'au premier mai, et.. je vous laisse admirer la tronche du résultat début mai. Impossible de passer des examens dans ce chaos.
J'aurais du avoir un examen dans ce bâtiment, hein... Donc après pas mal de pourparlers, l'université a fini par accepter d'organiser les examens à distance. Le premier a été fait le 18 avril, à la date prévue, le prof ayant décidé qu'il se foutait des consignes et n'allait pas repousser. L'autre.. a été organisé le 22 mai.
Et donc c'est fini. J'attends les résultats, mais a priori, ce devrait être bon pour els 3 matières de ce semestre, il m'en reste donc 3 du premier semestre à repiquer l'an prochain... et le mémoire à faire.
Et donc après un an passé à mettre le russe en petite vitesse pour cause de matières un peu nases à l'université, où j'ai également été obligée de mettre en pause l'allemand et le géorgien, pour me concentrer sur le peu de russe que je pratique ( c'est à dire quand même une bonne heure par jour en moyenne!) et l'anglais (qui au final ne m'a même pas servi pour le partiel pwet, pwet pwet..)
Je vais pouvoir dès ce début de mois m'organiser un agenda sans avoir à me prendre la tête avec des matières pipeau.

Donc le retour de l'allemand, 15/ 30 minutes le matin, tant que je n'ai pas de job d'appoint, du moins, peut être un peu l'espagnol comme l'an dernier sous forme de mini stage. Plus pour les entretenir que pour progresser, car je n'en ai pas d'usage immédiat (encore que l'ouverture prévue d'une ligne de train directe Marseille-Madrid me fait considérer des vacances en Espagne).
L'anglais pour le moment, je continue de manière un peu plus soutenue. Le mois de juin est traditionnellement " le mois anglais" depuis des années, sur la blogosphère littéraire, je continue mes découvertes musicales, et des vacances en Ecosse ou aux Stazunis sont à l'étude, donc je peux en avoir besoin prochainement.
Et pour le géorgien je vais profiter de la pause involontaire d'avril-mai pour remettre à plat pendant ce mois de juin, et faire un point ce que j'ai appris un peu au petit bonheur (faute d'une méthode valable existante en français), voir où j'en suis et dans quelle direction il vaudra mieux partir.
Et pareil pour le russe, je vais faire un petit bilan des progrès des 2 dernières années ( l'été dernier, j'ai eu des cours jusqu'à fin juin avec l'université de Saint Pétersbourg, et les mois qui ont suivi ont surtout servi à me reposer de l'épuisement nerveux causé par les administrations et la politique internationale) et voir ce qu'il y a à améliorer, en vue de valider les niveaux B2 puis C1.

Donc au menu de l'été: préparation des matières de l'an prochain, histoire de prendre de l'avance, continuation de recherches pour le mémoire, révision pour les certificats de russe, entretien/ bilan des autres langues.

Et surtout musique. Non seulement j'ai passé un moment assez colossal à explorer les discographies n'ont pas d'un, mais de plusieurs artistes au final, avec bonheur je dois le reconnaitre. Mais aussi depuis fin avril, j'ai trouvé dans des cartons à la cave des méthodes de piano, que j'exploite également. J'ai décidé de me donner un coup de pied aux fesses pour progresser un peu plus vite en piano. donc je renoue avec la pratique musicale qui est en berne depuis les confinements. A la base, je joue du basson en orchestre d'amateur et entre les confinements et les allées et venues entre deux pays, je n'ai pas encore pu reprendre l'orchestre. Donc plutôt que ne rien faire, je préfère progresser en clavier, ce sera TOUJOURS utile quand on fait de la musique, d'avoir des bases dans ce domaine ( surtout que bon.. je lorgne un peu sur la licence de musicologie à distance, c'était mon premier choix de réorientation avant d'obliquer vers les langues. Or la licence de musico à distance est plus facile apparemment quand on gère un peu le clavier)
Et le problème du basson et du chant, mes instruments de prédilections ( car oui la voix est un instrument), c'est qu'ils sont mélodiques, c'est à dire, horizontaux: une seule note à la fois, qui se déroule comme un ruban. Ils ne permettent pas de bien saisir l'harmonie, c'est à dire la dimension verticale, en épaisseur, de la musique.
D'une manière ou d'une autre, tous les gens qui pratiquent un instrument monophonique ( donc à vent par exemple), finissent par ressentir le besoin pour pouvoir mieux comprendre et progresser, d'ajouter un instrument polyphonique, même sans l'approfondir. Mes camarades de cours de basson se sont mis au piano eux aussi, pour deux d'entre eux, et à la guitare pour un autre. Un copain qui jouait de la flûte apprenait aussi la harpe en parallèle. Car pour progresser, ben...la théorie ne suffit pas, il faut s'y plonger.
L'analogie n'est pas mal: un instrument à vent, ce serait l'idée de nager en surface. On a beau regarder vers le fond de la rivière ou de la mer, même en ayant conscience de cette dimension en profondeur, on ne voit pas bien ce qu'il y a en dessous, et il faut plonger pour saisir ce qu'il y a vraiment au fond de l'eau ( Tiens j'ai envie d'aller faire une initiation à la plongée maintenant, la vraie, avec bouteilles, masque et palmes)

Tiens ce qui me fait penser que j'ai des vidéo en attente sur les liens entre la musique et l'apprentissage des langues, en plus de celles sur la musicologie. D'expérience je sais que mes progrès en musique et mes progrès en langue sont liés.

Pendant des années, j'ai eu l'impression de me disperser avec mes goûts trop vastes pour être cernés ( musique, regarder des films en VO, voyager, apprendre des langues, faire de la danse...) jusqu'au jour où j'ai eu une révélation: tous mes loisirs ont un point commun et ce point commun c'est le son. Ce qui m'a fait comprendre que ma mémoire était presque uniquement auditive et que je n'ai aucune mémoire visuelle. Véridique: je suis prosopagnosique, et j'ai appris ça il y a quelques mois, aphantasique. Je ne reconnais pas mes voisins et je suis incapable de voir quelque chose si ça n'est pas devant moi. Pire, je ne savais même pas que certains arrivent à voir quelque chose qui n'est pas devant eux ( pour moi c'était un abus de langage)
l'aphantasie ( à la question " quelle est la forme de la tour Eiffel", je suis incapable de l'imaginer, je dirais " pointue avec 4 pattes" parce que ces mots font partie de la liste SONORE associée au mot tour Eiffel, dans ma fiche descriptive mémorielle. De même que : métal, poutres, antenne, ascenseur, escalier et.. moche)

Et c'est important, je crois l'avoir déjà dit ici il y a longtemps, mais, forcer sa mémoire dans un sens qui n'est pas naturel ne fera pas progresser, c'est seulement une perte de temps. Tous les trucs de mémoire qu'on m'a donnés pendant plus de 30 ans étaient voués à l'échec: tableaux, dessins, couleurs, palais de la mémoire, associer une image avec un mot, ou plus récemment cartes mentales, c'est absolument inefficace pour moi (pire, pour la carte mentale, si à la mode en ce moment: on a beau m'expliquer comment ça marche, je ne comprends même pas comment la faire, comment les gens arrivent à s'en sortir, comment ils arrivent à mémoriser ce fatras d'informations posées au petit bonheur sur une feuille...je passe pour une demeurée parce que plus on m'explique ( à grand renfort d'images, évidemment ) moins je comprends, plus je m'énerve, moins je comprends, plus je me fais traîter de bornée " qui ne veut pas comprendre/ fait semblant/ se moque des gens", moins je comprends.. et plus j'ai envie de baffer la tronche, que de toute façon je ne reconnaîtrais pas dans 5 minutes, de l'abruti qui m'agace.
Par contre j'ai une mémoire auditive phénoménale, et j'avoue avoir plaisir à retourner la situation en leur disant " comment, mais comment ça se fait que tu n'aies pas de juke box mental, que tu ne puisses pas à volonté entendre la musique de ton choix dans ta tête? Alors que pour moi c'est le B.A.-BA Haaa tu comprends maintenant?"

Mais ça a un avantage et de taille: apparemment mémoire visuelle et nostalgie sont liées. Je n'ai aucune nostalgie, je ne sais pas ce que c'est autrement que par sa définition. J'ai des mauvais souvenirs mais ils sont classés, et je n'ai pas envie de revenir en arrière. Je peux regretter des occasions manquées, mais je ne suis jamais bloquée par le passé. Quand je romps les liens avec des gens qui ont compté mais m'en on trop fait voir c'est définitif. Vraiment. Et je ne vais pas ruminer longtemps une rupture sentimentale, ou la mort d'un proche.

Tiens il faudra que je développe le lien Musique et langues dans un sujet, une fois que j'aurais regardé/ écouté un peu toutes ces conférences

mercredi 1 mars 2023

Mars, y'a du nouveau

Après un mini stage d'espagnol d'un mois, je le mets en pause temporairement, je l'ai un peu revivifié, mais je ne vais plus avoir le temps de le faire tous les jours. Parce que, déjà, il y a le feu pour l'université ( quoique ça n'arrête jamais) et que j'ai commencé le projet " formation en traduction" hé oui. Tout se met progressivement en place, mais comme tout le monde, mes journées font 24h00,  et je n'ai déjà pas beaucoup de temps à consacrer à la musique et au sport.

Mais aussi, pour les besoins d'un des cours de fac, je suis obligée de me remettre un peu à l'anglais, donc, parce que ce crétin de prof donne comme exemple des traductions anglais- russe, et que l'autre cours, qui n'était pas celui prévu, car au lieu d'un cours  sur l'art des années 1920, j'en ai un de secours sur la géopolitique, où il n'y a de sources qu'en anglais et en russe, or l'anglais c'est vraiment pas du tout ma langue forte ni préférée.
Mais il faut en passer par là.
Or comment en passer par là sans que ce soit trop relou, sachant que j'ai quand même un niveau B1 ( donc "normal", hein, je peux commander une bière dans un pub de Londres et faire es courses à Toronto, mais pas vraiment parler géopolitique), qu'il est un peu comme la belle au bois dormant, en train de pioncer? L'idée n'étant pas tant de me remettre vraiment à l'anglais que de lui mettre un coup de pied au derche pour qu'il se réveille seul.
Et le coup de pied s'est transformé en aubade à grands coups de riffs de guitare, basse, solo de batterie et de piano, vous allez comprendre pourquoi et comment.

Contexte: J'ai depuis au moins 30 ans une passion pour Queen et plus généralement le rock britannique, donc ça j'en écoute très régulièrement. Mais un jeu de mot fait un peu par hasard m'a amenée dernièrement sur un terrain où je n'avais même pas pensé à m'aventurer. J'ai trouvé une vidéo d'un duo entre Queen et Michael Jackson, donc Queen et king of pop. Et là, je rajoute " mais en fait, ce qui aurait été vraiment royal, c'est un duo de Queen et Prince. Eh, mais, peut-être que ça existe? oui? non?" Et donc je fouille le net, en me disant " yep, Prince, je l'aimais beaucoup, mais je ne connaissais finalement qu'une minuscule partie de son répertoire. Or, plus je fouille plus je comprends finalement pourquoi le monde s'accorde à dire que c'était un musicien, chanteur, arrangeur, compositeur... de génie. Donc, j'ai décidé, allez, zou, je m'y plonge une bonne fois pour toutes.
Et, clairement, c'est un coup de foudre artistique à retardement pour les compositions et les prestations scéniques dingues du monsieur ( assorti de nombre de " attends, mais je connaissais ce morceau, sans savoir de qui c'était!" ou de " ouah, ça, je ne connaissais pas mais j'adore! Jazz et progressif, trop cool!").

J'ai donc commencé à écouter attentivement sa discographie, par ordre chronologie - mais pourquoi je n'ai pas fait ça avant, c'est TOUT ce que j'adore, du jazz, du funk du blues, du rock, de l'expérimental,  et avec de l'humour et du double sens en plus!
En fait, je blame quand même les médias des années 80/90, qui au lieu de mettre en avant la créativité et l'originalité du compositeur se contentaient de l'estampiller " le type brillant mais provocateur", personne autour de moi ne l'écoutait, je n'ai donc pas beaucoup entendu d'autres titres que les plus diffusés. Au fil des titres et des interviews, je découvre un artiste plein d'humour, très intelligent et finalement un type, certes réputé "control freak" dans son travail, mais attachant, bien différent de l'image de star mégalomane qu'on lui donnait...
Un type finalement assez normal, qui aimait faire ses compos tout seul dans son coin, tranquillement, et cuisiner pour ses potes, avec paraît-il un talent particulier pour les pancakes aux myrtilles  (je vous laisse quelques minutes pour assimiler l'information et associer ce guitariste survolté qui fait monter le public sur scène et met une ambiance de dingue, avec une assiette de pancakes aux myrtilles. Quand je vous disait que le mec a un côté attachant) Gros malentendu, qui a duré des années, donc.

Bon certes mon niveau d'anglais va être trèèèèès axé sur les jeux de mots un peu, beaucoup tendancieux, et rassurez vous, je ne mets quand même pas au même niveau de texte When Doves Cry (une référence probable à la scène finale de Blade Runner, et quand j'ai appris ça, ça m'a fait immensément plaisir, c'est un film que j'adore) ou Controversy ( texte sarcastique envers la presse à scandales et programme politique égalitariste) et Sexy Dancer.

Mais donc voilà, retour de l'anglais un peu obligé, MAIS, à ma manière, le temps qu'il faudra ( du moins, le temps de me mettre à jour sur toute la discographie, et  d'écouter les explications textuelles et musicologiques qui m'aident à mieux comprendre la structure de l'ensemble. Ici, un podcast français, qui décrypte bien tout ça, en détail (sur parfois plus de 3h00) - je kiffe franchement le musicien qui décortique la construction des morceaux, leur tonalité ou les fausses pistes lancées par le compositeur. C'est ardu pour ceux qui ne connaissent pas la musicologie, parfois aussi pour moi qui ne connait rien en guitare, mais vingt dieux, que c'est brillant! Donc j'écoute l'album pour me faire une idée, j'écoute le podcast, je réécoute l'album pour voir si mon opinion a changé.

Garanti, dans 6 mois, j'aurais à ma disposition un catalogue complet d'expressions argotiques en anglais sur tout un tas de pratiques que les grenouilles de bénitier de réprouvent.

Donc, me remettre à l'anglais, apprendre de l'argot, tout en découvrant et en me faisant musicalement plaisir. Et puisque mon niveau d'anglais est "belle au bois dormant", c'est mine de rien un gag légitime de faire appel à Prince pour le réveiller.😁

Et donc pour tout le reste ça continue, plus ou moins comme avant:
Le russe quasi quotidiennement, avec le master et la traduction. Le géorgien qui avance à pas de tortue, mais continue à être entretenu au quotidien ou presque (sauf période d'examen où je ne veux pas de surcharge cognitive). Ca me plaît, mais en toute objectivité, il doit rester secondaire par rapport aux langues que je peaufine. Et toujours l'allemand auquel j'essaye de consacrer quand même une vingtaine de minutes par jour en moyenne.

qui vient ici?

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Et un an après?

 Oulà, oui, même un peu plus puisque nous sommes fin juin et que ma dernière MAJ date d'avant la reprise du travail Alors, c'est off...