vendredi 4 juin 2021

Pourquoi le géorgien?

Suite logique de l'article précédent...Sans compter que cette question on va fatalement me la poser si je dis que j'ai décidé d'apprendre (un peu) cette langue. J'ai déjà eu la même avec le russe " mais pourquoi tu apprends le russe, c'est pas utile, apprend l'anglais, alors "yes, indeed: toute le monde le parle. Moi aussi d'ailleurs, un autre question?"
C'est devenu aussi indispensable et aussi peut distinctif sur un CV qu' "avoir le bac". Un prérequis, mais qui ne fait plus la différence entre deux candidats.
Russe, chinois,arabe, japonais, portuguais, ça permet encore de se démarquer...
Les langues plus rares, elles, ne sont pas forcément un atout direct, mais le recruteur qui voit " hindi" ou "indonésien" peut en arriver à la conclusion: ce candidat a une curiosité intellectuelle et une ténacité que d'autres n'ont pas.

Revenons à la Géorgie.

Soyons honnêtes: beaucoup de gens ne savent pas où est le pays, ils risquent de confondre avec l'état des Etats-unis . Je peux m'attendre à toute la série des questions " c'est où?", "C'est pas vers l'Inde un truc comme ça?" ou " C'est pas vers la Grèce, un truc comme ça?". Voire " Ah ouais, du côté de la Turquie, mais, on parle turc là bas non?", " A côté de l'Arménie... mais c'est pas un dialecte de l'arménien, le géorgien?"

Je suis sûre que si je montre cette image et que je demande aux gens " A votre avis, c'est où?" j'aurais des réponses comme " Italie" ou " Toscane", voire " Pyrénées"

Donc oui le pays n'est pas très connu, sa langue encore moins, la culture locale, n'en parlons pas et.. c'est presque mieux, dans le fond. On évite peut être un peu les clichés à touristes et/ou racistes.

Je l'ai donc dit précédemment, il y avait d'autres possibilités. Du moins une autre possiblité importante, qui me tentait également. Donc pourquoi le géorgien plutôt que l'arménien?

Parce que le hasard, ou le destin? pour ceux qui y croient - a  attiré mon attention sur la Géorgie depuis quelques années. A commencer par l'ULB. chaque jeudi en attendant la répétition de choeur, en hiver, je mangeait mon sandwich dans un hall en face d'une agence de voyage(- oui,il y a une agence de voyage dans les locaux de l'université ) et je rêvassais devant les offres. Or celles pour l'Arménie et la Géorgie me tentaient beaucoup plus que celles pour les iles paradisiaques. La montagne me tente beaucoup. Et va savoir pourquoi je me suis dit" si j'avais le temps et les sous, je me renseignerais pour ce voyage". Je me suis un peu penchée sur la question, et plus je découvre de choses à son sujet, plus j'ai envie d'y aller et de creuser. Donc léger avantage sur son voisin ( même si je dois reconnaître que Serj Tankian qui chante en armémien et la poésie de Vahan Teryan, et la cuisine arménienne sont aussi des points intéressants.)

Je crois que c'est le fait qu'au moyen-âge, une femme ait pu en être roi, et le fait que ce soit une présidente* qui dirige le pays qui a joué. Tiens, un pays qui n'a pas peur d'être dirigé par des femmes, ça pique ma curiosité.

* présidente parfaitement francophone, née en France et qui tente de rapprocher le pays qu'elle dirige de celui où elle est née. Elle est d'ailleurs cousine avec Hélène Carrère-d'Encausse et l'écrivain Emmanuel Carrère. Un magnifique exemple de double culture.
En tout cas, le pays est très pro-européen, renforce ses liens avec l'UE, se verrait bien intégrer l'UE, favorise la mise en avant du français et de l'anglais. Et honnêtement, il y a peut-être une carte à jouer à l'avenir, pour laquelle avoir des bases de la langue peut être utile.

J'ai déjà fait une petite liste des raisons qui me poussent à m'intéresser à ce pays, à l'occasion des 30 ans de l'indépendance , cette année, je vous y renvoie.

L'autre raison c'est que l'art et en particulier, l'art du son ( chant, musique, danse) semble y être particulièrement prisé, ce qui me parle, forcément! Et j'aimerais bien en savoir plus sur ces domaines et peut être voir s'il y a des liens entre la musique et la sonorité de la langue.

Tant pour la forme que pour le message, c'est magnifique.
Calligraphie en géorgien

Mais donc, plus j'apprend de choses sur le pays, plus il me semble intéressant. Moins connu que son voisin l'Arménie, dont il y a pas mal de ressortissants dans ma région, et qui a eu un VRP de luxe en la personne de Charles Aznavour il faut le reconnaître.
Alors oui, l'Arménie me tente aussi beaucoup. Mais je vais tenter un seul alphabet et une seule langue complexe.

Et bien sûr une autre question importante à se poser: quel est mon objectif, le niveau que je veux atteindre, et en combien de temps?

Dans un tout premier temps il est simple: arriver à lire l'alphabet: j'ai commencé le 24 mai, j'ai 17 lettres vues sur 33, dont 12 bien assimiliées, et comme je ne veux pas simplement être capable de lire les panneaux, mais quand même d'apprendre un peu de vocabulaire et de le prononcer, pour moi ça passe par mettre en place progressivement la graphie et la graphie manuscrite, la prononciation, la réécriture. C'est le seul moyen que je mémorise à long terme.
J'ai trouvé la page de quelqu'un qui dit avoir appris l'alphabet géorgien en 3 fois 30 minutes, ça ne m'intéresse pas. Et je prévois déjà un mois rien que pour ça. "Chi va piano va sano, qui va sano va lontano" ( je n'oublie pas l'italien, vous voyez ;))

Et ensuite: une fois que l'alphabet sera su et mémorisé, commencer avec des phrases simples, les décortiquer, voir ce que je peux en faire, et essayer de trouver des victimes gentils correspondants sur qui les tester.

Voilà comment je m'imagine la langue: très compliquée, dont on va avoir du mal à saisir l'agencement, mais fort intrigante et sympathique.
Théâtre de marionnettes de Tbilissi.


L'objectif au bout de quelques mois sera: est-ce que ça me plaît, est- ce que j'ai envie de continuer, et combien de temps j'ai à lui accorder? Quand j'aurais repris les cours en russe, il faudra de toute façon que je réévalue les objectifs, le temps et l'organisation.


Et ensuite? je verrai, suriosité satisfaite ou projet à très long terme, apprendre quelque chose de nouveau n'est jamais du temps perdu, c'est un enrichissement.

mercredi 2 juin 2021

Pourquoi apprendre une autre langue?

MAIS, OUI, POURQUOI?


Ce qui est une excellente question, pouquoi je fais ça? Pourquoi décider d'apprendre une nouvelle langue, alors qu'on en connait déjà un peu plusieurs? Et que j' avais dit " je ne pense pas en commencer une autre"?

De fait, c'est celle qu'on devrait se poser avant de commencer toute activité un tant soit peu exigeante en temps, concentration, énergie etc... Et du coup cette exprimentation me donne l'occasion d'un sujet plus général sur les raisons de l'apprentissage d'une langue, et surtout MES raisons.

MES RAISONS

- la curiosité, déjà c'est un bon début. Mon apprentissage du russe a débuté pour une raison encore plus vague au lycée: un concours de circonstance.
Il me fallait choisir une option qui n'existait que dans le lycée où je voulais aller, pour déjouer la carte scolaire.
Contexte: ma ville est divisée en extra-muros ( très grand) et intra-muros (tout petit). Habitant en extra-musos, je devais aller dans un des 2 lycées de l'extra-muros sauf si je choissisais une options qui n'existait dans aucune des deux. Mais ils n'étaient pas accessibles facilement, j'aurais du prendre un bus jusqu'en centre ville et prendre une correspondance pour retourner à une autre endroit de l'extérieur. Autant rester en centre ville! J'ai donc choisi une option dispnible uniquement en centre-ville pour m'épargner deux trajets en bus le matin et deux le soir, et de devoir me lever avant 6h00 du matin. J'avais le choix entre russe ou chinois, ça s'est joué sur le fait que je connaissais un peu plus la Russie, en matière de culture générale.
Véridique,: j'ai opté pour le russe LV3, pour gagner du temps dans les transports et ne pas me lever trop tôt. Mais je n'ai jamais regretté mon choix.


- L'envie de tester une langue non indo-européenne sans pression ni enjeu: Comme je l'ai dit mes précédentes tentatives avec des langues non indo-européennes étaient soit imposées par les circonstances, l'obligation universitaire et un choix limité ( quand on doit choisir deux options sur trois et qu'une est impossible pour raison d'horaires), soit liés à une circonstance particulière (des voyages bien délimités dans le temps). Là, je n'ai pas de délai m'obligeant à mettre les bouchées doubles.
Donc une fois passée l'envie d'aller dans le pays, après plusieurs voyages, j'ai constaté que comme le Japon commence à être bien connu, et que lors de mes derniers voyages, un peu plus de japonais parlaient anglais que 10 ans auparavant, on peut satisfaire son envie d'extrême-orient sans avoir l'absolue nécessité d'apprendre la langue. Le pays m'a plu, mais ne m'a pas séduite. J'ai vraiment du mal notamment avec la hiérachisation à l'extrême des rapports sociaux, et il faut bien le dire, le culte de la consommation à outrance, qui est pourtant à l'opposé des valeurs prônées par le bouddhisme. Le cas est curieux: j'ai aimé mes voyages et le pays, ses qualités... mais je n'ai pas envie d'aller plus loin. Un peu comme un pote: on l'aime bien, mais sans avoir forcément envie de sortir avec lui, si je peux tenter cette comparaison. En tout cas, le déclic ne s'est pas vraiment fait au niveau de la langue. J'ai la sensation que le jeu n'en vaut pas la chandelle. Pour le moment en tout cas.

- l'envie de tester des techniques et théories en partant de zéro: Ces tentatives datent un peu, même pour le japonais. Depuis, j'ai découvert vraiment la possibilité d'étudier en respectant ma mémoire, de manière consciente et non plus empirique. Ce n'est évidemment pas possible en cadre universitaire, où les exigences sont imposées par l'extérieur, où le vocabulaire pas toujours passionnant est imposé à un rythme infernal et sans avoir le temps d'être assimilé. Oui, j'ai du apprendre pour mon premier semestre le vocabulaire de la construction d'une isba ou les essences d'arbre en russe. Et du vocabulaire de sociologie et politique au second semestre.
Corrolaire: on finit par perdre de vue pourquoi on apprend, surtout pour ceux qui n'ont pas de projet défini. La routine, le train train, l'annui => certains laissent tout tomber pendant les vacances => c'est encore plus dur de reprendre à la rentrée => décrochage.

- Le besoin de nouveauté SANS REPERE
:Après deux semestres intenses de russe et un peu d'allemand j'ai besoin de changement et de nouveauté, pour rester dans la dynamique d'apprentissage.
En traduction: faire un peu de nouveauté, pour me donner un coup de pied mental au cul. Et là, je ne peux pas compter sur une compétence passive et me la couler douce, il va falloir bosser et mettre en place des stratégies. Chercher parmi les maigres sources disponibles en ligne , car rien n'existe dans ma ville. Les trier pour voir lesquelles sont le plus utiles dans un premier temps, dans un second temps, et me fabriquer les miennes à base de tout ça.
Voir si commencer une langue pour laquelle je ne connais à la base que 5 ou 6 mots en mettant dès le début en oeuvre les stratégies que j'ai apprises ces dernières années et en utilisant les outils numériques, en utisant la répétition espacée dès la première semaine change vraiment la donne.
Et piocher dans toutes mes autres activités des ressources inattendues.
A priori oui: la nécessité de devoir faire appel à la créativité et d'intégrer la nécessité d'un apprentissage actif, sans l'aide d'un prof, devrait rendre les choses plus concrète et même influencer positivement les autres langues.

Je m'explique:

En allemand, en russe et en anglais, j'arrive au pallier du niveau B2: il est redoutable. On voit le chemin parcouru, et surtout le chemin qu'il reste à parcourir. Mais en même temps, on connait déjà suffisamment de choses pour converser. Même si on continue d'apprendre régulièrement il y a moins de "retour sur investissement". Je découvre encore de nouveaux mots, mais tellement spécifiques que je ne risque pas de les réemployer facilement, donc ils ne restent pas en mémoire. On en est au point d'Alice, dans de l'autre côté du miroir, qui court... pour ne pas reculer, et fait du surplace. Démotivant, non? Devoir mettre une énergie colossale pour ne plus voir de progrès à l'échelle de la journée, de la semaine ou du mois, mais plutôt de l'année.

Exemple, celui qui commence une langue en ne connaissant qu'un mot, et en a appris 100 à la fin de la semaine, a multiplié ses connaissances par 100. Ca fait une énorme différence.
Celui qui en connait déjà 1000 et en a appris 100 à la fin de la semaine aura déjà moins l'impression de progresser. Ca fait une certaine différence.
Celui qui en connait 10 000 et en a appris 100 au bout d'un mois ou plus.. aura l'impression d'une goutte d'eau dans la mer, de ne plus avancer. La différence est minimale.

C'est aussi une question d'utilité: au début, on progresse vite car on apprend du vocabulaire quotidien, des tournures de base. On ne pourra pas dire grand chose mais ce sera des choses quotidiennes: réserver une lcation, commander au restaurant, demander son chemin, parler de banalités...
Plus on avance, plus le vocabulaire se spécialise ( coucou, le vocabulaire de la construction en bois et les essences d'arbres). Ce sont des choses intéressantes, mais peu utiles au quotidien, donc.. qu'on va mettre un bout de temps à apprendre, et qu'on va oublier très vite.

Donc oui, plus on avance.. moins on avance vite. D'où l'intérêt d'apprendre régulièrement de nouvelles choses pour entretenir la motivation. Et les solutions peuvent parfois arriver quand on s'y attend le moins, d'une manière qu'on n'aurait simplement pas imaginée.

Je vais prendre quelques autres exemples, dans ce que je connais le plus et pratique depuis plus de 20 ans, la musique.

J'avais déjà un bon niveau en basson, mais je n'y ai plus touché depuis 2 ans pour diverses raisons, d'abord l'impossibilité de recommencer l'orchestre pour question de changement de niveau universitaire au bout d'un mois, et l'impossibilité tout court depuis mars 2020, pile au moment où j'espérais reprendre. Les orchestres amateurs n'ont pas recommencé. La musique me manquait et jouer seule du basson est ennuyeux, je n'ai pas trouvé la motivation.
J'avais un clavier chez moi dont je ne me servais que pour déchiffrer le chant. J'ai trouvé une méthode qui m'a convenu, et depuis un an j'apprends le piano en autodidacte, alors que je n'avais pas réussi à mettre mes deux mains ensembles sur un clavier avec les méthodes habituelles. Ca progresse et plus vite que je n'espérais, alors que le basson stagnait depuis des années. en travaillant à ma manière hors cadre classique. Je ne perds pas l'habitude de lire des partitions, je les lis différemment, verticalement pour les accords, et non horizontalement. Je parie ma tête que lorsque je pourrais enfin reprendre le basson, le temps de reprendre l'habitude des mains, j'aurais en fait.. progressé, car j'aurais débloqué des choses qui ne pouvaient pas se débloquer en faisant toujours la même chose en boucle ( dans mon cas, la lecture verticale des accords, qu'on  ne pratique pas avec un instrument monodique). Je sens déjà que ma conscience des accords à changé, quand je chante, par exemple.

Prendre du recul.
Essayer des choses nouvelles.
Se nourrir de toutes les informations qu'on peut trouver.
Même si ça paraît hors sujet à première vue et donc inexploitable.

J'envisage à présent mes activités de plus en plus globalement: le sport améliore la posture, qui améliore le jeu au piano qui améliore la lecture de partition, qui améliore la mémoire etc... Le chant améliore les langues, les langues améliorent le chant.
J'ai réussi à trouver une piste pour un problème dans le chant en voyant une publicité pour des  tutos.. sur les pirouettes.Vraiment: ce que dit ce monsieur a fait écho à des choses que j'entendais depuis des années. Mais la démonstration vers 30 secondes qu'il fait avec son élastique m'a fait dire "attends, mais...ça me rappelle un truc, pour aller vers le haut, il faut se diriger vers le bas, et ne pas bondir dans la position. Pour une note aigue, il faut la penser grave et ne pas se précipiter sur la note sans la préparer. Et si je pensais à ça en chantant, si je faisais "comme si" je me préparais à faire une pirouette?". Bingo! amélioration en quelque semaines.

Ces exemples, pour dire, et me rappeller que parfois la solution qu'on cherche depuis des années vient de quelque chose de très éloigné et totalement inattendu. 30 secondes d'un gars en petite tenue qui montre comment bien tourner sur un pied m'ont donné une solution à un problème tout autre, mais pour laquel le souci n'était pas musical, d'oreille ou de phrasé, mais de posture que malgré toutes les explications des profs, je n'arrivais pas à ressentir physiquement.

Donc sans passer sans cesse du coq à l'âne, intégrer de la nouveauté, varier les plaisirs (je n'apprendrais pas à tourner comme un pro.. mais c'est plutôt agréable de regarder faire le p'tit gars au physique d'athlète hmmmmm belles jambes et le reste n'est pas mal non plus ;) hé ho j'ai des yeux, c'est fait pour s'en servir) parce que des solutions peuvent arriver d'un simple changement de point de vue.

Et la posture, sinon l'attitude peut être importante pour apprendre une langue. Et pas seulement l'attitude mentale, mais je parle bien de posture physique. Auparavant, sans être stressée en apprenant, je n'avais jamais prêté attention à ma manière de me tenir.
L'école nous enseigne surtout à rester assis sur une chaise. Ou à nous tasser dessus. Ce qui met les gens qui ont besoin de bouger, ou qui ont mal au dos, en situation défavorable.
Le test avec l'italien m'a prouvé que ma mémoire est très auditive, pas du tout visuelle mais un peu kinesthésique: je mémorise mieux quand je bouge. que ce soit écouter un podcast en randonnant ou sur mon vélo d'intérieur, faire des allez-retours dans la pièce en révisant le vocabulaire, insérer des sessions de gymnastique entre les révisions, faire attention à détendre le dos, les épaules et le cou ( surtout quand on étudie en ligne), se caler confortablement en tailleurs ou avec un coussin, ou monologuer en se lavant les cheveux sous la douche pour faire du moment de révision un moment de détente.

Je  tente donc cette fois une langue pour laquelle je connaissais en amont la folle quantité de 6 mots avant de connaître l'alphabet. C'est un laboratoire parfait pour voir ce que je peux faire tranquillement à mon rythme, en utilisant les ressources que je peux trouver.

Je ne documenterai pas tous les 15 jours comme je l'ai fait pour l'italien, mais ponctuellement, quand je trouverai que j'ai quelque chose à dire, ou que j'aurais découvert une nouvelle source. Peut être une fois par mois, peut être plus, peut être moins.

mardi 1 juin 2021

Le défi de l'été: le point, et la nouveauté

Bon, celui là, j'ai préféré attendre un peu avant d'en parler.

Comme je l'avais dit en février, j'avais eu quelques idées autres que le mini défi italien. Qui me tentaient plus, mais qui m'auraient demandé beaucoup trop de temps à l'approche des examens, alors que j'avais deux langues à travailler régulièrement avec notes à l'arrivée. C'est dire avec un minimum de 3h00 de russe et de 30 minutes d'allemand par jour.

Donc je savais en le commençant que l'italien ne serait qu'un test sur deux mois.

Je me suis retrouvée face à un choix
- Je reprends mon test là où je l'ai arrêté?
- Piqure de rappel en grec ancien?
- je tente quelque chose de nouveau, là, en ce moment que j'ai le temps?

Faux choix, c'est évidemment la réponse 3 qui s'impose.
En effet, je n'ai aucun scrupule à faire des tentatives linguistiques pour voir si ça colle ou non donc autant profiter d'une situation particulièrement propice pour le faire. L'avantage du XXI° siècle, c'est quand même d'avoir une foule de possibilités de tester des choses avant de se décider, pour voir si elles nous plaisent ou non ( j'ai vu au fil des décennies des étudiants se fader un ou deux ans de droit ou de médecine pour se rendre compte que finalement, non, ça n'était pas vraiment ce qu'ils attendaient, ça ne leur plait pas ou pas plus que ça. J'en ai même vu en 2018 en Belgique, tenter une langue comme russe, chinois, arabe ou turc, sans aucune autre raison que la curiosité. C'est très bien, mais sans la moindre notion au préalable, on risque de perdre un semestre avant de pouvoir se réorienter en cas de déception)

Je sais d'expérience que, donc l'italien ne sera pas trop compliqué pour moi si je m'y mets vraiment, mais l'intuition me dit " ce serait dommage de gâcher une si bonne occasion pour quelque chose que tu pourras de toute façon faire facilement dans un second temps".

Le grec ancien n'est pas non plus un défi particulièrement stimulant, au vu de l'impossibilité de le parler réellement un jour avec des gens vivants, même si j'adore la culture grecque ancienne.

Mais avant de dire ce que j'ai décidé de faire, un petit point sur les langues que j'avais déjà plus ou moins étudiées, mais que j'ai soit arrêtées, soit mises en pause et pour quelles raisons.

Je vois par ici ou là de sgens qui complexent de  commencer une langue de l'arrêter, de la recommencer.
Pour moi ce n'est pas un problème. Je ne vais pas essayer d'atteindre un petit niveau dans une grande quantité de langues, je préfère atteindre un bon niveau dans une poignée de langues. ce sont deux approches différentes, tout à fait valables, parce qu'elles correspondent à des caractères différents et à des besoins différents.
Les raisons pour lesquelles j'ai décidé ( ou été contrainte) d'apprendre telle ou telle langue sont nombreuses, et cellespour lesquelles je n'ai pas continué sont tout aussi variées. Je sais que certains ont une facilité déconcertante à apprendre vite, et à retenir longtemps, et peuvent entretenir tous les jours uen dizaine de langues en ne consacrant que 10 minutes à chacune. Ce n'est pas mon cas. J'apprends très lentement, mais je peux rester concentrée pendant des heures. Et je mémorise assez bien pourvu que j'ai pris mon temps en amont. Difficile de maintenir à niveau satisfaisant beaucoup de langues en procédant comme ça.
Je n'ai donc aucun scrupule à mettre sur pause, mais toujours en ayant réfléchi, pesé le pour et le contre. Pour garder le plaisir à faire quelque chose, il faut que ce ne soit pas une contrainte. Dès que la contrainte s'invite (hormis celle de se pousser à une certaine régularité), il n'y a plus de fun, dès qu'on commence à se dire qu'il y a en fait plus de contrainte que de plaisir, ce n'est pas la peine de s'entêter.
Il faut donc interroger ses désirs: qu'est-ce que je veux vraiment maintenant? Cette activité me plaît ^elle encore? Est-ce que j'ai besoin de faire une pause? Est-ce qu'après la pause, ça me manque et j'ai envie de reprendre ou dans le fond, je suis contente d'avoir du temps pour autre chose? Est-ce que ça ne corrspond plus à ma vie, mes priorités, mes attentes, est-ce que c'était moins bien que ce que je pensais?

ARRET ou PEU DE CHANCE DE REPRISE (même pas honte!)

- Le néerlandais: je l'avais commencé au moment où j'ai créé ce blog, mais dans un objectif précis: mon année en Belgique. Problème: les sources que j'avais trouvées étaient via l'anglais (je mélangeais donc les deux langues qui sont proches) et présentaient le neerlandais des Pays-Bas. Or en Flandres, l'accent est tout différent, et à Bruxelles on parle majoritairement français. Et, une fois sur place, j'ai réintégré l'allemand 6 heures par semaines dans mon planning. Donc double difficulté, puisque les langues d'un même groupe se mélangeaient dans ma tête.
Donc projet terminé, et le peu que j'ai acquis ne m'a pas été très utile. J'aurais prolongé l'aventure si j'étais restée plus longtemps en Belgique. Je ne pense pas reprendre le néerlandais dans un futur proche, ni même le reprendre un jour, je n'ai pas à priori de projet de retourner habiter en Belgique.

- Le chinois et l'hébreu: deux langues que j'ai testées, de manière un peu obligatoire, il faut bien le dire. Il fallait dans le cadre de mes études de FLE que je suive 20h00 d'initiation à une langue non indo-européenne, une première fois en licence et une deuxième fois en maîtrise. Il n'y avait pas d'autre choix que chinois, arabe ou hébreu, ce sont les plannings de l'université qui ont choisi pour moi. Mais dans les deux cas: non-choix personnel, obligation de rédiger un rapport au bout des 20 heures, et donc d'observer jour après jour cet apprentissage... le niveau zéro du fun. J'ai retenté le coup avec le chinois via un mooc, par curiosité mais.. le déclic ne s'est pas fait non plus. Si un jour un mooc d'hébreu est disponible. Donc sur le papier, l'idée est bonne: nous mettre en situation de quelqu'un qui scommence une langue en partant de zéro, sans repère. Sauf que le choix n'était pas au rendez-vous, et forcément, on retombe dans les situations de " par défaut"

- le provençal: là encore un non choix d'option dicté par les maigres possibilités offertes dans ma fac en 1995. Je n'ai jamais spécialement voulu apprendre le dialecte régional qui est aussi mort que le latin dans la vie réelle. Je ne dis pas que les langues régionales ne sont pas intéressantes, mais là encore, ce n'était pas MON choix. Le fait qu'en plus l'option soit ouverte aux auditeurs libres faisait que l'écransante majorité des participants étaient des retraités veus en auditeurs libres, qui monopolisaient la parole, discutaillaient entre eux en ignorant les jeunes. Le fait que l'enseignant n'avait pas non plus l'air très motivé et enseignait à partir d'un livre qui avait plus de 80 ans d'âge a fini par tuer toute motivation chez moi. J'ai eu le 10/20 nécessaire pour valider mon option et je n'ai aucune envie de m'infliger à nouveau ça.

- Le japonais: Il y a .. ho my! mon premier voyage était en 2007, ça fait 14 ans! Il y a donc 14 ans, j'ai eu l'occasion de partir en voyage au Japon. J'ai adoré, j'étais bien intéressée par la culture du pays, je regardais beaucoup de dessins animés et lisais des mangas, j'appréciais la cuisine et les arts traditionnels, ikebana, origami, .. ce que je n'ai plus le temps de faire. Comme j'avais envie de repartir un jour en voyage au Japon, j'ai appris des bases. Vraiment pour voyager. J'y suis retournée 3 autres fois. Mais après 4 voyages, j'ai d'autres priorités. Je peux regarder des dessins animés en VOST, lire des traductions. La culture du pays m'intéresse, mais.. pas au point de vouloir reprendre la langue pour le moment.

- L'ukrainien et l'espéranto: je n'estime pas les avoir appris, et pour une bonne raison: j'ai choisi les langues non pour elles-mêmes ou par intérêt, mais pour tester et vérifier si Duolingo s'était amélioré depuis mon premier désastreux essai. La réponse est non. L'ukrainien pour savoir si Duolingo allait me trouver une compétence alors que je ne l'avais jamais appris, en me basant sur le russe (oui, il m'a sorti que j'avais un niveau intermédiaire. Lol) après avoir tenu 3 semaines où j'ai eu des phrases du style " je vous présente mes vaches" en ukrainien " deux chiens moches jouent dans le parc" en espéranto et " le perroquet ivre compose une chanson" en latin, même les absurdités ne m'amusaient plus, j'ai classé l'affaire.

J'ENTRETIENS ou JE M'Y REMETTRAIS UN JOUR (même si ce n'est pas une priorité absolue)

- l'anglais: j'ai un niveau B2 qui me suffit, je n'aime pas particulièrement cette langue, même si j'adore le rock anglais et la littérature brittanique. Je n'ai donc pas particulièrement envie de pousser au delà d'un niveau qui me convient pour fouiller le net ou écouter des conférences polyglottes, etc.. et puis je l'entretiens indirectement en cherchant des sources.

- l'espagnol: appris en LV2 au lycée. Je n'ai pas une passion pour les langues romanes, mais oui, j'espère bien aller en amérique centrale, donc là aussi, il y a du projet de reprise.

- l'italien: même topo. En fait j'aurais probablement repris une de ces deux là, si je n'avais pas eu très envie de faire un autre test et d'utiliser un temps libre qui risque de ne pas durer. Dans les deux cas, je sais que ce ne sera pas trop difficile à reprendre en s'y mettant sérieusement.

- grec ancien et latin: oui, il faudra de toute façon que je m'y remette, mais on l'a dit, ce ne sont pas des langue qui seront parlées avec quelqu'un, donc là aussi plus " facile" en quelque sorte, parce qu'il n'y a pas du tout le paramètre de l'oral. Je garde pour plus tard.

- l'allemand:
cet été, je fais un entretien " a minima", je n'aurais plus de cours d'allemand l'an dernier donc moins de pression, je vais tenter de garder entre 15 et 30 minutes d'allemand par jour.

A DONF'

Le russe, fatalement, puisque c'est le coeur de mes études. Et le français, car en traduction il faut bien connaître la langue depuis laquelle on traduit ( la langue étrangère) et maîtriser à la perfection celle dans laquelle on traduit ( sa ou ses langues maternelles). Donc oui, bien que francophone de naissance, je continue à me former au quotidien en français.

MAIS ALORS?

alors quel a été mon choix de défi estival?

Une langue absolument pas indo-européenne, d'où l'intérêt d'avoir du temps à lui accorder, ce n'est pas aussi simple que ça, j'ai zéro point de repère. La structure est différente, l'alphabet est différent, la grammaire est différente...

Je l'ai dit, j'étais très tentée par la culture du Caucase et la culture indienne. Donc le choix a été cornélien entre hindi ou une langue du Caucase. J'ai opté pour la difficulté.
Bon géorgien ou arménien? les deux sont réputées ardues.

C'est le géorgien qui l'a emporté d'une courte tête. Parce que j'ai décidé que ça serait une de mes premières destinations hors Russie quand on pourra à nouveau voyager. Donc autant prendre les devants. Et ne pas s'y mettre en catastrophe 3 mois avant les vacances.

Raison n°1: la montagne. Et je ne pense pas que les gens qui habitent dans cette vallée perdue parlent un mot de français ou d'anglais. Peut-être du russe selon leur âge, mais, c'est toujours plus sympa de dire quelques mots dans leur langue.


J'ai donc décidé: " allez, cette fois, tu t'y mets", et j'ai commencé par .. le commencement: apprendre l'alphabet. Je n'ai pas une très grande ambition, je veux simplement voir ce que je peux faire en quelques mois avec une langue réputée très difficile, et pour laquelle je n'ai pas de repère.
Et pour laquelle en plus il est très difficile de trouver des sources.

Mais pourquoi?

Très bonne question, et je vais la détailler dans le prochain sujet.

qui vient ici?

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Et un an après?

 Oulà, oui, même un peu plus puisque nous sommes fin juin et que ma dernière MAJ date d'avant la reprise du travail Alors, c'est off...